Vous êtes coupables, nous sommes tous coupables. Quelles idées folles l’homme n’a-t-il pas eu ! Elles n’ont cessé de devenir des
inventions pour le malheur de tous. A tel point qu’aujourd’hui, toutes ces inventions, ajoutées à une prudence que même des Sioux renieraient et à la culture du risque zéro, vont nous faire
regretter des siècles que nous n’avons pas connus.
Des siècles où on ne préoccupait pas de distribuer des masques car il n’existait pas d’Organisation Mondiale de la
Santé et des médias pour effrayer les gens. Ils n’en avaient pas le temps puisqu’ils tombaient malades et mouraient. Des siècles où plusieurs étés caniculaires dans le passé et des hivers
rigoureux empêchaient toute possibilité de récoltes suffisantes pour éviter des centaines de milliers, voire des millions de morts par famine. Des siècles où nos ancêtres s’entretuaient parce que
certains portaient le bonnet phrygien alors que d’autres préféraient la fleur de lys.
C’était le bon temps ? Le temps où l’électricité n’existait pas, où seuls les oiseaux (et les fous dans leur
tête) volaient, où les hommes se déplaçaient sur l’eau avec leurs muscles ou la force du vent, où le pain dépendait de la récolte précédente, où la pénicilline et les vaccins ne risquaient pas de
menacer les hommes de leurs substances « nocives ».
J’exagère peut-être – un peu -, mais nous sommes depuis quelques années dans la civilisation de l’auto flagellation,
du péché permanent que l’homme commettrait depuis … quand, nul ne le sait.
Qui nous accuse d’être de honteux individus pace que nous consommons beaucoup d’électricité, du pétrole, de l’eau,
des denrées alimentaires ? Les A. GORE, Y. ARTHUS-BERTRAND et N. HULOT qui, appuyés par de formidables machines médiatiques, assènent des messages, loin d’être toujours tous prouvés
scientifiquement, mais qui sont relayés et vendus comme tout produit derrière lequel tous les intérêts en jeu ne sont pas tous environnementaux. Et pour faire bonne mesure, on vilipende – ou on
interdit presque de médias – tout scientifique qui ose mettre en doute les positions, théories, affirmations qui nous sont étalés dans ces films – documentaires catastrophes.
Concernant la récente production de N. HULOT, même un écologiste comme D. COHN-BENDIT que l’on ne peut soupçonner
d’être un chantre du consumérisme, a émis des doutes sur sa crédibilité.
Accusés, levons-vous. Puisque coupables nous sommes, la seule solution qui nous est proposée en France est une taxe.
Dans ce domaine, nos inventions sont rapides : on a un problème, on taxe, dans ce cas avec un nom savoureux, la taxe carbone. Mais comme le pouvoir craint toujours certaines catégories
socioprofessionnelles, cette taxe sera plus légère pour les routiers, taxis, agriculteurs ou pêcheurs. Ils auraient pu en être dispensés en revenant à la voiture à bras, au pousse-pousse, à la
charrue ou à la voile afin de poursuivre leurs activités.
Je m’étonne cependant qu’en dépit de tous ces films catastrophes, on n’a pas entendu un seul dirigeant mondial
mettre en cause l’éventail d’activités, comportements, décisions ou mesures qui sont aussi, sinon plus graves pour l’environnement, que l’utilisation de votre voiture, votre tondeuse à gazon ou
votre écran plat.
Pendant huit à neuf mois, tous les quinze jours, des bolides tournent 60 à 70 fois sur un circuit pour gagner des
millions de dollars et consommer des dizaines de milliers de litres de carburant, pour la course et les essais. Il en est de même des rallyes automobiles, des courses de motos ou bateaux et autre
Paris – Dakar … en Amérique du Sud. Que dire aussi des meetings aériens où les avions ne sont pas propulsés par le vent ?
Que dire de ces chefs d’États, de leurs délégations pléthoriques et des donneurs de leçons environnementaux qui
parcourent des milliers de kilomètres à travers la planète pour participer à des conférences sur le climat ? Pourquoi ne pas utiliser la télé-conférence avec Internet ?
Que dire de ces milliers de touristes que nous attirons dans notre pays (premier pour le transit, mais pas pour la
destination finale) ? Viendraient-ils à pied ou à dos d’âne ?
Que dire enfin de l’une des plus grandes hypocrisies de ces dernières années qui concernent de nombreux pays
industrialisés ? Il y a moins de deux ans, on nous donnait des leçons sur l’utilisation frénétique de l’automobile ; quelques mois plus tard, les même pays introduisaient des primes à
la casse pour relancer les ventes … d’automobiles.
N’avez-vous pas l’impression qu’on nous prend pour des imbéciles et qu’on nous fait avaler n’importe quelle
couleuvre ?
Patrick CURTAUD
Conseiller général de
l’Isère
Adjoint au
maire de Vienne