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Patrick CURTAUD
- Conseiller général de l'Isère
- Adjoint au maire chargé de la Culture, du Patrimoine,
du Tourisme, des Relations internationales et des T.I.C.
- Conseiller communautaire de la C.A.P.V.
- Président du Syndicat Rivières 4 Vallées

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Lancement du tournoi international de rugby "A l'Ouverture" pour les moins de 15 et moins de 17 à Vienne en présence du député-maire de Vienne, J. REMILLER, du maire des Côtes d'Arey P. GAGNAIRE et de la cheville ouvrière du tournoi depuis sa création en 2006, Daniel BEAUBOUCHEZ.

Vendredi 13 novembre 2009

Avec la signature du président de la République tchèque M. Vaclav KLAUS il y a quelques jours a été levé le dernier obstacle à la mise en place du Traité de Lisbonne qui est maintenant approuvé par les 27 états membres de l’Union Européenne. Si la République tchèque transmet les instruments de ratification à l’Italie qui en est le dépositaire avant la fin de ce mois, le traité entrera en vigueur le 1er décembre, donnant ainsi la possibilité à la Suède qui préside actuellement l’UE de proposer l’organisation d’un sommet pour mettre en œuvre le traité.

Il va falloir également régler la question de la présidence du Conseil européen et celle du Haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères, l’équivalent d’un ministre de ce secteur d’ici le 19 novembre Actuellement, il y a, comme il fallait s’y attendre, plus de candidats que de postes à pourvoir, ce qui est somme toute naturel. L’objectif de la présidence suédoise actuelle est d’arriver au prochain sommet avec un seul nom pour chaque poste, et avec pour condition le soutien majoritaire des pays membres pour chacun des postes.

Comme il faudra trouver un équilibre entre la droite et la gauche, entre les pays les plus grands et les plus petits, entre l’ouest et l’est ainsi qu’entre le nord et le sud, enfin entre hommes et femmes, la tâche ne va pas être simple. On dit dans les milieux européens que le France ne serait pas satisfaite du temps pris par les consultations : comment peut-il en être autrement quand on doit tenir compte de tous ces paramètres au sein d’un groupe de 27 pays, dont certains d’entre eux se sont fait attendre avant de procéder à la ratification du Traité de Lisbonne, que ce soit par la voie du référendum ou celle du vote parlementaire. De plus, la France peut-elle se permettre de donner des leçons alors qu’elle a refusé, dans un premier temps par référendum, ce traité, comme l’avait fait la Hollande ?

Pour ménager les susceptibilités, il serait même imaginé l’inclusion d’un troisième poste, qui existe déjà : il s’agit du poste de secrétaire général du Conseil de l’UE dont le rôle serait important en matière administrative et qui éviterait à tel ou tel pays de se sentir lésé.

Au cours des semaines précédentes, plusieurs noms ont circulé pour le poste de Président du Conseil. Parmi ceux-ci, celui de l’ancien Premier ministre britannique Tony BLAIR. S’il a été favori à un moment, il n’est plus en course aujourd’hui en raison de l’opposition, semble-t-il, - déclarée pour faire blocage à une autre candidature ou réelle – de la France et de l’Allemagne. On a parlé aussi d’une femme, mais également du Premier Ministre luxembourgeois, M. JUNCKER ou encore du chef de gouvernement belge M. Van Rompuy. La nomination de ce dernier poserait un autre problème, à la Belgique cette fois car il faudrait nommer un nouveau chef de gouvernement dans un pays qui n’est pas connu pour sa stabilité politique et sa concorde depuis quelques années en raison des problèmes entre Wallons et Flamands qui sont revenus sur le devant de la scène de manière aiguë.

En outre, à un moment où l’Europe doit prendre un rôle plus important avec la désignation d’un Président du Conseil qui va siéger aux côtés des OBAMA, MEDVEDEV, ou HU JINTAO, est-il opportun de désigner un leader qui, même s’il a toutes les qualités, n’aura peut-être pas le poids qu’aurait eu un Tony BLAIR. Si les dirigeants des pays considérés comme les « poids lourds » de l’Europe doivent garder la mainmise sur le fonctionnement de l’UE en coulisse, le Président du Conseil ayant un rôle identique à un président du conseil de la 4ème République, était-ce bien nécessaire d’engager tout ce processus ? Le futur président sera désigné pour trente mois : autant partir avec de bons atouts et avec un dirigeant qui « pèse ». Même si T. BLAIR ne faisait pas l’unanimité, il a acquis au fil du temps un poids politique qui lui permet de peser davantage qu’un chef de gouvernement luxembourgeois ou belge.

Restera aussi à régler la question du chef de la diplomatie. Même problématique qu’avec le choix d’un(e) président(e). Celui ou celle qui sera une sorte de ministre des affaires étrangères de l’UE devra avoir un poids significatif sur la scène internationale si l’Europe veut être écoutée. Un mauvais départ ou un départ en seconde division fera rapidement perdre toute crédibilité à l’Union Européenne alors que cette première présidence devra être l’occasion de marquer la place des 27 pays de notre continent dans un monde actuel en perpétuel changement. Si la nomination pour la présidence du Conseil européen du chef du gouvernement belge ou luxembourgeois devait être confirmée, il est évident que le poste de Haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères devra revenir à un responsable politique ou de la diplomatie de l’un de ses plus grands pays.

En 50 ans, l'Europe a changé, le monde aussi. Dans un monde globalisé en constante mutation, l'Europe doit faire face à de nouveaux enjeux en matière économique, démographique, énergétique, mais aussi affronter les nouvelles menaces qui pèsent sur la sécurité. Avec le Traité de Lisbonne, c’est un outil qui a été mis à la disposition des 27 pays actuels de l’Union : cet outil doit être efficace, cohérent et représenter ce que doit être l’Europe, à savoir un continent fort qui pèsera de tout son poids dans les défis mondiaux à venir.

Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne
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Vendredi 6 novembre 2009

Au cas où vous ne vous en seriez pas aperçu, le monde entier, mais surtout les Allemands, vont commémorer, célébrer, fêter les vingt ans de la chute du mur de Berlin ce lundi 9 décembre. Vingt ans déjà que cette honte, une parmi tant d’autres du communisme qui a opprimé de nombreux pays européens, et au-delà, pendant des décennies, a été détruit par ceux-là même qu’il devait enfermer.

Ce qui s’est passé ce 9 novembre 1989 était comme un point d’orgue d’une année particulièrement agitée dans les pays européens qui pliaient sous le joug soviétique depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Un vent de liberté soufflait depuis plusieurs mois sur la Pologne, la Hongrie, la Tchécoslovaquie et même la Bulgarie qui parvenaient, petit à petit, à se débarrasser du communisme. La contagion atteignait aussi la RDA (appelée aussi l’Allemagne de l’Est) avec l’organisation de manifestations, parfois silencieuses, mais toujours pacifistes à travers tout le pays, surtout après une fraude électorale patente lors des élections municipales du printemps 1989 où les candidats du parti au pouvoir obtenaient plus de 98% des suffrages !

Ces manifestations, soutenues par les églises protestantes, se déroulaient en même temps que les premiers départs d’Allemands de l’est vers l’Allemagne Fédérale s’organisaient, en passant par la Hongrie à l’occasion de vacances que ces citoyens prenaient dans le pays « socialiste » voisin. De la Hongrie qui avait ouvert ses frontières vers l’ouest, ces Allemands de RDA gagnaient l’Autriche. Dans les semaines suivantes, d’autres quittaient leur « paradis socialiste » dans des trains pris au départ de Varsovie ou de Prague, des pays voisins qui s’affranchissaient  également du socialisme. Entre janvier 1989 et le début d’octobre, plus de 130.000 citoyens de RDA avaient fui leur pays.

Comment en était-on arrivé là alors que les Soviétiques avaient réprimé dans le sang des révoltes, en Hongrie en 1956, puis en Tchécoslovaquie en 1968 ? C’est en fait une addition et une conjonction d’évènements qui ont abouti à l’effondrement, non seulement du mur de Berlin, mais aussi du communisme sous domination soviétique.

Dans les pays de l’Europe de l’est, deux hommes ont joué un rôle majeur dans ce travail de sape qui s’est terminé par l’ouverture des deux côtés de Berlin : le premier, c’est le Polonais Lech WALESA, dirigeant du syndicat Solidarnosc, qui s’est opposé au pouvoir du général JARUSELSKI qui dirigeait alors la Pologne. L’autre, c’est aussi un Polonais, le Pape Jean-Paul II qui a joué un rôle majeur en soutenant l’aspiration à la liberté, syndicale, politique, sociale, non seulement de son pays la Pologne, mais également de tous les pays qui vivaient sous le régime soviétique.

En Allemagne, le Chancelier KOHL a été un habile manœuvrier : sans jamais s’opposer ouvertement au dirigeant soviétique GORBATCHEV, il a amené celui-ci à admettre, progressivement, la nécessité de réunir les deux Allemagne en échange de contreparties financières que l’Allemagne de l’Ouest pouvait se permettre de verser à une U.R.S.S. exsangue sur le plan économique. Le dirigeant soviétique a joué aussi sa part dans la chute du régime de RDA. N’est-ce pas lui qui annonçait au chef d’État de la RDA à l’occasion des célébrations des 40 ans du régime : « ceux qui arrivent trop tard sont punis par l'Histoire ».

Un autre chef d’État a contribué largement au travail de sape contre le communisme à travers le monde : il s’agit du président américain Ronald REAGAN qui n’a jamais rien « lâché » face aux communistes dans aucun pays du monde. Ses convictions – que certains ont qualifié de simplistes à l’époque, peut-être parce qu’il était républicain – ont permis au monde libre de tenir tête à un empire soviétique qui ne cessait d’amasser un arsenal militaire gigantesque à quelques heures d‘avion de la France. Imaginons alors la situation des Allemands de l’ouest qui se trouvaient aux portes de la menace soviétique.

Cette addition et cette conjonction d’évènements ont abouti à la situation qui a été celle du 9 novembre ; et c’est le pouvoir communiste de RDA qui a donné le coup de grâce au régime ce jour-là. Un dirigeant du parti annonce lors d’une conférence de presse qui suit une réunion du Politburo que des visas seront délivrés sans condition et « tout de suite » aux particuliers. Les heures qui suivent vont amener des milliers de Berlinois de l’est vers le mur qui va s’ouvrir définitivement avant minuit.

Aujourd’hui, certains, en ex-RDA, balanceraient entre nostalgie et amnésie : la nostalgie, ce sont les images de la célèbre voiture Trabant que l’on regarde presque la larme à l’œil. L’amnésie, ce sont ceux qui en viendraient à regretter l’époque « bénie » du communisme parce que l’économie de marché, le libéralisme n’auraient rien apporté de bon à leur chère RDA. Cette critique du libéralisme de la part de certains qui ont, semble-t-il, oublié ou pas connu la manière dont vivait la population de RDA me fait penser à ce qu’a dit Winston CHURCHILL à propos de la démocratie : « c’est le pire des régimes à l’ exclusion de tous les autres ». Il en va de même avec le libéralisme, même s’il n’est pas exempt de critiques ; surtout au cours de l’année écoulée.

Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne
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Vendredi 30 octobre 2009

Les Français ont souvent du mal à retrouver leurs petits – et leurs favoris – dans le méandre de la vie politique de notre pays, même lorsqu’il s’agit de faire des choix en matière électorale.

Que dire de nos voisins étrangers, au premier rang desquels les Européens quand ils observent – et ils sont plus nombreux qu’on peut l’imaginer – le paysage politique hexagonal pour essayer de le comprendre ? Ce n’est pas toujours chose facile pour nos concitoyens ; je n’ose imaginer les réactions et souvent l’étonnement chez nos partenaires et chez ceux qui s’intéressent à la France et à sa vie politique.

Il faut avouer que depuis quelques semaines, voire quelques mois, les uns et les autres ne savent plus très bien sur quel pied danser. Dans le brouhaha actuel, on ne voit plus de quoi on parle, ce que veulent dire les uns ou les autres, quel message tel ou tel camp veut faire passer. Les médias se concentrent davantage actuellement sur ceux qui détiennent le pouvoir, à savoir le Président de la République, sa majorité et son gouvernement ; au sortir des élections européennes, c’était la gauche et plus particulièrement le Parti socialiste qui étaient pris pour cible. Aujourd’hui, la gauche revient dans le jeu, si on peut dire, ou plutôt dans la cour de récréation dont les jeux semblaient lui manquer.

Je ne reviendrai pas sur l’affaire Jean SARKOZY qui est réglée et qui ne valait pas tout ce tintamarre autour d’un problème « parisiano-parisien » dont les politiques et les médias se sont emparés, question très pratique à quelques mois des élections régionales. On a pu constater avec cette affaire que le centralisme de l’époque des rois n’était pas mort, que le cadavre de Napoléon bougeait toujours alors que ce qui se passe à Paris ne concerne pas les habitants de Bordeaux, Dunkerque ou Valence. Ceci étant, on peut toujours rappeler à ceux qui ont la mémoire courte (une habitude française, semble-t-il) que celui qui était surnommé « tonton » ne se privait pas  de nommer ses fils et membres de sa famille à des responsabilités à caractère international, à héberger dans les palais nationaux son épouse, mais aussi, comme les rois d’antan, celle qui ne l’était pas.

Si la pagaille actuelle qui règne dans les rangs de la majorité fait partie d’une stratégie politique, ce dont je doute, c’est bien vu et bien fait. Comme je ne crois pas à cette hypothèse, pas plus que tous ceux qui soutiennent la majorité et le Président, il serait temps que ceux qui exercent le pouvoir, à quelque niveau qu’ils se trouvent, remettent de l’ordre dans la maison, mettent un terme à des comportements idiots et suicidaires politiquement et remplacent la cacophonie actuelle par une organisation un peu plus huilée. En serions-nous incapables en France dès lors que l’on exerce le pouvoir ? Ce serait alors grave. Qu’il y ait des débats, des discussions, des empoignades verbales, cela fait partie de l’exercice de la démocratie. Mais que l’on assiste, depuis des mois, à des enchaînements de couacs, fausses manœuvres, poussées d’urticaires de l’un, l’une ou l’autre, cela commence à exaspérer sérieusement un électorat qui n’a pas élu tous ces représentants pour qu’ils se comportent comme une bande de collégiens en goguette. Entre ceux qui boudent un vote à l’Assemblée Nationale parce qu’ils n’approuvent pas tel projet de loi, ceux qui se trompent de bouton au moment du vote (en espérant qu’ils ne se trompent pas de pédale en conduisant), ceux qui sont mécontents que leur virgule n’ait pas été ajoutée dans un amendement ou encore le ministre qui donne une information à un député de sa majorité qui s’avère fausse le jour même, avouez que l’on égale le Canard Enchaîné en matière satirique !

Bien que dans l’opposition, la gauche ne fait pas mieux, ce dont nous ne nous plaindrons pas. Après les escarmouches, amabilités et tirs d’artillerie que se sont adressés les responsables des formations politiques, au premier rand desquels ceux du parti socialiste, au lendemain des élections européennes, on ne peut pas dire que le paysage soit plus reluisant. L’approche des régionales du printemps prochain n’apaise pas le climat, chacun voulant se compter – pour compter, ce sera une autre histoire – avant ce scrutin qui devrait permettre à la droite de reprendre quelques régions, ce qui serait toujours mieux que les deux qu’elle détient depuis le scrutin calamiteux de 2004.

Par contre, il y a du sport entre le front de gauche dont certains veulent faire cavalier seul au premier tour ; de leur côté, les communistes se demandent s’ils partent seuls également au premier tour ou s’allient avec les socialistes. Cela devrait dépendre des régions, sachant que le Parti communiste joue une fois de plus sa survie ; entre rien et être membres d’exécutifs régionaux, il n’y a pas photo.

Reste BAYROU, dont personne ne veut et qui devra partir seul à la bataille pour sauver la veuve et l’orphelin. Son problème, c’est que les Français n’aspirent pas vraiment à être sauvé par le leader du Modem auxquels ils ne font aucunement confiance.

Attendons les prochaines semaines pour voir si les leaders politiques nationaux redeviennent raisonnables ou se laissent aspirer dans la spirale du ridicule pour s’enfoncer encore davantage aux yeux de nos concitoyens.

Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne
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Vendredi 23 octobre 2009

Certains milieux américains ont l'habitude de désigner les phases économiques avec des lettres. Un V pour désigner une période de chute rapide de l'activité, suivie d'un rebond tout aussi rapide ; la lettre U pour parler d'un effondrement de l'activité suivi d'un passage où l'économie avance vaille que vaille avant de repartir ; la pire lettre étant le L qui indique une chute suivie d'une longue période de stagnation. Actuellement, les économistes craignent une autre lettre, le W, lorsque l'économie plonge fortement, repart ensuite, cette reprise étant aussitôt suivie d'une nouvelle chute avec le risque pour les investisseurs de s'être laissés tenter par cette fausse reprise de la première moitié du W.

Cela correspond à une vision finalement plutôt pessimiste des mouvements économiques après une période d'euphorie provoquée par la hausse des actions au cours du trimestre qui vient de s'écouler. D'autant que le président de la Réserve Fédérale américaine a prévenu qu'en dépit d'une croissance de 3% en rythme annuel, l'économie pourrait être accompagnée d'une hausse du chômage jusqu'à 9% d'ici la fin de l'année 2010,

Dans le même temps, une série de mauvaises nouvelles se sont accumulées : les commandes des entreprises sont en baisse de 20% par rapport à la même période de l'an dernier ; le marché des prêts immobiliers ne fonctionne que grâce à la garantie de l'État jusqu'à 80% ; le crédit à la consommation est si serré qu'il n'a jamais baissé aussi fortement depuis le début de la crise ; des crédits de plus en plus difficiles à obtenir par les entreprises. Tous ces indicateurs ont obligé le secrétaire d'État au Trésor américain à réaffirmer qu'un « dollar fort était important pour le pays » pour éviter qu'il baisse davantage sur les marchés.

Le problème, c'est que sur le long terme, la position du dollar comme monnaie de réserve est en train de s'éroder, surtout si les États-Unis optaient, même sans le dire, pour une politique protectionniste qui ferait alors émerger encore plus les économies de pays comme la Chine ou l'Inde.

En prenant tous ces éléments en compte, on aboutit à une version pessimiste de la situation économique actuelle. Est-ce bien la réalité ? Ce n'est pas si certain.

En premier lieu, le secteur des services qui représente environ 80% de l'activité économique américaine, a retrouvé le chemin de la croissance pour la première fois cette année, même si elle reste lente. Il en est de même pour le secteur industriel dont les indicateurs sont à la hausse pour le deuxième mois consécutif, En troisième lieu, les commandes d'équipements pour les entreprises repartent à la hausse, signe que la demande repart et que les entreprises ont des liquidités. Les derniers indicateurs montrent que les entreprises ont des excédents qui se montent à 156 milliards de dollars qui leur permettent de financer des équipements sans avoir recours à l'emprunt. Hormis une année, ce niveau d'excédents est le plus élevé jamais atteint.

Il y a ensuite le secteur de l'immobilier. Les prix sont en hausse et cela depuis plusieurs mois consécutifs. Les dépenses de consommation courante reprennent vie, sans prendre en compte l'augmentation des ventes dans le secteur de l'automobile avec une prime à la casse  de 4.500 dollars qui a permis aux Américains équipés de vieilles voitures gourmandes en essence de s'équiper de véhicules plus économes. A ces indicateurs s'est ajoutée une détente sur le marché du crédit qui a permis à des entreprises en manque de liquidités de se refinancer.

Un autre indicateur est suivi de près par les économistes et les politiques américains, notamment par le premier d'entre aux, le Président OBAMA. Il s'agit du niveau de stocks des entreprises qui était devenu très bas, ce qui signifie qu'ils vont devoir être reconstitués. Il est encore difficile de dire si ce « restockage » va être durable et important, mais le fait pour de nombreux secteurs d'être obligés de reconstituer ces stocks fera nécessairement repartir certaines activités économiques, hors secteur de l'automobile qui a bénéficié d'un plan de soutien identique à ceux que l'on trouve dans de nombreux pays européens. Et dire que l'on avait quasiment enterré la voiture particulière il y a à peine deux ans !

Même si certains chefs d'entreprises américains, sont sceptiques quant au niveau de cette reprise, la majorité pense qu'il s'agit plutôt de la lettre U que de la lettre W.

Il n'en reste pas moins que certains problèmes persistent. Des taux d'intérêts bas alimentent une dette pas tenable sur le long terme. Ces taux bas sont en réalité le résultat du besoin de la Chine de faire de l'argent avec les montagnes de dollars accumulés grâce à leurs exportations. Elle l'a fait en achetant des bons du Trésor américain. Les exportations chinoises ont également été alimentées par une monnaie sous-évaluée, entraînant des déséquilibres des balances commerciales. Cela aura pour conséquence de faire baisser davantage le dollar, les importations vers les États-Unis devenant plus chères et les produits américains plus compétitifs.

Ce qui inquiète la Maison Blanche aujourd’hui, c’est une chute du dollar. Si c’était le cas, les taux d’intérêts devraient remonter, mettant en péril la reprise, une perspective qui n’enchante pas le président OBAMA qui a déjà les yeux sur la présidentielle de 2012.

Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère
Adjoint au maire de Vienne

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Vendredi 16 octobre 2009

Lorsque j’évoquais, il y a quelques semaines, les huit années qui nous séparent des attentats du 11 septembre, on ne pouvait imaginer que l’actualité nous rapprocherait autant de la réalité et à notre porte. L’arrestation, dans notre ville, d’un individu présumé lié à des réseaux en relation avec des entreprises terroristes de la mouvance d’Al Qaeda, nous rappelle que personne, ici ou ailleurs dans le monde, n’est à l’abri de ce que peuvent organiser, planifier, exécuter ceux qui ont fait du meurtre à grande échelle leur combat « idéologique ».

Après avoir été déféré devant un juge anti-terroriste, nous en savons un peu plus sur ce qui aurait pu être planifié en lisant la presse, locale et nationale, mais aussi européenne. Cela nous montre que le recrutement de terroristes potentiels n’est pas l’apanage de pays plus sensibles politiquement que les nôtres. La France fait partie des lieux de recrutements ; aujourd’hui, c’était notre ville ; en début d’année, des arrestations avaient eu lieu en banlieue lyonnaise ; quelques années en arrière, d’autres avaient été interpellés dans une ville proche de chez nous.

Une désillusion supplémentaire pour les naïfs qui pensent que notre pays, avec les « relations » que nous sommes censés avoir, est un havre de paix qui nous mettrait à l’abri de toute entreprise comme celle qui gangrène le monde depuis une dizaine d’années.

Les attentats qui secouent le monde ne datent pas du 11 septembre, même si celui-ci a représenté un symbole. Pour reprendre un slogan célèbre, cela n’arrive pas qu’aux autres ; soit ils sont perpétrés dans des régions où les touristes occidentaux sont nombreux, soit, comme pour les attentats de Madrid et Londres, c’est le cœur de l’Europe qui est frappé. On pensait que le fait de ne pas avoir participé à la seconde guerre d’Irak nous mettrait à l’abri de l’action des réseaux d’islamistes fondamentalistes. Les informations que l’on peut lire dans la presse suite à l’arrestation de la semaine dernière nous montrent que des attentats auraient bien pu être planifiés pour toucher notre sol.

N’oublions pas que depuis 2001, la France participe à la lutte contre le terrorisme avec une présence militaire, aujourd’hui non négligeable, en Afghanistan. Pour BEN LADEN ou ceux qui lui ont succédé s’il est mort, mais aussi pour tous les chefs terroristes qui dirigent les réseaux islamistes, notamment sur le continent africain, il n’y a aucune différence entre un Américain, un Allemand, un Espagnol ou un Français. Notre pays est une cible de même niveau que les autres car nous participons au combat des démocraties contre un ennemi non conventionnel, loin d’être toujours identifié et qui puise les raisons de ses actes dans le fanatisme, l’obscurantisme, dans des interprétations  de l’islam qui ne correspondent nullement à ce qui est écrit dans le Coran. Pas plus que n’est écrit d’ailleurs dans le Coran que les femmes doivent porter des vêtements qui les enferment comme dans des prisons de tissu, la seule obligation étant de se couvrir la tête lorsqu’elles pénètrent dans une mosquée.

La preuve que l’individu qui a été arrêté la semaine dernière à Vienne n’était pas du « menu fretin » est l’impact médiatique que l’événement a eu, non seulement dans notre région et en France, mais également chez nos voisins européens. Lundi dernier, la première chaîne de la BBC diffusait un reportage sur le sujet dans son équivalent du 20 heures, de même que sur sa chaîne internationale.

Après les attentats de Londres de juillet 2005, quelques médias français se plaisaient à souligner le terrorisme issu de générations de Britanniques nés dans le pays, mais d’origine étrangère, notamment pakistanaise. Il en est de même chez nous puisque certaines arrestations précédentes concernaient des individus nés en France.

La région lyonnaise représente malheureusement un terreau favorable où il est facile de recruter des individus un peu frustes. C’est possible grâce à d’autres qui sont capables d’organiser des réseaux, de prendre des contacts tout en se fondant dans la masse parce que leurs capacités intellectuelles leur donnent cette possibilité. C’était le cas de celui qui a été arrêté à Vienne la semaine dernière et écroué : jamais d’histoires après des études dans les établissements scolaires de sa ville pour commencer, un parcours universitaire et professionnel brillant pour devenir un scientifique de renommée internationale. La couverture parfaite.

Heureusement que depuis les attentats de 2001 et ceux de Madrid et Londres, les services de renseignement occidentaux travaillent davantage en lien les uns avec les autres pour empêcher ces individus de nuire.

Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne
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Vendredi 9 octobre 2009

Vous êtes coupables, nous sommes tous coupables. Quelles idées folles l’homme n’a-t-il pas eu ! Elles n’ont cessé de devenir des inventions pour le malheur de tous. A tel point qu’aujourd’hui, toutes ces inventions, ajoutées à une prudence que même des Sioux renieraient et à la culture du risque zéro, vont nous faire regretter des siècles que nous n’avons pas connus.

Des siècles où on ne préoccupait pas de distribuer des masques car il n’existait pas d’Organisation Mondiale de la Santé et des médias pour effrayer les gens. Ils n’en avaient pas le temps puisqu’ils tombaient malades et mouraient. Des siècles où plusieurs étés caniculaires dans le passé et des hivers rigoureux empêchaient toute possibilité de récoltes suffisantes pour éviter des centaines de milliers, voire des millions de morts par famine. Des siècles où nos ancêtres s’entretuaient parce que certains portaient le bonnet phrygien alors que d’autres préféraient la fleur de lys.

C’était le bon temps ? Le temps où l’électricité n’existait pas, où seuls les oiseaux (et les fous dans leur tête) volaient, où les hommes se déplaçaient sur l’eau avec leurs muscles ou la force du vent, où le pain dépendait de la récolte précédente, où la pénicilline et les vaccins ne risquaient pas de menacer les hommes de leurs substances « nocives ».

J’exagère peut-être – un peu -, mais nous sommes depuis quelques années dans la civilisation de l’auto flagellation, du péché permanent que l’homme commettrait depuis … quand, nul ne le sait.

Qui nous accuse d’être de honteux individus pace que nous consommons beaucoup d’électricité, du pétrole, de l’eau, des denrées alimentaires ? Les A. GORE, Y. ARTHUS-BERTRAND et N. HULOT qui, appuyés par de formidables machines médiatiques, assènent des messages, loin d’être toujours tous prouvés scientifiquement, mais qui sont relayés et vendus comme tout produit derrière lequel tous les intérêts en jeu ne sont pas tous environnementaux. Et pour faire bonne mesure, on vilipende – ou on interdit presque de médias – tout scientifique qui ose mettre en doute les positions, théories, affirmations qui nous sont étalés dans ces films – documentaires catastrophes.

Concernant la récente production de N. HULOT, même un écologiste comme D. COHN-BENDIT que l’on ne peut soupçonner d’être un chantre du consumérisme, a émis des doutes sur sa crédibilité.

Accusés, levons-vous. Puisque coupables nous sommes, la seule solution qui nous est proposée en France est une taxe. Dans ce domaine, nos inventions sont rapides : on a un problème, on taxe, dans ce cas avec un nom savoureux, la taxe carbone. Mais comme le pouvoir craint toujours certaines catégories socioprofessionnelles, cette taxe sera plus légère pour les routiers, taxis, agriculteurs ou pêcheurs. Ils auraient pu en être dispensés en revenant à la voiture à bras, au pousse-pousse, à la charrue ou à la voile afin de poursuivre leurs activités.

Je m’étonne cependant qu’en dépit de tous ces films catastrophes, on n’a pas entendu un seul dirigeant mondial mettre en cause l’éventail d’activités, comportements, décisions ou mesures qui sont aussi, sinon plus graves pour l’environnement, que l’utilisation de votre voiture, votre tondeuse à gazon ou votre écran plat.

Pendant huit à neuf mois, tous les quinze jours, des bolides tournent 60 à 70 fois sur un circuit pour gagner des millions de dollars et consommer des dizaines de milliers de litres de carburant, pour la course et les essais. Il en est de même des rallyes automobiles, des courses de motos ou bateaux et autre Paris – Dakar … en Amérique du Sud. Que dire aussi des meetings aériens où les avions ne sont pas propulsés par le vent ?

Que dire de ces chefs d’États, de leurs délégations pléthoriques et des donneurs de leçons environnementaux qui parcourent des milliers de kilomètres à travers la planète pour participer à des conférences sur le climat ? Pourquoi ne pas utiliser la télé-conférence avec Internet ?

Que dire de ces milliers de touristes que nous attirons dans notre pays (premier pour le transit, mais pas pour la destination finale) ? Viendraient-ils à pied ou à dos d’âne ?

Que dire enfin de l’une des plus grandes hypocrisies de ces dernières années qui concernent de nombreux pays industrialisés ? Il y a moins de deux ans, on nous donnait des leçons sur l’utilisation frénétique de l’automobile ; quelques mois plus tard, les même pays introduisaient des primes à la casse pour relancer les ventes … d’automobiles.

N’avez-vous pas l’impression qu’on nous prend pour des imbéciles et qu’on nous fait avaler n’importe quelle couleuvre ?

Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne
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Vendredi 2 octobre 2009

A quoi sert le socialisme et par extension, à quoi servent les socialistes ?

Cette question existentielle, les socialistes français ne sont pas les seuls à se la poser. Chez nous, s’il reste des élus socialistes, le parti en tant que tel, la doctrine elle-même correspondent-ils encore à quelque chose ? Qu’ont en commun EMMANUELLI, ROYAL, VALS, HAMON, STRAUSS-KAHN, MONTEBOURG, AUBRY, FABIUS si ce n’est l’envie de s’étriper à longueur de réunions, congrès et autres conseils nationaux ? Ils n’ont même plus l’envie d’être ensemble. Il suffit de voir les visages fermés de certains lors des réunions socialistes pour voir la fraternité qui les anime. Le socialisme ne serait-il plus qu’un mot en France que des dirigeants, des élus locaux, quelques militants en perdition brandissent comme un gri-gri à l’approche d’une échéance électorale comme certaines tribus répandraient de la poudre d’os séché pour implorer les dieux ?

Ce que je vais dire risque de ne pas plaire à quelques-uns d’entre vous, mais cela me semble être une évidence : le socialisme politique pourrait bien être appelé à disparaître comme a disparu le gaullisme politique. Se réclamer du gaullisme aujourd’hui, en appeler au général à n’importe quelle occasion tient plus de l’incantation que de la réalité. On peut comprendre un ancien résistant, un ancien combattant de la seconde guerre mondiale, voire  un militant gaulliste des années 50 et 60 qui se considère ou se réclame du gaullisme. Le général était une partie de sa vie. Mais qui serait capable d’expliquer aujourd’hui ce que signifie « être gaulliste » ? Comme un bonapartiste à la fin du 19ème siècle ? Et prétendre savoir ou imaginer ce que ferait le général de GAULLE en 2009, c’est rêver ou délirer. N’oublions pas une chose : si le général était un visionnaire, c’était aussi un grand pragmatique qui savait s’adapter. Aujourd’hui, il appartient à l’histoire.

Le socialisme pourrait très bien connaître au fil du temps, le même sort que le gaullisme, à savoir disparaître politiquement. Le socialisme avec son « internationale » (pas le chant), ses rites, ses incantations commence à ressembler à un vieil accessoire poussiéreux d’un autre temps. En France, le parti compte de moins en moins de militants, phénomène aggravé par le comportement de ses dirigeants. Les prochains scrutins vont-ils confirmer l’effondrement du Parti socialiste, commencé à la présidentielle, confirmé par les élections européennes de juin dernier où d’autres formes de gauche semblent vouloir prendre le relais et remiser les socialistes dans l’arrière boutique ?

Une chose est certaine : la désaffection dont souffrent les partis « socialistes », l’éloignement de leurs électeurs ne sont pas spécifiques à la France. Depuis quelques années, une tendance de fond se dégage en Europe : les partis sociaux-démocrates qui peuvent – ou pouvaient – aspirer au pouvoir subissent des revers électoraux cuisants. Globalement, l’échiquier politique européen est aujourd’hui majoritairement à droite ; hormis une petite minorité de pays où les sociaux-démocrates sont au pouvoir, ils font, soit partie de coalitions à quelques rares exceptions, soit sont dans l’opposition.

Si les socialistes européens pensaient « surfer » sur la vague de la crise pour se refaire une santé, c’est raté.

Le dernier exemple en date est naturellement celui de l’Allemagne où la chancelière Angela MERKEL a réussi, non seulement à garder le pouvoir, mais à éliminer le SPD avec lequel son parti, la CDU, gouvernait depuis quatre ans. Ce sont les libéraux du FDP (un centre très à droite comparé à notre Modem) qui vont gouverner avec Mme MERKEL pour constituer une coalition droite – droite. Sur l’ensemble du pays, les socialistes perdent dix points : une partie de ces pertes a rejoint le FDP, l’autre est allée vers les formations de la gauche plus radicale.

Ailleurs en Europe, la droite est installée au pouvoir comme en Italie où tout le monde prédisait l’effondrement de BERLUSCONI à la veille des dernières législatives.

Les prochains pays qui devraient « virer » à droite lors des prochains scrutins nationaux sont le Royaume Uni et l’Espagne. En Grande-Bretagne, le Premier Ministre Gordon BROWN et son parti travailliste sont en mauvaise posture, même si depuis Tony BLAIR, on ne peut pas vraiment dire que le parti travailliste ait été un modèle de socialisme, notamment en matière économique. La capacité de BLAIR à s’adapter l’a fait surnommer « Tefal » par la partie la plus à gauche de son électorat !

En conclusion – provisoire – et pour revenir chez nous, on peut se demander s’il est nécessaire que le Parti socialiste parle de « refondation » alors que ses voix fondent tout simplement.

Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne
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Vendredi 25 septembre 2009

Cela faisait quelques mois qu’ils ne s’étaient rien mis sous la dent. Tout ce que compte notre pays en « droits-de-l’hommiste » (vrais ou faux), en militants « défenseurs » de sans-papiers et autres clandestins devaient être, comme une majorité de Français, en vacances. Vous aurez noté qu’il n’y a jamais d’agitation, de manifestations de soutien, de déclarations enflammées sur ces sujets au milieu du mois d’août. Ces militants se reposent, se ressourcent pour préparer les « luttes » de l’année à venir. Il faut un événement exceptionnel et grave pour qu’ils se fassent entendre ; ce fut le cas l’année où plusieurs sans-papiers avaient été les victimes d’un incendie dans un pseudo-hôtel parisien en plein mois d’août.

Avec l’affaire de la « jungle » de Calais, tout le monde associatif qui soutient les clandestins et sans-papiers s’est réveillé et a repris ses activités, accompagné naturellement du cirque médiatique qui, pour l’occasion, n’était pas uniquement hexagonal. A l’annonce de l’opération qui visait à démanteler ce lieu totalement insalubre, une annonce visant certainement à anticiper des accusations éventuelles de brutalité policière que certains auraient mis en avant s’il n’y avait pas eu cette médiatisation, tout le « gotha » des télévisions européennes a envahi Calais. Il y a bien eu quelques échauffourées avec des militants professionnels de l’association alter mondialiste « No Border » venus « défendre » les clandestins, mais rien qui puisse justifier des reportages à sensation pour demander, une fois encore, la démission du ministre de l’Intérieur.

Concernant la « jungle », le ministre de l’Immigration, Éric BESSON, a été on ne peut plus clair mardi avec l’objectif principal de cette opération mis en exergue : « Nous avons restauré l'État de droit sans violence. Nous avons cassé l'outil de travail des passeurs ».

Qu’était cette « jungle » ? Une sorte de bidonville où ont vécu jusqu’à 800 clandestins qui cherchent à gagner la Grande-Bretagne qui ne veut pas les accueillir. Certains sont à Calais depuis des mois, sous la coupe de passeurs qui les utilisent aussi pour organiser toutes sortes de trafics. Ces clandestins sont aussi parmi les principaux responsables de la délinquance à Calais et autour. Nos « droits-de-l’hommiste » professionnels ne veulent pas l’admettre et n’ont rien d’autre à proposer que des déclarations à l’emporte-pièce sur le traitement dont les clandestins seraient victimes de la part de la France. Rien sur ceux qui les utilisent et les manipulent comme du bétail et leur font payer des milliers d’euros pour venir jusqu’au bord des côtes de la Manche …. pour rien.

Nos voisins européens ont du s’en donner à cœur joie en filmant et diffusant les évacuations et le démantèlement de ce bidonville. SI leur grandeur d’âme est sans limites, on peut toujours leur suggérer d’accueillir certains de ces clandestins dans leur pays … où je me trompe ?

Nombre de ces clandestins ont quitté un pays en guerre ; d’autres sont venus chercher en Europe un Eldorado imaginaire ; certains, un petit nombre, sont menacés dans leur pays et peuvent prétendre à l’asile politique. Mais ils ne pourront pas tous rester en Europe, ici ou ailleurs.

Le démantèlement de la « jungle » ne règle pas pour autant la question de la présence de ces centaines de clandestins dans d’autres « jungles » dans les villes côtières de la Manche et de la mer du Nord. On avait fermé Sangatte ; la disparition de la « jungle » ne supprimera pas les clandestins qui iront ailleurs quand de nouveaux arriveront chez nous.

Ce qui incombe, non pas à la France seule, mais à l’Union Européenne, c’est le démantèlement des réseaux de passeurs qui introduisent les clandestins par les Balkans, l’Italie ou l’Espagne. Nous avons des Afghans, des Irakiens, des Kurdes ; l’Italie reçoit des Africains et l’Espagne des clandestins d’Afrique ou du Maghreb. C’est loin de nos frontières que le renseignement policier ou militaire doit agir. On devrait s’attaquer à ces réseaux, en y mettant des moyens à l’échelle de l’Europe, comme on le fait pour les pirates des mers qui sévissent notamment dans l’Océan Indien.

Lorsqu’ils arrivent chez nous, c’est déjà trop tard et la fermeture de Sangatte hier ou le démantèlement de la « jungle » de Calais aujourd’hui, même s’ils sont nécessaires symboliquement, ne sont que des cautères sur des jambes de bois.

L’autre solution pour éviter que des populations quittent leur pays et dont on entend parler depuis des décennies, c’est naturellement l’aide au développement. Est-elle (ou serait-elle) efficace quand on voit comment se sont déroulées les élections dans certains pays au cours des derniers mois, comme au Gabon ou en Afghanistan ? On peut légitimement en douter.

Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne
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Vendredi 18 septembre 2009

Depuis des mois, les Français assistent au règlements de compte et autres bagarres de cours de récréation au sein du Parti socialiste. La dernière en date, c’est le livre qui met en cause la direction de ce parti à propos des élections internes du printemps qui auraient été entachées d’irrégularités.

Avant ce livre, il y avait eu les baisers de Judas lors des rencontres socialistes de La Rochelle où les acteurs de ce théâtre d’ombres qu’est devenu le P.S. voulaient faire croire aux Français qu’ils avaient tourné la page de leurs dissensions internes. Auparavant, le pays avait assisté aux pugilats verbaux post-électoraux après la débâcle des élections européennes de juin.

A ce spectacle, nos concitoyens se sont habitués. Il est devenu tellement répétitif qu’ils y prêtent de moins en moins attention et les apparitions télévisées des uns et des autres sombrent dans l’indifférence générale.

Il ne faudrait pas que, par mimétisme, la majorité se livre à des jeux identiques. Les Français qui ont élu N. SARKOZY, qui lui ont donné une majorité de laquelle est issu le gouvernement n’ont pas voté pour assister à cette cacophonie depuis quelques mois. Ce n’est pas tant les hommes (peut-être dans certains cas en sont-ils les instigateurs ou les acteurs ?) qui sont en cause, mais le style, la manière et pour utiliser un mot à la mode que l’on n’entendait pas il y a cinq ans, la « gouvernance ».

Entre les lois Hadopi 1 et 2, le grand emprunt, la taxe carbone ou les tests ADN, on ne peut pas dire qu’on ait eu des démonstrations claires et fermes sur ces sujets. Les aller-retours dans certains domaines peuvent être une manière de gouverner, ne serait-ce que pour tester des idées, voire des projets bien avancés ; il ne faudrait pas qu’ils fassent partie de la gouvernance du pays.

Concernant le « grand emprunt », une commission a travaillé sous l’égide d’A. Juppé et M. ROCARD. A peine a-t-elle été mise en route que chacun avait son idée sur cet emprunt à grands coups de suggestions et de conseils de tous ordres. Comme cet emprunt sous sa forme imaginée à l’origine a de fortes chances de ne jamais voir le jour, beaucoup a été écrit et dit … pour rien. Cet emprunt ne peut jamais voir le jour car les précédents (PINAY, GISCARD, BALLADUR) ont coûté très cher à l’État, ce qu’on ne peut se permettre aujourd’hui en raison de la mauvaise situation des finances publiques. On peut aussi se demander s’il serait pertinent compte tenu de la lenteur d’une mise en route éventuelle alors que l’économie mondiale semble être sur la voie de la reprise dont on commence à percevoir les prémices ici ou là.

La taxe carbone a été un autre sujet de valses-hésitations et de contradictions. On ne sait pas si cette pagaille médiatique était organisée ou non, mais elle n’a pas donné l’image de sérénité qu’une telle annonce aurait du provoquer, le Président contredisant les propos de son Premier Ministre qui avaient été validés par l’Élysée.

Plus récemment, ce sont les tests ADN pour les regroupements familiaux qui ont fait l’objet de « cafouillages » au sommet de l’État. Que doit penser l’ancien ministre de l’Immigration (M. HORTEFEUX), devenu ministre de l’Intérieur, qui avait défendu et fait voter un projet il y a deux ans et qui vient d’être rendu inapplicable par son successeur. Pour couronner le tout, N. SARKOZY en personne enterre l’ensemble en déclarant : « tout le monde sait que les tests ADN ne servent à rien ». N’aurait-on pas pu faire l’économie (dans tous les sens du terme) d’un tel projet ?

Le pompon (actuel) revient cependant à la loi Hadopi et ses diverses versions, une loi destinée à réprimer les téléchargements illégaux sur Internet. Une première mouture avait été sanctionnée par le Conseil constitutionnel après un épisode rocambolesque de députés socialistes ridicules se cachant derrière les piliers de l’Assemblée Nationale pour repousser le projet lors d’un vote.

Une deuxième version de cette loi vient d’être votée ; on s’apercevra rapidement qu’elle n’est pas applicable, les manières de télécharger illégalement existant déjà. En outre, comment sanctionner des centaines de milliers de gens à travers le pays sans engorger une institution judiciaire déjà bien encombrée ? De nombreux professionnels de l’industrie musicale considèrent cette loi comme déjà dépassée et inutile. Elle pourrait en outre être « retoquée » par le Conseil constitutionnel.

Entre Hadopi et la taxe carbone, on a deux bons exemples « d’usines à gaz » dont notre pays est friand et qui ne résoudront rien au bout du compte.

Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne
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Vendredi 11 septembre 2009

Huit ans déjà que des individus imbibés de fanatisme, de bestialité et de mépris de l’être humain ont dirigé des avions sur des sites civils américains avec comme objectif principal, le carnage et la destruction à grande échelle.

Huit ans déjà que plus de 3.000 personnes ont péri dans les tours jumelles du World Trade Center de New-York ou dans l’avion qui s’est écrasé sur une partie du Pentagone à Washington ou encore dans celui qui a fini dans un champ en Pennsylvanie grâce à la volonté de ses passagers qui savaient, depuis leur départ de New York que des attentats avaient été commis sur le sol américain. Ils savaient également que leur avion dont l’équipage avait été neutralisé par des terroristes avait pour objectif un autre lieu symbolique de la ville de Washington, notamment la Maison Blanche ou le Capitol. Pour éviter d’autres morts civils et d‘autres carnages, les passagers de ce vol  ont empêché les terroristes d‘accomplir leur acte puisque leur révolte et leur lutte avec les pirates de l’air se sont terminées dans la chute de l’avion loin de la capitale américaine.

Huit ans déjà que dans l’inconscient collectif des Américains, la date du 11 septembre (nine-eleven chez eux ou 9/11) restera parmi celles qui ne s’oublient pas comme celles de l’attaque japonaise sur la base de Pearl Harbor le 7 décembre 1941 ou de l’assassinat du Président J.F. KENNEDY le 22 novembre 1963.

Huit ans aussi que les Américains sont en guerre, même si l’ennemi, contrairement à d’autres conflits conventionnels, est nettement moins identifié. Cette guerre d’ailleurs n’est pas seulement américaine ; elle nous concerne aussi, nous Européens (n’oublions pas les attentats de Madrid et Londres) car aucun de nos pays n’est à l’abri d’un acte d’illuminés par le fanatisme religieux comme ceux qui ont préparé et perpétré les attentats du 11 septembre. Régulièrement en Europe, des cellules terroristes, en lien avec Al-qaida et ses satellites sont démantelés à travers l’Europe : Allemagne, Royaume Uni, France, Espagne, sans compter celles dont on n’entend pas parler.

Dès les premiers jours qui ont suivi les attentats contre le World Trade Center, l’attitude des Américains a été de la même veine que celle qui a été la leur au lendemain de la destruction d’une grande partie de leur flotte de guerre à Pearl Harbor. Ils sont partis en guerre, sûrs de leur bon droit car ils ont été touchés dans leur chair, au cœur du pays et pas seulement au cœur de la finance avec le symbole du capitalisme qu’est Wall Street dans le même quartier.

Il est coutumier de proférer toutes sortes de stupidités sur les Américains ou leur pays, sur leur côté « cow-boy ». C’est ce que de nombreux commentateurs se sont autorisés à faire quelques semaines ou quelques mois après le 11 septembre. Serions-nous restés les bras croisés si un avion avait été lancé sur une tour ou un monument symbolique de Paris avec pour conséquences plusieurs centaines de morts ? Sûrement pas. Cela explique que la France, comme d’autres pays, est présente dans cette guerre (qui ne dit pas son nom) contre le terrorisme et le fanatisme religieux qui doit être combattu partout et tout le temps.

On a beaucoup critiqué le Président G.W. BUSH pour ses réactions après les attentats. De nombreux autres présidents américains auraient agi de la même manière. Aujourd’hui, B. OBAMA renforce la présence des troupes américaines en Afghanistan car il sait qu’il ne peut en être autrement.

Huit ans après – et surtout lorsqu’on était au pied des tours jumelles deux semaines avant les attentats – on ne peut s’empêcher de penser à ce qu’était la vie dans ce quartier et dans ces bâtiments où plusieurs centaines de gens qui y travaillaient (sur les milliers que chaque tour accueillait quotidiennement) sont morts ce jour-là, tués par le fanatisme et la bestialité. On ne peut s’empêcher, lorsqu’on revoit certaines images, de penser à ces centaines de pompiers et de policiers new-yorkais qui sont intervenus dans les tours du World Trade Center en sachant ce qui les attendait. Leur objectif était d’essayer de sauver des hommes et des femmes de toutes races, de toutes nationalités, de toutes religions, de toutes couleurs, … en vain.

Huit ans après, le 11 septembre est peut-être une date dont nous, Européens, devons aussi nous souvenir car on se rendra peut-être compte un jour qu’elle aura aussi marqué un changement pour nos pays, même si nous n’avons pas encore le recul du temps suffisant.

Patrick CURTAUD

Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne

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