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Patrick CURTAUD
- Conseiller général de l'Isère
- Adjoint au maire chargé de la Culture, du Patrimoine,
du Tourisme, des Relations internationales et des T.I.C.
- Conseiller communautaire de la C.A.P.V.
- Président du Syndicat Intercommunal d'Aménagement
Hydraulique des 4 Vallées du Bas-Dauphiné

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Lancement du tournoi international de rugby "A l'Ouverture" pour les moins de 15 et moins de 17 à Vienne en présence du député-maire de Vienne, J. REMILLER, du maire des Côtes d'Arey P. GAGNAIRE et de la cheville ouvrière du tournoi depuis sa création en 2006, Daniel BEAUBOUCHEZ.

Vendredi 3 juillet 2009

Au cas où vous ne le sauriez pas, Michael JACKSON est mort. A l’écoute des premiers bulletins d’information, on avait l’impression d’un désastre sur le monde ou que le Chef d’État d’une grande nation était décédé. Avec la disparition du chanteur, un vent de folie a subitement soufflé sur la planète. Il n’est pas tout à fait retombé et se maintiendra jusqu’aux funérailles ; en France, les télévisions qui n’ont plus de manifestations à se mettre sous la dent, les syndicalistes étant en vacances, congés payés obligent, nous montrent quotidiennement un individu qui se prend pour Michael JACKSON, déguisement inclus, et qui s’agite au coin d’une rue. Même si l’engouement médiatique des premiers jours a quelque peu diminué, le clan JACKSON se charge d’alimenter la chronique car les enjeux futurs pour ses membres se chiffrent en milliards de dollars.

Il faut maintenir la foule des fans, anciens ou tout nouveaux, dans l’adoration de la star et les médias mondiaux participent volontiers à cette mascarade. Cette espèce de transe collective n’est pas nouvelle et avait pris naissance à la suite de l’accident qui avait coûté la vie à la Princesse DIANA à Paris. C’est pratiquement depuis cette époque que la disparition d’une icône donne lieu à des rassemblements spontanés avec dépôts de fleurs et bougies et amoncellements de jouets en peluche et autres messages de toutes sortes, autant de signes d’une implication personnelle de ceux qui s’adonnent à ces rites. On a l’impression que les adultes sont retombés en enfance ! Je ne sais pas ce que peuvent penser ceux qui se revoient sur des documents d’actualité enregistrés lors du décès de DIANA où les scènes de lamentations collectives étaient identiques à elles qui nous sont montrées aux quatre coins de la planète.

Car si Michael JACKSON était une vedette reconnue du show-biz, un artiste (jusqu’à il y a quelques années), il était loin d’être un Dieu, voire un demi ou quart de Dieu.

Michael JACKSON était un personnage du monde du spectacle, même si au début de sa carrière, il était davantage un forçat de la scène et des studios lorsque son père le mettait en avant lors des prestations de la fratrie JACKSON au sein de laquelle le petit Michael était le faire-valoir du groupe. Sans lui, la formation n’aurait pas pesé lourd et serait vite retombée dans l’oubli, y compris au sein de la maison de disque des Noirs de Detroit, la Tamla Motown. Le père n’était naturellement pas étranger à cette situation qu’il a fait subir à son fils de manière tyrannique parce que Michael était celui dont le talent émergeait au milieu des autres membres du clan.

Lorsqu’il a claqué la porte au nez de son père et décidé de voler de ses propres ailes, M. JACKSON a commencé son ascension jusqu’au firmament du show-biz. Pendant des années, il a touché les sommets de la célébrité et de la gloire, mais également les sommets des excès. Contrairement à certains qui s’arrêtent, par choix ou forcés, Michael JACKSON a été pris dans la spirale où il s’était laissé entraîner pour ne devenir plus que l’ombre de ce qu’il avait été sur le plan artistique. Bien avant sa disparition la semaine dernière, on pouvait déjà dire que Michael JACKSON – avait été – un grand artiste, les dernières années étant rythmées par le glissement vers le fond : les problèmes de santé, certains à cause de multiples opérations de chirurgie esthétique, mais également les déboires judiciaires avec des accusations de pédophilie qui ont abouti nulle part, mais l’ont pratiquement ruiné.

Après les hommages d’usage et les larmes, c’est à son héritage que la famille et d’autres vont s’intéresser et celui-ci donnera lieu, à n’en pas douter, à des affrontements familiaux impitoyables. Hormis sa discographie dont les éléments phares sont en train de connaître un regain  de popularité depuis sa mort, Michael JACKSON possédait les droits d’auteurs des œuvres des BEATLES qu’il avait rachetés il y a plusieurs années déjà. On peut imaginer que certains avocats américains ont de beaux jours devant eux avec toutes les procédures qui ne manqueront pas de pointer à l’horizon.

Tout ceci jette naturellement une ombre sur le personnage qui est loin de la description que certains en ont fait au lendemain de l’annonce de sa mort. Dans ces circonstances, il est facile de tomber dans l’emphase, l’excès, l’idolâtrie. J’ai été surpris d’entendre les réactions de toutes sortes de gens sur la planète, connus ou inconnus, et notamment celles de Noirs : « Michael JACKSON était l’un des plus grands promoteurs de la cause noire », même si on ne l’a jamais bien vu dans des manifestations ; il représentait, selon, certains, la réussite et le succès des Noirs bien avant l’élection de Barack OBAMA. Dans leur enthousiasme, ces thuriféraires oublient un point, et de taille : Michael JACKSON s’était fait fabriquer une prothèse de nez « à l’occidentale », ses cheveux n’étaient plus frisés et surtout, il s’était fait dépigmenter la peau pour devenir un Blanc ; plutôt surprenant pour quelqu’un que les Noirs veulent porter au pinacle, alors que dans le même temps, des millions d’habitants de l’hémisphère nord vont mettre leur santé en danger en s’exposant au soleil sur les plages pour assombrir leur peau !

Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère
Adjoint au maire de Vienne

                                                                                                                * Claude NOUGARO (à réécouter).
- Publié dans : Patrick CURTAUD
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Vendredi 26 juin 2009

Que peut faire, mais aussi que veut faire l’Occident face à la situation de crise que traverse l’Iran depuis l’élection présidentielle récente ? Avec l’élection – quelque peu surprenante et surprise – de Mahmoud Ahmadinejad dès le premier tour, tous les pronostics ont été déjoués. Les observateurs, iraniens et étrangers, s’attendaient à une élection beaucoup plus serrée entre celui qui a été réélu et son plus sérieux concurrent, Mir Hossein Moussavi. Le problème, c’est que Ahmadinejad a un premier mandat de quatre ans derrière lui et qu’il a eu largement le temps de bâtir un appareil d’État à sa solde : appareil politique, mais surtout policier et répressif. Cet appareil politique lui permet d’avoir des factions qui lui sont totalement dévouées, essentiellement parce qu’il a l’appui de certaines franges des religieux qui sont à la base de tout en Iran.

L’élection Ahmadinejad dès le premier tour a certainement été organisée pour éviter des surprises au second. Si l’élection avait eu lieu dans des conditions normales, aux normes démocratiques, peut-être serait-il arrivé en tête au premier tour. Mais être confronté à un second tour risquait de mettre en péril l’édifice qu’il a construit sous l’autorité de certains chefs religieux, et notamment du « guide suprême », l’ayatollah KHAMENEI. C’est une éventualité et un risque que ne pouvait se permettre le pouvoir iranien car, « à la régulière », le second tour pouvait être perdu par Ahmadinejad et son clan. D’où des bizarreries, des tricheries, des fraudes dans l’organisation du scrutin qui ont abouti au résultat que l’on connaît aujourd’hui. Pour ne citer qu’un seul exemple, on peut parler de nombres de votants supérieurs aux électeurs inscrits dans plusieurs lieux de vote, dans la capitale et à l’extérieur.

Quelle peut être la suite des évènements, surtout après les manifestations violentes et les premiers morts de la semaine dernière ? Est-on, dans ce pays, au début d’un processus qui pourrait amener des bouleversements identiques à ceux qu’il a connus il y a maintenant une trentaine d’années ? A cette époque, on présentait le régime du Chah comme inébranlable, solide sur ses fondations. Il n’en a rien été et il s’est effondré comme un château de cartes à partir du moment où la majorité de la population avait signifié son aversion pour un régime qui était également dictatorial, comme l’est celui des mollahs aujourd’hui dont Ahmadinejad est l’homme de paille. Le peuple ira-t-il plus loin que ce qui s’est produit ces derniers jours ? En a-t-il les capacités alors que le couvercle se referme sur la contestation, alors que le pouvoir iranien veut cacher au monde la répression qui s’accentue en expulsant les journalistes les plus gênants, au premier rang desquels ceux de la B.B.C. qui a eu l’audace de créer une chaîne de télévision par satellite en farsi. Sur cette chaîne sont diffusées des informations sur les évènements d’Iran autres que la version officielle débitée quotidiennement aux Iraniens, à l’image de ce que font toutes les dictatures que le pluralisme gêne.

Comme si cela ne suffisait pas, les autorités judiciaires iraniennes ont promis mardi de « donner une leçon » à tous ceux qui ont été arrêtés dans les manifestations organisées pour contester la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad. De quoi refroidir bien des ardeurs chez tous ceux qui aspirent à davantage de liberté dans ce pays.

D’un autre côté, le candidat « malheureux » MOUSSAVI ne peut pas être non plus considéré comme tout blanc. C’était l’un des fidèles de l’ayatollah KHOMENEI qui l’avait nommé premier ministre en 1981, l'année suivant l'attaque de l'Iran par l'Irak de Saddam HUSSEIN. Cela laisse penser que la lutte entre lui et Ahmadinejad n’est rien d’autre qu’un combat d’influence entre plusieurs factions de religieux iraniens.

Face à cette situation, que peuvent faire l’Occident, l’Union Européenne, les États-Unis, voire d’autres pays démocratiques, sinon condamner les exactions dont sont victimes les opposants iraniens dont certains sont partis croupir dans les prisons du régime ? Tant que la situation n’évolue pas plus qu’actuellement, la marge de manœuvre de l’Occident est étroite, voire limitée. Le Président OBAMA ne s’y est pas trompé car il fait preuve actuellement d’une très grande discrétion. Il a peu parlé depuis les jours qui ont suivi l’élection d’Ahmadinejad ; de la même manière, les autres dirigeants occidentaux ne sont pas très loquaces, en dehors de communiqués formels et laconiques condamnant la répression. Communiqués dont se moque totalement le régime iranien qui poursuit sur la voie de la provocation, de la répression, de la menace, non seulement à l’égard des étrangers, mais aussi maintenant de son propre peuple.

Combien de temps cela peut-il durer ? Si la situation sur le terrain n’évolue plus dans les jours ou les quelques semaines qui viennent, le couvercle se sera refermé avec toutes les menaces que fait peser ce régime de haine sur cette partie du monde.

Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère
Adjoint au maire de Vienne

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Vendredi 19 juin 2009

Si les résultats des élections européennes ont permis de faire un état des lieux des forces politiques qui se sont présentées pour ce scrutin, ce que j’évoquais la semaine dernière dans ces colonnes, on peut aussi revenir sur le rôle que joue l’Europe dans notre vie quotidienne et dans le fonctionnement de notre pays. Rôle positif naturellement, car il faut aussi en parler, tellement on a tendance à ne voir que les aspects négatifs de l’Europe uniquement pour caresser les électeurs dans le bon sens du poil. Ce fut le cas avec l’affaire du vin rosé fait sur laquelle tout le monde a sauté en présentant cette idée (proposition ?) comme un danger imminent pour les viticulteurs français, alors que les plus avertis (notamment le monde politique) savaient qu’une telle proposition ne pouvait être avalisée que par le Conseil des ministres de l’Agriculture des 27 pays de l’Union.

Cela a permis de planter quelques banderilles dans cette Europe à laquelle tous les responsables politiques élus font appel pour financer tel ou tel projet en matière d’infrastructures, d’éducation, de culture, de développement économique, etc … Et ce ne sont pas les seuls domaines où l’Europe exerce, pour le bien de tous les citoyens européens, un certain nombre de compétences par l’adoption d’un millier de lois pendant la législature précédente.

Parmi celles-ci, la directive REACH sur l’enregistrement, l’évaluation, l’autorisation et les restrictions des substances chimiques. Ce règlement est entré en vigueur en juin 2007 et rationalise l’ancien cadre réglementaire de l’Union Européenne sur les produits chimiques. Les principaux objectifs de REACH sont de mieux protéger la santé humaine et l’environnement contre les risques que peuvent poser les produits chimiques, la promotion de méthodes d’essai alternatives, la libre circulation des substances au sein du marché intérieur et de renforcer la compétitivité et l’innovation.

REACH fait porter à l’industrie la responsabilité d’évaluer et de gérer les risques posés par les produits chimiques et de fournir des informations de sécurité adéquates à leurs utilisateurs. En parallèle, l’Union Européenne peut prendre des mesures supplémentaires concernant des substances extrêmement dangereuses.

Si une telle disposition n’est pas bénéfique pour le citoyen, on peut jeter le « Grenelle de l’environnement » à la décharge !

Dans un autre domaine, l’Europe a permis de renforcer la protection des habitants de l’Union lorsqu’ils voyagent en avion. C’est grâce à l’Europe que le voyageur européen doit avoir maintenant des informations sur les prix du transport aérien beaucoup plus transparents qu’autrefois. De même, lorsque des vols sont en retard ou annulés, c’est aussi grâce l’Europe qu’ils peuvent prétendre à des indemnités versées par les compagnies aériennes. Le principal objectif du règlement est d’améliorer la situation des passagers en cas d’interruption de leur voyage. Il fixe les droits minimum aux passagers que toutes les compagnies aériennes doivent respecter. En effet, les désagréments subis par les passagers sont comparables quel que soit l’aéroport où ils sont bloqués, qu’il s’agisse d’un «hub» comme Roissy ou d’un aéroport régional, et qu’ils voyagent en première classe ou à bas prix.

La téléphonie mobile est aussi un secteur où l’Union Européenne a permis de commencer à mettre un frein aux abus pratiqués par les opérateurs en matière de tarifs à travers l’Union, notamment lorsque vous utilisez votre portable à l’étranger pour recevoir ou appeler un numéro. La situation évoluera encore davantage en France en 2010 avec l’attribution d’une quatrième licence de téléphonie mobile à un autre opérateur.

Grâce à l’Europe, les coûts des appels à partir d’un portable, depuis l’étranger et en direction de son pays d’origine seront plafonnés pour éviter les abus et autres positions de monopole.

On ne parlera pas de l’euro, vilipendé de tous côtés dès son lancement, accusé de tous les maux, même les plus incohérents. Où en serions-nous aujourd’hui, depuis le début de la crise économique et financière, si chaque pays avait joué dans son jardin, autour de son propre bac à sable. Il est quasiment certain que le franc aurait été dévalué, comme souvent dans le passé, si l’euro n’avait pas été instauré. La monnaie unique a servi d’amortisseur puissant pour éviter aux pays de la zone euro de souffrir davantage. Cela explique aussi que certains pays sont maintenant pressés de rejoindre la monnaie unique et que d’autres aspirent à la candidature.

Dans un registre plus anecdotique, l’euro permet aussi au touriste européen, de voyager d’un pays à l’autre sans avoir à changer de l’argent avec toutes les commissions qui doivent être payées à chaque passage vers une nouvelle monnaie.

Naturellement, les LE PEN, MELENCHON, DE VILLIERS, BESANCENOT sont opposés à tout cela, par principe, par aveuglement, pas ignorance feinte. Et ils osent se présenter à cette élection, … Pour eux ou leurs idées ?
Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne
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Vendredi 12 juin 2009

Pour reprendre une formule célèbre des enceintes sportives, on pourrait dire « et ils sont où, et ils sont où, et ils sont où les socialistes …. » !

Depuis dimanche soir, les fantômes de Jaurès, BLUM, MITTERRAND, ROCARD hantent les plateaux de télévision et les studios des radios. Une déconfiture supplémentaire à mettre sur l’addition du Parti socialiste qui ne cesse de prendre des « claques » nationales depuis l’élection présidentielle de 2002. Déjà cette année-là, un séisme avait ébranlé la gauche et le Parti socialiste à l’issue du premier tour de la présidentielle avec l’élection de leur candidat JOSPIN. D’autres scrutins ont suivi et si S. ROYAL est restée en course au second tour de la présidentielle de 2007, il n’en reste pas moins qu’elle a perdu. Ils tirent mieux leur épingle du jeu dans les scrutins locaux, peut-être parce que leurs élus ne sont pas encore atteint par la maladie idéologique (au bon sens du terme) qui mine leur parti depuis plusieurs années.

Les élections européennes de dimanche dernier ont accentué la descente dans le trou d’un parti qui n’est plus du tout en phase avec la population, dont les idées, propos, comportements sont totalement déconnectés de la réalité politique. Le Parti socialiste montre ce qu’il est vraiment : une association d’élus, sans réelle base populaire avec des dirigeants qui n’ont de cesse de se crêper le chignon  et de s’envoyer quelques amabilités à longueur d’année. Leur dernier congrès n’avait déjà pas été une réussite ; après la déroute du 7 juin, la situation des socialistes devient intenable.

Dans cette campagne pour les européennes, ils ont vraiment montré leurs limites et leur incapacité à proposer quelque chose aux Français. C’était tellement flagrant que le principal thème de la campagne dès le début de celle-ci ne consistait pas à parler de l’Europe (vous avez dit l’Europe ?), mais en premier lieu à appeler au vote sanction contre le Président de la République.

Quand on se prend pour des génies de la politique à longueur d’année et que l’on se trompe perpétuellement de stratégie, on ne voit plus rien venir. Le P.S. n’a rien vu venir car il est enfermé dans ses certitudes d’une formation d’un autre âge, c’est-à-dire du milieu du 20ème siècle au mieux.

Les discussions du conseil national de mardi dernier n’ont débouché sur rien et dès le lendemain, les premières balles sifflaient, pas seulement contre la première secrétaire M. AUBRY, mais aussi contre tous ceux qui tiennent l’appareil du parti. On voit aujourd’hui que les appareils ne font pas tout et que lorsqu’ils sont déconnectés de la réalité, ils ont beau se considérer forts, cette force n’est qu’une illusion. Les électeurs susceptibles de voter pour eux les ont abandonnés en rase campagne, les plaçant même derrière la liste écologiste dans de nombreuses régions, dans de nombreuses communes en Isère. En Île-de-France, la déroute est sévère et les socialistes ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes.

Cette situation n’est pas propre à la France : les résultats de ces européennes ont montré que les droites progressaient ou se maintenaient partout à travers l’Union Européenne, à quelques exceptions près. Chez nos voisins allemands, même si elle a perdu du terrain, la CDU de Mme MERKEL reste en tête, (les socialistes perdant aussi du terrain) au profit, un peu des Verts, mais surtout des Libéraux. Au Royaume-Uni, le parti travailliste au pouvoir a subi une véritable déroute qui a pris naissance il y a plusieurs mois déjà et les Conservateurs sont en passe de gagner les prochaines législatives. En Espagne, le Parti Populaire a devancé les socialistes, comme en Italie où la gauche est moribonde. Il en va de même dans la plupart des autres pays, du nord au centre de l’Europe.

En dépit de la situation économique actuelle, on voit que les citoyens européens ne sont pas allés chercher des réponses auprès de partis qui restent sur des schémas anciens, les formations de droite ayant mieux géré cette phase de crise, soit parce qu’elles semblent plus solides aux électeurs soit parce qu’elles ont parlé de ce qui était l’objet de l’élection, à savoir celle de députés européens. Il est significatif de constater qu’en France, les deux listes qui ont parlé de l’Europe, des enjeux de cette élection et de ce que peut apporter l’Europe au citoyen sont celles qui ont obtenu les meilleurs scores.

Avec 28% des suffrages exprimés, les listes qui rassemblaient l’UMP et ses alliés ont largement dominé le débat. Naturellement, il s’agissait d’une élection à un tour qui ne permet pas de tirer des leçons en terme de reports ou d’alliances. Chaque élection est différente, celle-ci ayant donné une tendance qui a confirmé les précédents scrutins nationaux.

L’autre grand perdant, c’est bien sûr celui qui s’assimile à un « Monsieur Propre » de la politique française, F. BAYROU. Ayant adopté la même stratégie que les socialistes, à savoir l’artillerie lourde contre Nicolas SARKOZY, les obus lui ont éclaté à la figure avant d’être partis et l’ont mis K.O. debout. A force de vouloir se prendre pour ce qu’il n’est pas, F. BAYROU a exaspéré les Français et probablement certains de ceux qui auraient peut-être voté pour lui s’il n’avait pas dévoilé son vrai visage dans le débat où une violente altercation l’a opposé à D. COHN-BENDIT. Faisant de « l’anti-sarkozysme primaire » son fond de commerce, il a été mis en faillite par les électeurs qui lui ont aussi administré une gifle magistrale. Il suffisait de voir sa mine déconfite dimanche soir et dans les jours qui ont suivi pour comprendre que le leader du Modem se trouve aujourd’hui dans une situation plutôt inconfortable au sein même de son propre parti. Il l’a bien cherché.

Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne
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Vendredi 5 juin 2009

Ce samedi est le jour de la commémoration du 65ème anniversaire du débarquement du 6 juin 1944 en Normandie. Soixante-cinq années qui nous semblent bien loin aujourd’hui et qui ne représentent certainement qu’une date dans les livres d’histoire pour les plus jeunes générations encore sur les bancs de l’école. Pour ceux des générations précédentes, et sans remonter à celles et ceux qui ont « vécu » la guerre parce que nés juste avant cette période ou pendant ces années noires, nous avons tous eu un parent ou un proche qui se souvenait de l’occupation, des privations, des arrestations, de la chape de plomb qui s’était abattue sur la France pendant plus de quatre ans, puis de cet immense espoir qui a pris naissance le 6 juin 1944 pour se poursuivre le 15 août avec le débarquement dans le sud de la France, commémoré de manière symbolique le 8 dernier par le Président SARKOZY.

Bien sûr, ceux qui ont vécu cette période se souviennent aussi que, dans les mois qui ont précédé, l’Allemagne commençait à reculer sur tous les fronts, notamment à partir du moment où les États-Unis avaient mis en route leur extraordinaire puissance industrielle qui a permis, pour commencer, à la Grande-Bretagne de tenir tête militairement, seule pendant assez longtemps, aux Nazis. Il serait bien que certains Français, qui ont la «mémoire courte » comme l’avait dit un maréchal tristement célèbre, ne l’oublient pas. Du moment où la France avait capitulé, en mai 1940 et jusqu’à l’entrée en guerre des Américains après l’attaque sur la base navale de Pearl Harbour en décembre 1941, il n’y avait qu’un seul pays face à l’Allemagne d’HITLER. Celui-ci décidait plus tard d’abandonner l’idée d’un débarquement sur les côtes anglaises après l’échec de son aviation pendant la « Bataille d’Angleterre » face à la Royal Air Force. C’est aussi grâce aux États-Unis que l’URSS de STALINE (après avoir été tout de même l’alliée des Nazis au début de la guerre, ce que les communistes ont longtemps «évacué» chez nous) a pu ensuite tenir tête aux Allemands pour les repousser plus tard. Sans les convois maritimes anglo-américains qui passaient près du Pôle Nord pour débarquer leur matériel à Mourmansk, les Soviétiques auraient mis davantage de temps à desserrer l’étau nazi.

Et c’est après plusieurs années de combats sur tous les points du globe, ce qui avait fait de cette guerre le second conflit « mondial » du 20ème siècle, que des milliers de troupes débarquaient sur les plages de Normandie pour une bataille qui allait durer trois mois. Celles-ci étaient principalement américaines et britanniques, mais aussi canadiennes, françaises, australiennes. Pour la seconde fois en moins de trente ans, les Américains venaient au secours d’une Europe qui avait plié en presque totalité sous le joug nazi pour nous aider à retrouver notre liberté, cette liberté que certains Français avaient remise aux Nazis. Heureusement, dès 1940, un général inconnu alors, Charles de GAULLE, avait décidé de ne pas faire de la défaite de la France une fatalité en appelant à la poursuite du combat contre l’ennemi depuis Londres.

L’étape principale de la reconquête de la liberté pour notre pays, ce fut donc ce débarquement le long des plages de Normandie dont les noms célèbres sont restés gravés, non seulement, dans la mémoire de ceux qui sont passés là-bas il y a 65 ans, mais que des millions de touristes connaissent aussi en se rendant année après année sur ces lieux de mémoire et de pèlerinage. Ils sont liés à la liberté que des milliers de jeunes américains britanniques, canadiens ou autres nous ont aidé à retrouver. Ces lieux, ce sont les plages d’Omaha, Juno, Sword, Utah, Gold, la pointe du Hoc, Arromanches, Sainte-Mère-Église où par milliers, des jeunes d’à peine vingt ans pour certains, y sont tombés pour ne jamais revoir leur pays, leur famille. Parmi ces lieux, on ne peut ignorer le cimetière militaire américain de Colleville-sur-Mer où plus de 9.000 tombes sont alignées face à la mer, face à l’ouest, face à l’Amérique . Comme on ne peut ignorer ces autres cimetières militaires où les morts venus d’Outre-Manche ou de plus loin se comptent également par milliers.

Alors, au lieu de « bouffer » de l’Américain ou de l’Anglais comme on l’a souvent fait, y compris dans les années cinquante, à la grande époque du communisme en France, et même plus tard, on prend quelques jours (un week-end de mai où le travail en France est au ralenti), pour aller en Normandie voir les lieux où des « étrangers » resteront à jamais chez nous. Ils n’avaient pas été invités, ils n’étaient pas les bienvenus, ni bien accueillis par ceux qui occupaient nos plages, mais ils sont malgré tout venus nous aider pour faire en sorte que nous redevenions des Français libres.

Certains ne la connaissent pas, mais on peut rappeler quelques lignes des paroles d’une chanson de Michel SARDOU, écrite en 1967 (une éternité), mais 23 ans seulement après le débarquement du 6 juin 1944 : « Si les Ricains n'étaient pas là, vous seriez tous en Germanie, à parler de je ne sais quoi, à saluer je ne sais qui ; bien sûr les années ont passé, les fusils ont changé de mains, est-ce une raison pour oublier qu'un jour on en a eu besoin ? ». Sûrement pas.

Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne
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