Au cas où vous ne le sauriez pas, Michael JACKSON est mort. A l’écoute des premiers bulletins d’information, on avait l’impression d’un désastre sur le monde ou que le Chef d’État d’une grande nation était décédé. Avec la disparition du chanteur, un vent de folie a subitement soufflé sur la planète. Il n’est pas tout à fait retombé et se maintiendra jusqu’aux funérailles ; en France, les télévisions qui n’ont plus de manifestations à se mettre sous la dent, les syndicalistes étant en vacances, congés payés obligent, nous montrent quotidiennement un individu qui se prend pour Michael JACKSON, déguisement inclus, et qui s’agite au coin d’une rue. Même si l’engouement médiatique des premiers jours a quelque peu diminué, le clan JACKSON se charge d’alimenter la chronique car les enjeux futurs pour ses membres se chiffrent en milliards de dollars.
Il faut maintenir la foule des fans, anciens ou tout nouveaux, dans l’adoration de la star et les médias mondiaux participent volontiers à cette mascarade. Cette espèce de transe collective n’est pas nouvelle et avait pris naissance à la suite de l’accident qui avait coûté la vie à la Princesse DIANA à Paris. C’est pratiquement depuis cette époque que la disparition d’une icône donne lieu à des rassemblements spontanés avec dépôts de fleurs et bougies et amoncellements de jouets en peluche et autres messages de toutes sortes, autant de signes d’une implication personnelle de ceux qui s’adonnent à ces rites. On a l’impression que les adultes sont retombés en enfance ! Je ne sais pas ce que peuvent penser ceux qui se revoient sur des documents d’actualité enregistrés lors du décès de DIANA où les scènes de lamentations collectives étaient identiques à elles qui nous sont montrées aux quatre coins de la planète.
Car si Michael JACKSON était une vedette reconnue du show-biz, un artiste (jusqu’à il y a quelques années), il était loin d’être un Dieu, voire un demi ou quart de Dieu.
Michael JACKSON était un personnage du monde du spectacle, même si au début de sa carrière, il était davantage un forçat de la scène et des studios lorsque son père le mettait en avant lors des prestations de la fratrie JACKSON au sein de laquelle le petit Michael était le faire-valoir du groupe. Sans lui, la formation n’aurait pas pesé lourd et serait vite retombée dans l’oubli, y compris au sein de la maison de disque des Noirs de Detroit, la Tamla Motown. Le père n’était naturellement pas étranger à cette situation qu’il a fait subir à son fils de manière tyrannique parce que Michael était celui dont le talent émergeait au milieu des autres membres du clan.
Lorsqu’il a claqué la porte au nez de son père et décidé de voler de ses propres ailes, M. JACKSON a commencé son ascension jusqu’au firmament du show-biz. Pendant des années, il a touché les sommets de la célébrité et de la gloire, mais également les sommets des excès. Contrairement à certains qui s’arrêtent, par choix ou forcés, Michael JACKSON a été pris dans la spirale où il s’était laissé entraîner pour ne devenir plus que l’ombre de ce qu’il avait été sur le plan artistique. Bien avant sa disparition la semaine dernière, on pouvait déjà dire que Michael JACKSON – avait été – un grand artiste, les dernières années étant rythmées par le glissement vers le fond : les problèmes de santé, certains à cause de multiples opérations de chirurgie esthétique, mais également les déboires judiciaires avec des accusations de pédophilie qui ont abouti nulle part, mais l’ont pratiquement ruiné.
Après les hommages d’usage et les larmes, c’est à son héritage que la famille et d’autres vont s’intéresser et celui-ci donnera lieu, à n’en pas douter, à des affrontements familiaux impitoyables. Hormis sa discographie dont les éléments phares sont en train de connaître un regain de popularité depuis sa mort, Michael JACKSON possédait les droits d’auteurs des œuvres des BEATLES qu’il avait rachetés il y a plusieurs années déjà. On peut imaginer que certains avocats américains ont de beaux jours devant eux avec toutes les procédures qui ne manqueront pas de pointer à l’horizon.
Tout ceci jette naturellement une ombre sur le personnage qui est loin de la description que certains en ont fait au lendemain de l’annonce de sa mort. Dans ces circonstances, il est facile de tomber dans l’emphase, l’excès, l’idolâtrie. J’ai été surpris d’entendre les réactions de toutes sortes de gens sur la planète, connus ou inconnus, et notamment celles de Noirs : « Michael JACKSON était l’un des plus grands promoteurs de la cause noire », même si on ne l’a jamais bien vu dans des manifestations ; il représentait, selon, certains, la réussite et le succès des Noirs bien avant l’élection de Barack OBAMA. Dans leur enthousiasme, ces thuriféraires oublient un point, et de taille : Michael JACKSON s’était fait fabriquer une prothèse de nez « à l’occidentale », ses cheveux n’étaient plus frisés et surtout, il s’était fait dépigmenter la peau pour devenir un Blanc ; plutôt surprenant pour quelqu’un que les Noirs veulent porter au pinacle, alors que dans le même temps, des millions d’habitants de l’hémisphère nord vont mettre leur santé en danger en s’exposant au soleil sur les plages pour assombrir leur peau !