Texte Libre

 
 M. Charles RIVKIN, ambassadeur des USA, en visite à VIENNE

Ch. Rikvin-Ambassadeur des USA 

                                                             Commémoration du 19 mars à VIENNE

19 mars 2010                                   




 













                                                                


                                                                                                    

                                                              

Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /Fév /2010 17:00

Comment règle-t-on un problème économique ou social en France ? On lance un appel à la grève. Les organisations syndicales étaient à peine sorties de la réunion à l’Élysée à la demande du Président de la République pour parler des retraites que plusieurs d’entre elles, représentatives comme toujours (alors qu’en France les syndicats sont des nains en matière de représentativité comparés à leurs voisins européens), qu’elles se retrouvaient pour annoncer une journée de mobilisation avec grèves et manifestations pour le 23 mars. Le rituel est donc respecté puisque la CGT, la FSU, l’Unsa, la CFDT et Solidaires ont décidé de faire des bulles dans les rues parce que cette réunion avec le Chef de l’État n’avait apporté « aucune réponse concrète sur l’emploi, les salaires et le pouvoir d’achat ».

Avec une telle déclaration, on peut se demander si les syndicats qui se sont rendus à cette rencontre savent pourquoi ils y sont allés et de quoi ils ont parlé. Je ne pense que le Président de la République les ait fait boire ou drogué au point qu’ils sont ressortis incapables de se souvenir du sujet de la rencontre. Celle-ci portait sur l’avenir des retraites et les réformes que notre pays allait devoir engager pour éviter de plonger un peu plus notre pays dans le gouffre où il s’enfonce depuis des années.

Des réformes ont déjà eu lieu, et d’autres devront suivre compte tenu de la situation démographique de la France qui est identique à celle de ses voisins européens dont la plupart ont déjà pris des mesures depuis longtemps. Mais comme toujours, le plus beau pays du monde, avec la plus belle avenue du monde (les Champs Elysées), où l’on parle la plus belle langue du monde (les autres, c’est bien connu, n’utilisent que des borborygmes), on sait mieux faire que les autres, mais on prend du retard. Comment, avec tous ces PLUS, peut-on être autant en retard sur de nombreux pays, voisins et/ou concurrents, depuis tant d’années ? Il y a certainement une erreur d’aiguillage quelque part.

Les pays européens sont confrontés depuis des années à une même situation démographique marquée par la baisse des naissances et l’allongement de la durée de la vie, le nombre d'années passées à la retraite augmentant également. A ces phénomènes démographiques se sont ajoutés des départs à la retraite de populations de la génération du baby-boom depuis une petite dizaine d’années et la stagnation des effectifs de la population active. Le résultat, c’est une modification du rapport cotisants/retraités avec pour conséquence un poids plus important des retraites dans le Produit Intérieur Brut de chaque pays entraînant un lourd déséquilibre financier.

En France et ailleurs, le défi est de savoir comment financer les retraites. Ce financement passe par une réforme indispensable du système français comme l’ont fait d’autres pays, avec les mêmes pistes qui ne changent pas : l’augmentation des cotisations, la réduction du montant des pensions, l’augmentation de la durée de cotisations, le recul de l’âge effectif du départ à la retraite (en prenant en compte la pénibilité du travail selon les cas), la modification, voire la suppression des régimes spéciaux, une place plus grande au système de capitalisation, l’harmonisation des législations entre le public et le privé.

Aucune des ces solutions ne sera privilégiée par rapport à une autre, mais le Chef de l’État et le gouvernement s’orienteront probablement vers un système combinant plusieurs de ces options pour être plus facilement acceptées.

Sur l’âge effectif de départ à la retraite, pourquoi la France devrait faire exception à ses voisins européens si elle n’arrive pas à régler le problème des retraites auquel elle est confrontée. Au sein de l’Union Européenne, l’âge des départs à la retraite se situe entre 60 ans (pour la seule France) et 67 ans pour le Danemark, pays qui n’est pas réputé pour ses inégalités sociales. La moyenne de la plupart de nos voisins est de 65 ans pour les hommes et de 57 (en Italie) à 61 ans pour les femmes lorsqu’il y a des différences entre les hommes et les femmes, ce qui n’est pas le cas partout.

En recevant les partenaires sociaux cette semaine à l’Élysée, N. SARKOZY a compris qu’il ne servait à rien de précipiter les choses et de vouloir à tout prix faire passer une loi d’ici le mois de juillet comme il l’avait envisagé au départ et comme le souhaitaient certains.

Compte tenu que le Conseil d’orientation des retraites ne pourra pas rendre ses conclusions avant avril (c’est préférable en raison de la période électorale) et en raison du calendrier parlementaire et du nécessaire avis du Conseil d’État sur le projet de loi, on n’imaginait mal un « passage en force » qui n’aurait rien fait d’autre que de braquer tout le monde contre le projet. Comme le dossier est loin d’être simple, il était préférable d’engager une concertation qui prenne le temps nécessaire à l’expression des uns et des autres pour présenter un projet de loi en septembre au vote du Parlement.

La voie choisie par N. SARKOZY est celle du dialogue pour aboutir à un diagnostic partagé à l’automne. Partagé par tout le monde, il ne le sera certainement pas. Mais que proposent ceux qui vont se retrouver dans les rues le 23 mars ? Rien, si ce n’est de raser gratis comme ils savent le faire depuis des décennies. On voit où leur vision à courte vue a mené le pays, notamment depuis cette fameuse loi instaurant un départ immuable à la retraite à 60 ans. Comme si rien ne devait et ne pouvait bouger  en fonction des circonstances, mais aussi et surtout des conditions d’évolution de vie des salariés.
Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne
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Vendredi 12 février 2010 5 12 /02 /Fév /2010 17:00

Depuis quelques semaines que l’euro est attaqué sur les marchés financiers, on ne peut pas dire que l’Europe, en tant qu’institution, que force politique ou géant économique ait vraiment réagi.

La situation financière, au regard notamment de la dette et des déficits de quatre, voire cinq membres de l’Union Européenne, est telle que de forts mouvements spéculatifs ont entraîné l’euro dans une glissade que la monnaie unique n’avait pas connue depuis longtemps. Ces cinq pays, surnommés les PIIGS pour Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne (le S correspondant à la version anglaise de ce dernier pays), ou encore « les pays du club Med » (Irlande exclue) par les investisseurs dédaigneux pour leur laxisme budgétaire, sont confrontés à d’énormes difficultés issues de la crise économique de 2008-2009. L’Irlande pourrait d’ailleurs sortir de ce groupe assez rapidement grâce à des mesures draconiennes prises par son gouvernement pour réduire les déficits. Ces mesures, même si elles ne donnent pas de résultats immédiats, sont un signe pour les milieux économiques et financiers.

Pour les autres, la situation est plus inquiétante. Plus inquiétante en Espagne et au Portugal où la crise financière s’est matérialisée par l’éclatement d’une bulle immobilière qui grossissait depuis deux ou trois ans (en Espagne surtout) et qui a fini par éclater. Ce n’est d’ailleurs pas la première bulle de ce type que connaît l’Espagne, mais celle-ci est particulièrement aiguë car le marché de l’immobilier s’est arrêté net au début de l’année dernière.

L’une des conséquences les pus graves de ces difficultés, c’est une forte augmentation du chômage en Espagne qui atteint aujourd’hui 19% alors que deux ans en arrière, celui-ci était inférieur à 8%.

En matière de déficit, ceux qui se sont accumulés au-dessus de la péninsule ibérique contrastent fortement avec la longue période d’excédents budgétaires que ce pays a connu après les années de pouvoir du conservateur J.M. AZNAR qui avait initié cette politique, poursuivie jusqu’à la crise financière par le socialiste J.L. ZAPATERO. Ces déficits se répercutent sur la dette (même si ce n’est pas tout à fait la même chose) car les états doivent emprunter pour couvrir les dépenses. C’est pourquoi en matière de dette, la situation de l’Espagne est loin d’être dramatique puisqu’en 2009, elle représentait 54% du PIB, contre 77% au Portugal. La dette espagnole est d’ailleurs largement en dessous de la moyenne européenne qui se situe à 84% du PIB, la France étant à 76% et les États-Unis à 80%. Le niveau inférieur de la dette espagnole s’explique par les excédents consécutifs des années précédentes puisque entre 2000 et 2007, l’Espagne faisait partie des pays vertueux de l’Europe, au même titre que l’Irlande avec une moyenne d’excédents entre 0,25 et 1,49%, contre un déficit de 1,85% en zone euro pendant la même période.

Depuis quelques semaines, c’est la Grèce qui inquiète car elle se trouve dans l’œil du cyclone avec l’obligation de prendre des mesures drastiques. Sa dette publique représentait 112% du PIB en 2009 (l’Italie n’étant pas en reste avec 114%) alors que son déficit public atteint aujourd’hui 13% du PIB, contre 11,2% en Espagne et 8% pour le Portugal ou la France.

Tous ces chiffres qui en affolent certains, expliquent que les marchés spéculent sur le risque de défaut des paiements de la dette grecque, la solidité des comptes des pays voisins étant, par ricochet, sous pression alors qu’il n’y a aucune raison, ni valable, ni logique de craindre un effet de contagion.

Puisque l’Europe, et notamment la zone euro, sont dans la tourmente, on aurait pu cependant imaginer une réaction plus rapide des autorités, non seulement monétaires, mais aussi politiques face aux difficultés de certains pays. Un positionnement politique de l’UE aurait peut-être évité à l’euro cette glissade des dernières semaines. Au contraire, rien, si ce n’est le silence radio.

Au moment où ces lignes sont écrites, on ne connaît pas les décisions que devrait prendre le président de la BCE, M. TRICHET dont le retour anticipé d’un déplacement en Australie a entraîné la remontée des marchés.

On entend souvent dire depuis quelques années que l’Europe est un géant économique, mais un nain politique. Elle aurait la capacité, avec une réelle volonté, d’être un géant politique compte tenu de son histoire, de sa géographie, de ses capacités et de son influence.

Elle est peut-être un géant économique par le poids qu’elle pèse dans le monde. Mais ce géant est totalement désarticulé, sans liens entre ses membres, sans coordination. Elle se trouve handicapée dans un monde globalisé où la cohésion, la vision à long terme et l’unité sont primordiales pour peser et être efficace. L’Europe, et surtout la zone euro, en sont loin.

Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne
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Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /Fév /2010 17:00

Les socialistes ont pris leur temps avant de décider de s'attaquer au « cas Frèche ». Depuis combien d'années tergiversent-ils sur la manière de s'éloigner de cet encombrant chef local qui tient littéralement les fédérations du Parti socialiste de sa région ? Il les tient tellement que personne n'a osé bougé un petit doigt, non seulement dans sa région, mais au niveau national lorsqu'il a commis ses précédents dérapages. Et ces dérapages-là sont autrement plus graves et plus symboliques que ce qu'il a pu dire sur Laurent FABIUS. Car au-delà de l'aspect désagréable que cela peut représenter pour lui, il n'en reste pas moins que l'expression que Frèche a utilisée fait partie de la langue française et ne constitue pas une insulte de quelque caractère que ce soit : ni raciste, ni discriminatoire, ni à connotation religieuse.

Les propos précédents de Frèche sont autrement plus graves et n'avaient, à l'époque, entraîné que des sanctions symboliques de la part du parti auquel il appartient (ou plutôt « appartenait » ?). Deux de ses dérapages sont restés célèbres : le premier concernait une association de Harkis proches de la droite qu'il avait assimilés à des « sous hommes » à l'occasion d'un discours tenu en public. Le second se rapportait au sport lorsqu'il avait évoqué le trop grand nombre de joueurs Noirs au sein de l'équipe de France de football.

Il avait fallu attendre ce deuxième écart de langage majeur pour que le Parti socialiste décide son exclusion en janvier 2007 pour avoir tenu des propos « non compatibles avec les valeurs d'égalité et de respect des droits humains » que le P.S. revendique. Pourquoi cette décision n'était-elle pas intervenue après l'insulte raciste à l'égard des Harkis ? Parce que cette association était plus proche de la droite que de la gauche ? On n'ose l'imaginer tellement les socialistes sont toujours prêts à défendre la veuve et l'orphelin ... lorsque cela les arrange.

Pourquoi le Parti socialiste s'est-il enfin décidé à sanctionner – électoralement – le président de la région Languedoc-Roussillon, alors qu'il aurait pu le faire plus tôt ? Tout simplement parce que Frèche s'est attaqué cette fois directement à l'un de ses membres, l'un de ceux qui sont qualifiés depuis plusieurs décennies « d'éléphants du P.S. ». Frèche a touché au troupeau, a osé s'en prendre à l'une des figures légendaires du parti, ce qui a entraîné la réaction de la direction nationale.

On peut s'étonner qu'une formation politique comme le P.S. dont les principaux dirigeants, et d'autres au niveau local, sont toujours prêts à donner des leçons à la terre entière, de moralité, de justice, de « citoyenneté », d'anti-racisme et j'en passe, n'ait pas réagi plus tôt et plus fortement lorsque Frèche dérapait, sur les Harkis ou les Noirs de l'équipe nationale de football. Concernant les Harkis, une grande partie de la classe politique avait alors réagi, et pas seulement la droite ; sur l'affaire des joueurs de football, la polémique s'était vite éteinte.

Pourtant, Frèche n'a jamais été considéré comme un militant et élu le doigt sur la couture du pantalon au sein de son parti et car il a souvent été opposé aux directions successives. Il prétend qu'il n'a jamais été ministre car il était opposé au financement illégal et occulte du parti par la société « Urba » (dans les années 80 et 90), mais aussi aux liens entre MITTERRAND et le collaborateur vichyste René BOUSQUET. Frèche a aussi fortement critiqué MITTERRAND dans un livre publié sous la présidence de celui-ci. Toujours prompt à régler des comptes avec les dirigeants de son parti, il fait remarquer à JOSPIN en 2002 que son programme présidentiel est incompréhensible par les électeurs, ce que ceux-ci avaient d’ailleurs confirmé en l’éliminant du second tour.

C'est pourquoi on peut s'étonner d'une réaction très tardive du parti socialiste après les nombreux dérapages verbaux de ce président de région finalement, mais tardivement, encombrant. Le problème des socialistes est que Frèche a toujours bénéficié de forts soutiens locaux au sein de la gauche, et notamment au sein du Parti socialiste. Ses soutiens vont même au-delà puisque DEPARDIEU a déclaré que «  Georges Frèche est bien plus sympathique que Martine AUBRY et compagnie ». L'acteur reconverti en vigneron (possède-t-il des vignes dans la région de Frèche ?) inclut-il FABIUS dans la « compagnie » ? Il faudrait le lui demander.

En décidant de présenter une liste étiquetée « socialiste » contre Frèche en Languedoc-Roussillon, M. AUBRY fait un pari qui peut être lourd de conséquences. Les hommes et femmes liges de Frèche dans plusieurs départements de cette région vont-ils le laisser tomber ou désavouer la direction nationale du parti ? Elle va devoir gérer les conséquences politiques des incohérences du P.S. depuis plusieurs années en Languedoc-Roussillon puisqu'il n'a jamais osé présenter quelqu'un contre le président du Conseil régional. Celui-ci est un électron libre et la guerre déclarée contre lui par les socialistes pourrait ouvrir des cicatrices difficiles à refermer. En outre, les fédérations de cette région représentent un poids important au moment des votes internes du parti, fédérations qui avaient, comme Frèche, soutenu S. ROYAL à la présidentielle de 2007.

Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne
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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /Jan /2010 17:00

Il est méchant, ils sont gentils. Telles pourraient être résumées les réactions à l’intervention du Président de la République cette semaine devant un panel de téléspectateurs « triés »  par la chaîne organisatrice de ce débat.

Aujourd’hui dans notre pays, tout est matière à excès, surtout lorsqu’il s’agit de N. SARKOZY. Il est vrai que certaines de ses décisions n’incitent pas ceux qui sont des opposants inconditionnels à pratiquer la retenue ou la mesure. Cependant, certaines réactions, qu’elles viennent de milieux politiques ou de certains commentateurs de la presse, ne brillent pas par leur honnêteté, leur tact, voire parfois leur intelligence. Toux ceux-là oublient cependant une chose : que cela leur plaise ou non, N. SARKOZY a été élu par une majorité de Français il y a maintenant trois ans, il est le Président de la République, encore pour deux années au moins, peut-être plus. Et ce n’est pas parce qu’il prend des mesures qui n’ont pas l’assentiment de celles et ceux qui sont ses adversaires politiques – et qui seront toujours les adversaires politiques de quelqu’un qui n’est pas de gauche – qu’il faut le traiter comme certains le font ici ou là. Je ne prends pas particulièrement la défense du Président de la République, mais il ne se comporte pas pire que GISCARD, MITTERRAND ou CHIRAC lorsqu’ils étaient au pouvoir.

Les donneurs de leçons, surtout au Parti socialiste, que nous avons entendus suite à cette émission dont le Président était l’invité ont une fâcheuse tendance à avoir une mémoire plus que sélective, voire plus de mémoire du tout. Les plus jeunes ont vite oublié les leçons qu’ils ont pu apprendre des deux mandats de MITTERRAND. Quant aux plus anciens des socialistes, c’est comme si un grand trou noir s’était abattu sur eux. C’est vrai que nous avons basculé dans un autre siècle il y a déjà quelques années, mais le temps ne les a certainement pas empêché d’oublier certains épisodes glorieux où le locataire de l’Elysée se permettait tout sans que jamais personne n’ose émettre la moindre critique pendant des années. Sur la fin du second septennat, les langues se sont déliées ; mais que d’années pendant lesquelles la presse – « people » ou « pas people » - n’a jamais rien écrit de désobligeant sur un pouvoir qui a été traversé par des scandales autrement plus importants, graves, ou ridicules que l’exhibition d’une montre Rolex ou un séjour sur le yacht d’un ami. Mais c’était MITTERRAND et parce qu’il était socialiste (du moins l’affirmait-il), tout lui était donc permis ?

Revenons sur quelques-uns de ces glorieux moments, importants, graves ou ridicules.

Moins de deux ans après son arrivée au pouvoir, MITTERRAND avait plongé la France dans une situation économique tellement désastreuse qu’elle était au bord de la ruine, avec fortes dévaluations, hausse astronomique du chômage et recul du pouvoir d’achat avec des taux d’inflation à deux chiffres. Ce sont ces évènements qui ont amené la chute du gouvernement MAUROY et l’arrivée aux finances d’un certain DELORS, pour redonner confiance aux milieux économiques mais aussi à nos partenaires européens atterrés de voir la France s’enfoncer. C’était aussi l’époque où certains au Parti socialiste voulaient faire « tomber des têtes » à l’occasion d’un sinistre congrès du parti qui s’était tenu pas loin de chez nous, à Valence.

Les moments graves que notre pays a traversé, ce sont les suicides au sommet de l’Etat, dans l’entourage proche du Président, que ce soit dans l’enceinte même de l’Elysée ou sur les bords de la Nièvre avec le suicide du Premier Ministre P. BEREGOVOY qui avait été jeté en pâture et lâché par ses amis politiques. Ce sont également les « coups tordus » dans lesquels le pouvoir d’alors avait impliqué les gendarmes du GIGN avec la sordide affaire des Irlandais de Vincennes.

Quant au ridicule, il n’a pas manqué sous les septennats de MITTERRAND et faisait partie de la vie politique quotidienne. Il y eut les pots de vin de l’affaire Elf. Il y eut les paires de chaussures de Roland DUMAS, ancien ministre des Affaires étrangères, payées avec des cartes bancaires qui ne lui appartenaient pas. Les Français ont appris, sur le tard, que le Président de la « République » se comportait comme nos souverains des siècles passés en hébergeant dans son palais (doit-on dire ici un palais de la République ?), sa maîtresse et la fille de celle-ci dont il était le père.

Tout ceci ne fait pas partie de l’histoire de la France des années 50 ou 60. C’était il y a moins de vingt ans, sous le règne du socialisme, flamboyant et arrogant au début des années 80, chancelant vers la fin. Ce n’était pas du « sarkozysme », c’était du « mitterrandisme » pur jus.

Je ne suis pas un inconditionnel de N. SARKOZY, mais je crois que certains seraient bien avisés de réfléchir avant de tenir les propos qu’ils répandent sur les ondes ou dans les colonnes des journaux. Ou alors, ils révisent leur histoire de la dernière décennie du siècle précédent ; ils en tireraient certainement des leçons intéressantes.

Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne
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Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /Jan /2010 17:00

Cette semaine a marqué la première année de pouvoir effectif du Président OBAMA après son élection en novembre 2008. Une année de pouvoir qu'il n'a pas du célébrer ou fêter dans la joie et l'allégresse politique. Car la veille de ce jour anniversaire – qui tombait mercredi -, le Président perdait la majorité qualifiée au Sénat des États-Unis dont il a besoin pour faire passer ses réformes et projets de loi les plus symboliques.

Après cinquante années ininterrompues, le parti démocrate a perdu le siège de sénateur du Massachusetts qu'avait détenu Ted KENNEDY pendant trente-sept ans jusqu'à sa disparition en 2009. Dans un état totalement acquis aux Démocrates avec toujours des pourcentages élevés, le siège du « clan » KENNEDY a basculé chez les Républicains sans équivoque. Est-ce un signe d'autres défaites à venir ? Il faut espérer que non pour le président en place. Force est de constater par contre que cette défaite de son camp politique est une forme de désaveu adressé par les électeurs, qui plus est d'un état où les Démocrates sont fortement implantés depuis longtemps, au président et à sa politique.

Désaveu tout à bord à l'égard de son projet de réforme de santé. Comme je le disais récemment dans ces colonnes, certains de nos médias nationaux cédaient une fois de plus à la béatitude en annonçant à grand renfort de superlatifs la victoire de B. OBAMA avant Noël, qui avait réussi à faire adopter son projet de réforme du système de santé américain. Ils oubliaient seulement de dire que ce n'était que le début d'une procédure qui allait devoir être revue en ce début d'année à cause des divergences entre le Sénat et la Chambre des Représentants. Avec la perte de sa majorité qualifiée au Sénat – indispensable pour éviter les marchandages politiques qui ont été nombreux – la Maison Blanche se trouve dans une situation tellement inconfortable que ce projet – l'un des piliers de sa campagne – pourrait bien capoter.

En moins d'un an, le balancier politique semble reparti dans l'autre sens, ce qu'annonçaient déjà quelques victoires républicaines avant les fêtes pour des sièges de représentants au Congrès ou de gouverneurs. Des défaites démocrates avaient d'ailleurs été enregistrées dans des fiefs de ce parti, prélude à la claque de cette semaine qui constitue un revers politique fort pour le président en place. D'ici la fin de l'année auront lieu les élections traditionnelles de mi-mandat (représentants, gouverneurs, juges, etc ...) et elles s'annoncent particulièrement difficile pour le pouvoir en place.

Les Américains ont une opinion plus que mitigée de cette première année de présidence OBAMA. S'ils ont été nombreux à soutenir au plus fort moment de la crise financière les choix que son administration avait faits, très rapidement, le niveau de confiance s'est dégradé alors  qu'ils avaient parfois une impression de flottement dans les décisions prises en matière économique. La rhétorique ne suffit plus et aussi bon soit-il dans ses discours lors de meetings publics, son message n'est plus aussi convaincant. Un peu comme chez nous, et ailleurs, il y a les déclarations de campagne, puis il y a la réalité du pouvoir et ses contraintes.

L'administration précédente avait été fortement critiquée par les Démocrates au moment de la campagne présidentielle, que ce soit en matière économique, de politique intérieure et sur l'action internationale du Président BUSH. Sur le plan économique, B. OBAMA n'a pas été « à la fête » car il a pris ses fonctions au moment où la crise financière était la plus aigüe. Cependant, ce n'était pas principalement sur ces questions que les Républicains avaient été attaqués, mais sur la gestion des conflits en Afghanistan et surtout en Irak. Concernant ce pays, même si un Républicain avait été élu, les troupes américaines seraient parties d'Irak puisque le retrait avait été amorcé. En Afghanistan, c'est le contraire qui a été fait, les États-Unis y envoyant davantage de troupes pour tenter, avec l'aide des alliés de l'OTAN, de mettre un terme à la progression des Talibans, ce qui ne semble pas encore porter ses fruits.

Déception également à l'égard d'OBAMA et d'un camp démocrate donneur de leçons lorsqu'on voit qu'un an après sa prise de pouvoir, le centre de détention de Guantanamo reste opérationnel, les solutions n'étant pas simples à trouver. Comme en outre certains individus libérés sont retournés vers le terrorisme, cela ne plaide pas pour un assouplissement du régime de détention, à Guantanamo ou ailleurs.

Un événement, malheureux, peut permettre au Président OBAMA de reprendre le dessus dans l'opinion américaine, même si cela sera éphémère : le séisme qui a eu lieu en Haïti est en train de montrer l'efficacité américaine dans de telles circonstances. Cela ne lui servira pas à grand chose lorsque les opinions auront oublié, comme elles ont ensuite oublié le tsunami.

Par contre, la réaction de l'administration américaine a été d'une extrême rapidité dans l'envoi de secours sur place, la proximité géographique étant un atout non négligeable dans de telles circonstances. Quelques voix ont fait entendre leur écho dissonant ; elles sont tellement ridicules qu’elles ne méritent pas l’importance qu’elles prétendaient s’octroyer. Quand on entend des propos qui sous-entendent que les Américains ont débarqué à Haïti pour occuper le territoire ou qu’ils sont arrivés en nombre « pour montrer leur muscle », cela veut dire que les journalistes qui les tiennent ont perdu tout repère normal. On ne peut que les laisser à leurs divagations et saluer l’engagement rapide et déterminé des Etats-Unis à la demande de leur Président.

Patrick CURTAUD

Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne

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Vendredi 15 janvier 2010 5 15 /01 /Jan /2010 17:00

L’un des plus gros handicaps qui affecte notre pays et dont on mesure les conséquences calamiteuses au quotidien, fut d’inscrire dans la Constitution de la 5ème République le « principe de précaution ». On l’a considéré comme un progrès au moment de son adoption car la France était le premier pays au monde et le seul à l’avoir fait ; ne peut-on pas se demander aujourd’hui si ce n’est pas l’une des erreurs majeures commises à la fin du siècle dernier ? Ce principe de précaution est paralysant dans de nombreux domaines ; sous prétexte de protéger, il entraîne des absurdités et est davantage perçu comme une entrave qu’une avancée.

Les exemples sont légions et un livre entier pourrait être consacré aux stupidités nées de ce principe de précaution que l’on pourrait rebaptiser « la religion de la frousse ».

L’une des applications les plus courantes concerne naturellement la météo. Je ne parle pas de la période d’intempéries que la France et l’Europe occidentale viennent de traverser et qui n’avait rien d’anormal compte tenu de la saison et qu’en cette période de l’année, il peut tomber du ciel un élément naturel blanc qui peut gêner les déplacements quand les quantités sont importantes. C’est un point que les éminences rassemblées à Copenhague avait oublié ; dommage qu’ils ne se soient pas trouvés au Danemark ces derniers jours.

Le principe de précaution appliquée à la météo, ce sont des niveaux de vigilance pour tout et n’importe quoi, des alertes de ceci ou cela et trois bulletins météo en quarante minutes aux informations télévisées (avant, pendant et après) afin d’effrayer le bon peuple de France. On lui conseille de s’habiller par grand froid, tout ceci au cas où quelqu’un décide de se promener sous la neige en maillot de bain. Cette excentricité est réservée aux Niçois le 1er janvier.

Le principe de précaution, c’est annoncer de violents orages sur l’Isère en été par exemple, en omettant de préciser si c’est l’Isère des montagnes ou celle des bords du Rhône : les menaces peuvent être réelles en un lieu et le temps très calme ailleurs.

En matière de transports, le principe de précaution, c’est dire aux automobilistes de ne pas partir en vacances le jour des départs, mais d’attendre plutôt le lendemain ; si tout le monde suivait ce conseil, chacun devrait alors partir le surlendemain et revenir de vacances trois jours plus tôt.

Le summum et l’absurdité du principe de précaution érigé en mode de gouvernement ont été illustrés par l’affaire de la grippe A H1N1. Notre pays, qui n’allait pas être touché plus que les autres, a montré jusqu’à quel point on pouvait être ridicule.

Cette grippe a fait son apparition il y a environ un an sur d’autres continents. On savait quelle provoquait des décès (comme la grippe saisonnière qui tue régulièrement et plus fortement chaque année) et qu’elle allait concerner l’Europe à l’automne.

A partir de ces données, les autorités sanitaires françaises, le pouvoir politique et les médias ont « flippé ». D’annonces en contre-annonces, de communiqués en conférences de presse, la gestion de la grippe A a atteint des niveaux d’incohérence, de ridicule et parfois d’incompétence rarement atteints dans notre pays. Des responsables politiques à l’ensemble de la chaîne sanitaire, nous n’avons jamais eu de propos clairs, cohérents, utiles et précis.

Après avoir fait monter la pression médiatique au début de l’été, les pouvoirs publics annonçaient les premières vaccinations pour septembre ; celles-ci n’ont commencé qu’en novembre. Ils prévoyaient une seule injection, puis deux par la suite pour revenir finalement au vaccin unique. Les tests envisagés devenaient impossibles à mettre en place et trop chers. La ministre de la santé n’envisageait la vaccination que dans des centres spéciaux, les médecins étant mis hors jeu. Après l’échec de la campagne de vaccination, la même ministre annonçait récemment la vaccination par les généralistes. Mais lesquels ? Ceux qui sont favorables au vaccin ou ceux qui y sont opposés ? Ajoutons à la vaccination, la fabrication des masques et du Tamiflu et on va avoir des stocks, ajoutés à ceux du vaccin, qui vont permettre de soigner toute la planète.

Cette peur sanitaire prend ses racines dans deux évènements passés : l’affaire du sang contaminé dans les années 80 et la canicule de 2003. Depuis, le parapluie a été remplacé par un velum et l’inscription du principe de précaution dans la Constitution n‘arrange rien.

Ce sont des exemples de dérives de la démocratie et nous vivons sous l’influence de ce que TOCQUEVILLE appelait « l’Etat tutélaire et protecteur ». Quand le citoyen vit dans sa bulle individualiste et qu’il ne pense qu’à lui, il s’en remet à l’Etat pour tout le reste : la protection sociale, l’organisation de la vie quotidienne, etc... C’est la prise en charge du berceau à la tombe, c’est du socialisme qui ne dit pas son nom.
Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne
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Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /Jan /2010 17:00

Il se pourrait que les médias français se soient emballés une fois de plus dans ce qu’il leur reste « d’Obamamania ». en annonçant, juste avant Noël, que le Président américain avait réussi à faire passer son projet de réforme du système de santé qu’aucun avant lui n’avait pu conduire. Ce projet qui atteint quelque 870 milliards de dollars a été voté – de justesse – mais pourrait coûter cher politiquement au président dans les mois à venir. B. OBAMA avait quelques raisons de fêter cette victoire, même s’il est encore loin de transformer ces mesures en loi car il y a des différences significatives entre les versions au sein des deux assemblées du Congrès, le Sénat et la Chambre des Représentants. Une élue de New-York a récemment observé que le texte adopté en décembre rendait la version du Sénat peu glorieuse et que les élus de cette assemblée allaient devoir se remettre au travail.

C’est ce qui fait dire à plusieurs commentateurs américains, y compris chez les pro-Démocrates et les indépendants, que B. OBAMA pourrait ne pas se remettre d’une victoire – à la Pyrrhus – qui a mis à mal ses aspirations de compromis inter-partis dont il avait fait un thème de campagne en 2008. En effet, plus le débat s’éternisait et se rapprochait d’une issue positive, plus le Président s’enfonçait dans les sondages. Après la distribution de plusieurs centaines de millions de dollars de « cadeaux » politiques à des sénateurs récalcitrants au projet de réforme du système de santé, B. OBAMA était au plus bas dans des sondages qui indiquaient que 32% seulement des Américains pensaient que le projet de réforme était une bonne idée.

Il faut dire que l’administration actuelle a « mis le paquet » pour convaincre plusieurs élus, notamment démocrates, de soutenir le projet. Cela a permis d’obtenir une majorité, mais au prix de marchandages, comme cela s’est toujours fait, et qui pourraient laisser des cicatrices à un pouvoir souvent qualifié d’hésitant.

Ce prix politique commence à se faire sentir dans les réactions d’élus des deux assemblées. La nécessité pour la majorité démocrate de s’assurer du vote des 58 sénateurs du parti et de deux non-inscrits a donné lieu à des manœuvres et surtout des marchandages qui déplaisent fortement à l’opinion publique car ils vont bien au-delà de la tradition habituelle du lobbying. Des sénateurs des deux partis commencent à s’en inquiéter quand ils ont su qu’un de leurs collègues avait changé sa position sur l’avortement et d’autre sujets après avoir reçu l’assurance d’une rallonge de 100 millions de dollars pour les hôpitaux de son état.

Il n’en a pas fallu davantage pour que les Républicains s’engouffrent dans la brèche et redoublent leurs attaques contre la majorité démocrate et le Président. Dans le même temps, un Représentant démocrate changeait de camp pour protester contre des procédés contre lesquels le candidat OBAMA avait dit vouloir lutter au moment de sa campagne. C’est lui-même qui avait alors attaqué Hillary CLINTON lors des primaires en parlant des « gens de Washington qui jouent le même jeu dépassé ». Il voulait mettre un terme à ce système pour amener de « vrais changements au peuple américain ». Les appels répétés de B. OBAMA pendant la campagne pour changer le système se retournent maintenant contre lui après les vicissitudes qu’a connues le projet de réforme du système de santé. Les déclarations du candidat OBAMA n’étaient que de la rhétorique de campagne visant sa principale adversaire d’alors, Mme CLINTON.

Il y a aujourd’hui un monde entre les intentions déclarées pendant la campagne de 2008 et la réalité politique américaine dont il doit tenir compte, que ce soit sur la question de la réforme du système de santé ou encore en matière de politique étrangère. En promettant de vouloir changer la manière dont le système de Washington fonctionne, il a peut-être, certainement diront certains, pris des engagements qu’il ne pourra pas tenir.

Il devait aussi changer la perception de son pays par l’étranger, par les Européens notamment. Si ceux-ci ne sont pas hostiles, ils émettent maintenant des doutes sur certains sujets.

La « real politik » a rattrapé B. OBAMA : les Etats-Unis sont toujours en Afghanistan (heureusement), ils n’ont pas considéré le sommet de Copenhague comme vital (ils ont certainement raison) et ont passé au bout du compte un « deal » avec la Chine qui transforme le G20 en G2. Avec la dernière affaire de terrorisme, les autorités américaines ont décidé d’élargir les mesures de sécurité pour les passagers en provenance d’autres pays que ceux qui font partie de cet « axe du mal », un qualificatif utilisé par G.W. BUSH pour lequel il avait été vilipendé.

Le Président OBAMA n’a pas la tâche facile. Pouvait-il en être autrement dans ces années de troubles et d’instabilité que nous traversons depuis le 11 septembre 2001 ? Seuls des naïfs pouvaient penser qu’il allait, à lui seul, changer la donne. Malheureusement, certains ne se sont pas encore réveillés.
Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne
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Vendredi 1 janvier 2010 5 01 /01 /Jan /2010 17:00

Après les mois turbulents que l’économie mondiale a traversé et dont elle n’est pas totalement sortie, doit-on aujourd’hui faire le bilan de cette année écoulée, avec les plus et les moins ( car il y a aussi eu des plus) ou doit-on regarder devant nous en essayant de tirer parti de ce que les économies mondiales ont vécu pour envisager des perspectives d’amélioration qui pointent à l’horizon.

A l’aube de 2010, on peut constater qu’en Europe, plusieurs pays sont dans une situation économique et financière plus que délicate : ce sont ceux que les Anglo-saxons qualifient sous le terme de « piigs », sans aucun rapport avec l’animal à quatre pattes dont toutes les parties sont utilisées comme produit de charcuterie. Les « piigs » sont le Portugal, l’Irlande, l’Italie, la Grèce et l’Espagne, ce dernier pays se disant « Spain » en anglais.

Pour 2009, le niveau de la dette de ces pays par rapport au Produit National Brut (le PNB) va de près de 54% pour l’Espagne jusqu’à 115% pour l’Italie ; en ce qui concerne le déficit du budget, toujours par rapport au PNB, il se situe entre 5,3 % pour l’Italie jusqu’à 12,7% pour la Grèce.

C’est dans ce pays que la situation est probablement la plus critique car en plus de difficultés à caractère économique, la Grèce doit une nouvelle fois affronter une crise politique qui pourrait avoir des conséquences néfastes sur le fonctionnement même du pays. Un changement de majorité a eu lieu récemment avec le retour au pouvoir du centre gauche qui a remplacé la coalition de droite qui avait été minée par les scandales, la corruption et une incapacité chronique à diriger le pays. L’avenir ne s’annonce pas meilleur avec ceux qui ont gagné les dernières élections puisqu’il s’agit de la même « dynastie » qui a, à un moment ou un autre, dirigé la Grèce avec les mêmes maux que ceux qui l’ont frappée sous le gouvernement précédent. Cette « dynastie », c’est celle des PAPANDREOU, le nouveau chef du gouvernement étant lu-même le fils et le petit-fils d’anciens premiers ministres grecs. Des politiciens professionnels en quelque sorte, ce qui a fait dire à un ancien responsable grec que le nouveau de la dynastie fait partie de « la même bande d’amateurs » (que les autres de sa famille) « car ils n’ont jamais été capables de gagner leur argent dans le secteur privé ».

Les sortants n’étaient pas mieux, ce même responsable confirmant une rumeur qui circulait à Athènes selon laquelle l’ancien chef de gouvernement KARAMANLIS passait beaucoup de temps devant sa console de jeu PlayStation ! On imagine FILLON, BORLOO ou d’autres chez nous faisant la même chose. L’incompétence, la corruption permanente font de la Grèce un cheval boiteux au sein de l’Europe. Un exemple parlant suffit à illustrer cet état de fait : le ministre de la Santé précédent a commandé 16 millions de doses de vaccins contre la grippe A, davantage que la population totale du pays où seulement un peu plus de 300.000 personnes ont été vaccinées en un mois.

Si les pays ci-dessus ne sont pas à l’aube de sortir de la situation difficile dans laquelle ils se trouvent aujourd’hui, pour différentes raisons, on peut cependant espérer une amélioration de l’économie mondiale en général dont on perçoit quelques signes depuis plusieurs semaines, voire quelques mois.

Comme toujours, ces signes positifs commencent à faire leur apparition aux États-Unis où plusieurs indicateurs annoncent des changements, même s’ils restent ténus, ce qui n’est peut-être pas plus mal non plus pour éviter un optimisme déplacé. Les disparitions d’emplois ont sensiblement ralenti et la production industrielle a même progressé de plus de 1% en novembre. Les ventes de maison et les constructions nouvelles sont reparties à la hausse (comme au Royaume Uni d’ailleurs qui vient de connaître le second mois de reprise des ventes dans l’immobilier). Les ventes de détail ont été meilleures que ce à quoi le secteur du commerce s’attendait, y compris à cause de la période qui précède Noël qui est toujours un moment de forte augmentation des ventes.

Tout n’est pas rose cependant car si la machine économique repart, il n’en faudra pas moins régler la question des déficits abyssaux qui se sont creusés depuis le début de la crise économique et financière, pas seulement dans les cinq pays du groupe « piigs » cités plus haut, mais aussi aux États-Unis, au Royaume Uni, en France et ailleurs dans l’Union Européenne, sans compter toute une liste de pays qui occuperait la totalité de l’espace de cette chronique.

En attendant la confirmation de ces jours meilleurs, je vous souhaite une année 2010 la meilleure possible pour vous et ceux qui vous sont proches.

Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère
Adjoint au maire de Vienne

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Vendredi 25 décembre 2009 5 25 /12 /Déc /2009 17:00

Comme prévu, Copenhague a accouché d’une souris. C’était prévisible depuis la semaine dernière compte tenu des dissensions des uns, du peu d’enthousiasme des autres et peut-être d’un début de scepticisme de la part d’une troisième catégorie qui n’a jamais vraiment eu l’occasion de se faire entendre. Ce sont ceux qui considèrent qu’il peut y avoir matière à discuter entre les « dictateurs de la pensée » qui interdisent toute thèse contraire à leurs théories, mais aussi et surtout leurs engagements politico-environnementalistes, et ceux qui peuvent aussi mettre en doute certaines hypothèses qui envahissent, parfois de manière pas toujours très honnête, le champ médiatique.

Cette conférence de Copenhague sur le changement climatique s’est ouverte sur fond de crise : crise financière, mais aussi crise scientifique car on s’aperçoit aujourd’hui (qui osait le dire il y a encore quelques mois ?) que l’incertitude règne sur des sujets faisant l’objet de prétendus consensus depuis de nombreuses années.

Il est vrai que cette rencontre était un grand défi politique avec le rassemblement en un seul lieu de tant d’intérêts divergents, de responsables politiques qui s’épiaient, se mettaient la pression les uns les autres pour montrer au monde qu’ils s’occupaient du climat. La surenchère médiatique a battu des records pendant cette conférence dont il n’est pas sorti grand chose.  De nombreux pays n’avaient d’ailleurs pas réglé tous leurs problèmes internes, au premier rang desquels les États-Unis où le président OBAMA n’est même pas parvenu à faire passer son « plan climat ». Il faut dire qu’il est empêtré depuis des mois dans sa réforme du système de santé et qu’il doit aussi s’occuper de la situation économique. Résultat, la conférence de Copenhague est passée au second plan. On peut se demander si, en dépit de toutes ses déclarations des derniers mois, le président OBAMA est entièrement convaincu de la démarche engagée avant Copenhague.

Dans un autre domaine, les pays émergents que sont la Chine et l’Inde n’ont pas vraiment l’intention de sacrifier le développement économique de leur pays pour faire plaisir à des militants, plutôt que des scientifiques, à partir du moment où d’autres théories se font jour et viennent contrer la parole en vogue depuis quelques années. Même le Brésil ne joue pas un jeu très clair car, après avoir mis en avant une alliance avec la France pour se présenter en bons élèves, voire aussi en donneurs de leçons, ce dont nous sommes friands, chacun savait que le plan « justice-climat » évoqué par les présidents SARKOZY et LULA ne mènerait nulle part.

Dans les semaines et les mois prochains, on va certainement voir monter en première ligne tous ceux qui vont critiquer le manque d’engagement des politiques, l’absence de résultats de Copenhague (qui voulait vraiment des résultats concrets ?). Mais au moment où des voix font entendre une autre musique sur le réchauffement climatique – elle aussi sérieuse, contrairement à ce que les HULOT, GORE et consorts prétendent -, une réflexion plus profonde s’impose. Pourquoi ne nous dit-on pas que les températures n’ont pas augmenté au cours des dix dernières années, ceci en dépit d’une forte augmentation du CO². Cela ne veut cependant pas dire qu’il ne faut pas réduire les quantités de CO² ; mais la constatation ci-dessus a notamment été faite par le Leibniz Institut en Allemagne et par le « Massachusetts Institute of Technology ». La science du climat est loin d’être précise et les émissions de CO² ne constituent pas des explications à tous les problèmes. C’est ce qu’affirment depuis des années plusieurs centaines de scientifiques, que l’on ne veut pas entendre, mais qui ont néanmoins signé une pétition dans ce sens. Ils ne contestent pas le fait que la température globale aurait augmenté de 0,7° au cours du 20ème siècle, mais font aussi remarquer que la science en matière climatique en est encore à ses balbutiements et qu’il ne faut écarter aucune théorie sur ces questions car on est loin du consensus. Comment peut-on dire que la température atteindra tel niveau dans 30, 40 ou 50 ans alors que l’on est incapable de prévoir le temps de manière précise au-delà de cinq jours quand les conditions atmosphériques sont stables ?

Aujourd’hui, l’urgence est de régler les problèmes de la crise économique : lutter contre le chômage, réduire les déficits publics en relançant la compétitivité des économies. Laissons l’environnement aux scientifiques et non aux producteurs d’émissions de télévision, aux photographes professionnels ou aux politiciens en retraite. Cessons de faire du catastrophisme une religion ou des taxations les solutions à nos problèmes. Entre les taxes de ceci ou de cela, on ne règle rien. Faisons preuve d’imagination, d’innovation : c’est ainsi que le monde a avancé lorsqu’il en avait besoin. Ce n’est pas avec des contraintes que l’on développera l’économie.

Pour terminer, une question : qui va se charger de calculer l’empreinte carbone de ces centaines de déplacements en avion, de journalistes, d’experts et de dirigeants politiques qui ont convergé vers ce petit pays qu’est le Danemark qui a du étouffer par la pollution ? Bon courage à celui qui le fera.

Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne
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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /Déc /2009 17:00

Il est vraiment temps que le rythme effréné de l'actualité ralentisse sinon les médias et ceux qu'ils emploient, ces pauvres journalistes, ne vont pas aborder la trêve des confiseurs dans un état physique suffisamment raisonnable pour en profiter pleinement. Les évènements s'enchaînent avec une telle rapidité et une telle richesse que la longueur des journaux télévisés, les bulletins d'information à la radio ou les pages des quotidiens deviennent trop limités pour parler de tout en profondeur. Et de la profondeur, il en faut.

Il en faut par exemple pour parler du prochain tube des « MTV Awards », cette récompense internationale qui couronne des sorties de disques, des morceaux aussi que les jeunes peuvent voir et revoir sur les chaînes musicales dont MTV – et d'autres – font partie. La dernière production ne concerne pas seulement les médias spécialisés dans le « show biz » mais également la presse généraliste puisqu'elle s'en est emparée. Il s'agit de la première – et on espère toute dernière, compte tenu de la qualité – production vidéo du groupe de rap, hip-hop, de patronage ??? (on ne sait trop comment l’appeler) qui a pour nom UMP. Depuis quelques jours, on peut donc voir sur Internet un clip vidéo intitulé « Tous ceux qui veulent changer le monde » sur lequel s’agitent  des célébrités qui ont pour noms C. LAGARDE, R. YADE, X. DARCOS, V. PECRESSE et d’autres que l'on croyait ministres du gouvernement de François FILLON. Et bien non. Ils ne sont pas ministres, mais « people » et ont décidé de remplacer Johnny HALLYDAY avant que celui-ci revienne sur scène, si jamais il peut le faire.

A quelques semaines du MIDEM, le salon de l'industrie du disque qui se déroule à Cannes en janvier, le gouvernement avait peut-être trouvé un moyen de faire entrer quelques espèces sonnantes et trébuchantes dans les caisses de l'État en faisant se produire des membres éminents de l'UMP. C'est raté et il est préférable qu'ils retournent dans leur ministère respectif s'ils n'ont pas eu la mauvaise idée de prévoir une tournée d'adieux pour remplacer provisoirement celle que Johnny ne peut faire.

Autre occupation majeure de la presse ces derniers jours, la « boulette » d'un sénateur de la majorité qui, au lieu de voter le projet de loi présenté par le gouvernement trouve le moyen de voter, en son nom et celui de certains de ses collègues qui lui avaient donné pouvoir, en faveur d'un amendement communiste. Comment voulez-vous demander à des enfants dans une classe d'être attentif si un sénateur est incapable de faire attention aux papiers – de couleur qui plus est – qu'il doit mettre dans une urne ? Depuis quelques années, les sénateurs avaient réussi à changer la réputation du Sénat où, certains l'affirmaient, ils étaient nombreux à dormir. Le sénateur en question a vraiment du prendre un coup de fatigue.

Autre débat majeur qui agite le monde politique et tient les journalistes en haleine : à qui revient la « paternité » du sigle UDF dont le cadavre semble encore bouger ? La polémique a ressurgi ces jours derniers pour savoir si l'UDF existe même seulement, qui en a repris le flambeau dont la mèche est presque éteinte. BAYROU, qui n'a rien à faire en ce moment pourrait se remettre sur les rangs car il a revendiqué le sigle avant qu'il ne crée son Modem, mais un modem pas vraiment haut-débit. Pour ceux qui s'intéressent à l'informatique, on peut dire que BAYROU se contente d'un petit 512K !

Avec tous ces évènements majeurs pour la planète, on en aurait presque oublié le « Barnum » de Copenhague. Quand vous lirez ces lignes, les plusieurs dizaines de chefs d'états qui avaient rendez-vous au Danemark se seront auto-congratulés, seront – peut-être – repartis avec de bonnes intentions qu'ils rangeront dans un coffre jusqu'à la prochaine conférence, Allez également parler de réchauffement de la plante aux gens de régions qui ont un bon moins 30 actuellement, voire plus froid !

Autre évènement majeur, dont toute la planète France parle : Johnny. Pendant une semaine, « l'idole des jeunes » a fait les premiers titres des journaux télévisés et il a fallu un certain temps avant que cela ne vienne qu'en troisième ou quatrième position. Le pire, c'est qu'on arrivait à nous parler de tout et de rien surtout sans qu'aucun bulletin de santé n'ait été publié par l'hôpital californien où il se trouve. Et d'enchaîner avec toutes les histoires sordides d'assurance, de responsabilité, d'annulation ou non de tournée. Au train où vont les choses, on va bientôt entendre parler d'un « Johnnython » s'il se trouve que notre idole nationale a commis une imprudence dont il serait responsable en prenant l'avion trop tôt après son opération. Sauf s'il y a autre chose qui n'a pas été dite et que l'opinion n'a d'ailleurs pas à connaître forcément.

Pour une fois par contre, les socialistes, notamment leur « Madone » Mme ROYAL n’ont rien dit d’extraordinaire au cours des derniers jours. Si cela avait été le cas, c’était un coup à envoyer de nombreux journalistes à l’hôpital pour dépression. Attendons-nous à une réaction dans les prochaines semaines pour ne pas être en reste après la prestation des ministres du gouvernement actuel. La présidente du duché de Poitou-Charente ferait plutôt dans le comique où elle excelle depuis sa défaite à la présidentielle de 2007. A n’en pas douter, elle va certainement trouver une astuce prochaine pour revenir sur le devant de la scène médiatique et créer du « buzz » pour employer un mot à la mode dans les médias, mais aussi les milieux politiques. Mais les Français sont-ils vraiment intéressés par le « buzz », qui se traduirait en vieux français par « faire parler de soi » ?

Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne
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Bonjour

Patrick CURTAUD
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du Tourisme, des Relations internationales et des T.I.C.
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- Président du Syndicat Rivières 4 Vallées

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