Texte Libre
M. Charles RIVKIN, ambassadeur des USA, en visite à VIENNE
Commémoration
du 19 mars à VIENNE
M. Charles RIVKIN, ambassadeur des USA, en visite à VIENNE
Commémoration
du 19 mars à VIENNE
Les fédérations sportives, notamment la Fédération Française de Football, seraient-elles atteintes d’un masochisme profond au point d’adorer le ridicule, la honte. C’est la question que chaque citoyen français digne de ce nom est en droit de se poser, une nouvelle fois dirai-je, après les sifflets lamentables qui ont accompagné La Marseillaise interprétée, avec courage, par une jeune chanteuse d’origine tunisienne en ouverture du match de football qui a opposé les équipes de France et Tunisie mardi dernier. En 2001, notre hymne national avait été copieusement sifflé et le terrain envahi avant la fin du match lors d’une rencontre amicale entre la France et l’Algérie. Des supporters ??? – devait-on dire des abrutis ? – avaient transformé une rencontre de football en un gigantesque terrain de confusion : deux ministres, d’un gouvernement socialiste toujours prompt à tout excuser, ce qu’elles n’avaient pas fait, avaient alors été les cibles de jets de bouteilles d’eau.
Les répercussions avaient été fortes à cette époque, nos concitoyens n’acceptant pas d’entendre La Marseillaise sifflée, non pas par quelques centaines car le son aurait été couvert par ceux qui la chantaient, mais plutôt par quelques milliers de supporters de l’équipe d’Algérie.
Comme l’expérience n’avait pas été suffisante, on a décidé de la recommencer cette semaine avec une rencontre entre la France et la Tunisie au stade de France. Bien avant que le jeune chanteuse n’interprète notre hymne national, on pouvait s’attendre à ce qu’il soit sifflé tellement les soi-disant supporters présents dans les tribunes étaient prêts. Tout au long de cette interprétation et pour la seconde fois dans une telle rencontre de football, des supporters, dont un très grand nombre sont probablement français, ont copieusement et fortement sifflé l’hymne national. Si l’on pouvait voir des supporters tunisiens normaux dans les tribunes chanter leur hymne national sans siffler le nôtre, on pouvait aussi voir sur les écrans, donc dans les tribunes, ce que certains qualifiaient autrefois de « jeunes-défavorisés-issus-de-quartiers-sensibles » qui n’ont rien fait d’autre que siffler La Marseillaise. Si le comportement de ces individus ne dénote pas chez eux un niveau d’intelligence très développé, si tant est que l’on puisse parler d’intelligence les concernant, on peut se demander pourquoi ils se trouvent en aussi grand nombre, peut-être grâce à des billets qui leur sont généreusement distribués. Contrairement à ce que prétend la secrétaire d’État Fadela AMARA, ce n’est pas une minorité qui a sifflé mardi dernier car au-delà de 2 à 3.000, on ne peur parler de minorité.
On peut aussi se poser la question de la localisation de tels matchs. Pourquoi ne pas envisager de les faire jouer en d’autres lieux que dans la région parisienne où les concentrations de supporters irresponsables et imbéciles sont relativement élevées ? Pas question naturellement de proposer Marseille où, avec ses quartiers nord, on peut penser trouver le même niveau de bêtise. Par contre, un match entre la France et la Tunisie joué à Bordeaux, Nantes, Strasbourg ou une autre ville permettrait aux vrais amateurs de football de voir un match international avec l’équipe de France, de noyer quelques braillards ou siffleurs éventuels au milieu de supporters de notre équipe nationale. En outre, les joueurs tunisiens, ou algériens, n’auraient pas à subir la honte de leurs supporters sifflant l’hymne national français. C’est l’impression que l’on ressentait en voyant le regard de certains joueurs tunisiens qui devaient se demander où ils étaient.
Pourtant, la Fédération Française de Football avaient prévu tous les gadgets possibles : des joueurs mélangés qui entrent sur le terrain, avec des enfants dans la même configuration. Auraient-ils fait la même chose pour une rencontre amicale entre la France et la Suède ou l’Espagne ou le Portugal ? Une chanteuse née en Tunisie mais vivant en France pour chanter l’hymne national tunisien et une chanteuse née en France, mais d’origine tunisienne pour interpréter la Marseillaise avaient aussi été mobilisées. Pourtant, tous les gadgets du « politiquement correct » ont été utilisés, mais sans effet réel. Cela apprendra aux dirigeants de la FFF à faire preuve de davantage de bon sens la prochaine fois qu’ils envisagent d’organiser un tel match.
Dernière suggestion à la FFF et leur entraineur modèle : pourquoi ne pas envisager de distribuer à certains joueurs de l’équipe de France
(l’équipe de France vous avez dit ?), une photocopie des paroles de La Marseillaise. A part trois ou quatre qui la chantaient (GOURCUFF, HENRY, EVRA), ce que l’on a déjà pu constater avant
le match contre la Roumanie, les autres, dont RIBERY ou le gardien, ne faisaient que bredouiller un ou deux mots en fin de strophe ou s’en moquaient totalement. Sans doute la pression ou
l’émotion nous dira-t-on ! L’équipe de France ? Certains donnent l’impression de monter à l’échafaud lorsqu’ils entrent sur le terrain.
Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère
Pouvoir personnel. Dictature. Coup d’Etat permanent. Que n’a-t-il pas été dit ou écrit à propos de la Constitution de la 5ème République dont on a célébré les 50 ans ces jours-ci. Que de manifestations, protestations et autres articles au vitriol contre un texte qui a posé les bases de ce qui est le régime politique de la France d’aujourd’hui. Que ce texte soit en vigueur depuis un demi-siècle en dit plus sur sa qualité et sa valeur que tout autre argument utilisé pour défendre un texte qui était davantage l’objet de critiques au moment de sa promulgation.
C’est suite à l’incurie de la République précédente que cette constitution fut imaginée par ceux qui y réfléchissaient depuis longtemps. Au milieu des années cinquante, le général de GAULLE et certains de ceux qui le suivaient déjà ne pouvaient que constater le gouffre, surtout institutionnel, mais aussi économique et politique, vers lequel la France se dirigeait alors.
Parmi ces hommes, Michel Debré. Envoyé par le général de GAULLE au Parti radical-socialiste, il rejoint le R.P.F. créé par de GAULLE et est élu sénateur en 1948. Dès lors, il devient l’un des artisans du retour du général au pouvoir lorsqu’il déclare un jour : « Comment ne pas crier à tous les Français, on vous trompe et on abuse de votre candeur. Faites comme vos ancêtres de 1789, de 1830 et de 1848 et révoltez-vous ! »
Au moment où le général de GAULLE devient le dernier Président du Conseil de la 4ème République (l’équivalent approximatif de l’actuel Premier Ministre), M. Debré est appelé au poste de Garde des Sceaux pour se voir confier l’élaboration de cette nouvelle constitution que de GAULLE appelle de ses vœux et qui deviendra celle de la 5ème République.
C’est le 28 septembre 1958 que cette constitution est adoptée par référendum afin d’organiser les pouvoirs publics, de définir leur rôle et leurs relations. C’est ensuite le 4 octobre qu’elle est promulguée. Lorsqu’on l’a comparée à celle de la 4ème, ce qui a frappé d’entrée était la stabilité et l’efficacité qu’elle a donnée à notre pays. Il était alors en proie à l’instabilité chronique du pouvoir avec des changements de gouvernement incessants, avec un pouvoir politique soumis à une forme de dictature des partis qui ont mené le régime à sa perte. Les évènements d’Algérie ont également joué un rôle déterminant dans la chute de la 4ème République qu’elle était devenue incapable de régler.
Par contre, dès son entrée en application, cette constitution est devenue la cible de tous les politiciens et partis qui voyaient en elle leur perte : perte de pouvoir, perte d’influence et perte de crédibilité.
Avec la Constitution de la 5ème République, l’État allait retrouver une dignité que les pouvoirs politiques qui s’étaient succédé depuis la fin de la seconde guerre mondiale lui avaient fait perdre. Naturellement, cela ne pouvait plaire à ceux qui s’étaient accrochés à la République précédente, mais qui l’avaient aussi précipité vers l’abime. Ils savaient qu’ils n’allaient plus pouvoir s’adonner à leurs combines politiciennes dont ils avaient profité abondamment.
C’est pourquoi cette constitution a été l’objet des pires critiques, dirigées principalement contre le général de GAULLE accusé de tous les maux. Selon eux, son objectif était d’instaurer un pouvoir personnel, voire dictatorial. Un leader politique alla même jusqu’à parler de « coup d’État permanent » en évoquant la Constitution de la 5ème République. Ce politicien, c’était MITTERRAND qui avait dénoncé un texte qui ne lui convenait pas après son acceptation par le peuple français et sa promulgation ensuite. Pour lui, c’était s’opposer à une pratique, pratique qui aurait pu être différente « si le pouvoir avait été d’autres mains » disait-il.
Avec le recul du temps, on s’aperçoit que MITTERRAND, comme souvent, s’était profondément trompé. Près de 23 ans après la promulgation de la Constitution de la 5ème République, il allait en devenir le garant après son élection en 1981. Quel clin d’œil de l’histoire et quel héritage lui aura laissé le général de GAULLE, devenu lui aussi Président de la République, ce qui lui permit de faire accepter, par référendum, une modification majeure de la Constitution, à savoir l’élection du Président au suffrage universel. Devenu Président, MITTERRAND a endossé tous les habits que lui conférait la Constitution, tous les outils qu’elle mettait à la disposition du Chef de l’État, y compris ce fameux article 16 qu’il avait tant décrié, ou encore le 49-3 qui permettait au gouvernement de faire passer un texte sans vote et qui a été fortement modifié lors de la révision constitutionnelle de l’été 2008.
Cette Constitution a également été très utile et a prouvé son efficacité lorsque, tour à tour, MITTERRAND et CHIRAC ont du diriger le pays en période de cohabitation. Cette disposition n’avait certainement pas été envisagée, ni par le général de GAULLE, ni par M. Debré ; mais ce texte était tellement bien construit qu’il est devenu un outil très efficace en période de cohabitation.
Contrairement à ce que semblent penser certains, à droite ou à gauche, le pays a-t-il finalement besoin d’une 6ème République, donc d’une autre constitution ?
Il y a quelques mois, j’évoquais dans ces colonnes l’Afrique du Sud et les très nombreuses exactions de toutes sortes qui y sont commises quotidiennement. J’en parlais car c’était la grande époque où on clouait la Chine au pilori à propos du Tibet quelques semaines avant les Jeux Olympiques de Pékin. Les Jeux ont eu lieu et ont donné l’occasion à la Chine de montrer son savoir-faire, s’attirant à cette occasion l’ébahissement général de la communauté internationale, y compris ceux qui, tout autour de la planète, avaient joué les matamores par des déclarations tonitruantes contre le pouvoir chinois. Il n’en est plus question aujourd’hui, comme il n’est d’ailleurs plus question du Tibet. Ce pays, son Dalaï-Lama et son peuple sont retombés dans l’oubli et l’anonymat d’où ils venaient d’ailleurs.
Je parlais aussi de l’Afrique du Sud par rapport à l’attribution de l’organisation de la prochaine Coupe du Monde de football à ce pays qui est en train de traverser une période de troubles politiques, économiques et sociaux graves, mais dont personne ne semble parler dans les médias français. Sait-on que le président sud-africain T. MBEKI a été limogé, alors qu’il avait été élu démocratiquement, suite à des accusations réciproques de corruption dans le cadre d’une bataille politique qui l’oppose au chef zulu J. ZUMA ? C’est un communiste pur jus, K. MOTLANTHE, qui est devenu Président de la République sud-africaine, par intérim pourrait-on dire, et qui ne demande rien moins que les jeunes « apprennent à haïr le capitalisme ». Il pourrait trouver un terreau favorable avec la crise financière actuelle, même si les habitants des townships ne savent pas ce que sont les « subprimes » et autres « hedge funds ».
ZUMA devient maintenant le favori de l’élection présidentielle qui se déroulera au printemps 2009, s’ils ne s’entretuent pas d’ici là. Car la violence fait partie du quotidien de ce pays avec un niveau de criminalité vertigineux. La moyenne quotidienne des meurtres est de 50 ; l’an dernier, le pays a connu près de 19.000 meurtres, 40.000 viols, 15.000 invasions de maisons, 14.000 véhicules arrachés à leur propriétaire et près de 120.000 vols aggravés.
Ce climat n’est pas fait pour rassurer les milieux économiques qui perdent toute la confiance dont le pays a besoin. Elle est au plus bas depuis sept ans et l’Afrique du Sud commence à connaître un exode important de « cerveaux » en direction du Royaume-Uni, des États-Unis, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. Cet exode concerne naturellement les Blancs qui sont de plus en plus les victimes de la criminalité (20% des Blancs ont fui le pays depuis 1994, année de l’instauration de ce qui était alors la démocratie), mais aussi de plus en plus de Noirs qui ne veulent plus rester dans leur pays d’origine. Ce sont environ 63% des Sud-Africains qui envisagent de partir un jour face à la montée des extrémistes politiques qui sont incapables de freiner la montée de la violence dans un pays où depuis quelques mois, les autorités ne sont même plus capables de garantir la fourniture d’électricité. Il faudra prévoir les matchs de la Coupe du Monde en journée !
Les candidats au départ font tout pour se procurer des papiers, étrangers notamment en jouant sur la double nationalité, néerlandaise ou britannique surtout. Ces départs massifs concernent principalement les couples dans la tranche 25 – 45 ans ; dans cette catégorie, les deux tiers des couples de Blancs sont déjà partis. Il y a une telle haine à l’égard des jeunes Blancs, quel que soit leur niveau de qualification, qu’ils partent. Même les Noirs qui ont un niveau correct de qualification ont tendance à partir, en direction d’autres pays africains pour certains d’entre eux.
En outre, ce ne sont pas les apparitions du dirigeant ZUMA dans les meetings politiques en tenue de guerrier zulu (peau de léopard et sagaie) qui chante « Apportez-moi ma mitrailleuse » qui va ramener la confiance dans les milieux économiques. Même au sein de l’ANC, le parti au pouvoir (celui de MANDELA, puis de MBEKI), des voix commencent à montrer des signes d’inquiétude sur la tournure que prennent les évènements. Pour résoudre les questions de chômage et de pauvreté, l’Afrique du Sud a besoin de stabilité politique, sinon la croissance qui est encore relativement importante, fondra comme neige au soleil. Même si ZUMA clame qu’il veut travailler avec les milieux économiques et les travailleurs, il ne paraît pas très crédible aux yeux et oreilles des classes moyennes dont une grande partie est maintenant constituée par les Noirs qui ne veulent pas voir leur pays paralysé par un gouvernement de type communiste qui détruirait ce que MANDELA avant commencé à instaurer au fil du temps. Ceux qui peuvent créer des richesses en produisant, les entreprises, mais également les millions de jeunes qui ont une qualification, souhaitent vivre dans un climat de sécurité et de stabilité qui n’est pas celui que leur pays vit actuellement.
J'ai présenté cette semaine la nouvelle responsable des Relations Internationales de la Ville de Vienne, Céline Ducroux.
Cette présentation à la presse m’a aussi donné l’occasion de faire le point sur l’action de Vienne en matière de relations internationales : les jumelages et la coopération décentralisée.
Dans l’année où Vienne célèbre 50 ans d’échanges avec la ville allemande d’Esslingen, il est important de noter que les relations internationales sont un facteur de notoriété majeure pour la ville de Vienne.
Les jumelages ont été le premier axe des ces échanges il y a un demi-siècle et aujourd’hui, Vienne entretient des relations avec 11 villes en Europe, Amérique, dans le Caucase et le Maghreb. Certaines de ces relations sont parfois distendues, mis la plupart vivent de manière régulière au fil de l’année.
Elle est active avec les villes de Goris (Arménie) et El-Jem (Tunique).
En 2002, nous avons souhaité aller plus loin que le jumelage avec la Ville de Goris. C’est pourquoi nous avons signé une convention de coopération décentralisée portant sur la francophonie, la promotion de la langue française, le développement touristique et la santé.
En Tunisie, ce sont des actions dans le domaine du patrimoine et du tourisme que nous soutenons avec également des chantiers de jeunes chaque été entre nos deux villes.
Toutes ces actions en matière de coopération décentralisée sont soutenues financièrement par le Ministère des Affaires Étrangères et Européennes.
Ils sont à l’origine de l’action internationale de Vienne au sortir de la seconde guerre mondiale. Depuis ils ont évolué car les échanges de jeunes se font aujourd’hui au niveau des établissements scolaires.
Deux nouvelles villes jumelles ont rejoint le cercle auquel Vienne appartient : la ville
polonaise de Piotrkow Trybunalski en 2005 et la ville américaine de Greenwich en 2007.
Les soubresauts des marchés financiers la semaine dernière peuvent être comparés au phénomène de yo-yo qu’a connu le pétrole, la différence principale étant la durée.
Depuis la fin du printemps le prix du brut n’avait cessé de grimper pour frôler les 150 dollars le baril. Au début du mois d’août, le prix commençait à baisser, à moins de 100 dollars, puis en dessous de 90 pour remonter fortement en fin de semaine dernière après la secousse des marchés financiers. En ce milieu de semaine, il s’est stabilisé autour de 105 dollars selon les jours.
Les bourses ont vécu un épisode un peu similaire au cours de la semaine précédente, mais sur quelques jours au lieu de quelques mois pour le pétrole. Les pertes ont été fortes sur tous les marchés, de l’Asie à l’Europe en passant par les États-Unis. Il s’agissait donc bien d’une secousse mondiale, provoquée principalement par la crise des sub-primes de l’autre côté de l’Atlantique l’an dernier. Cette crise s’est traduite par des faillites de banques à travers le monde, aux États-Unis naturellement, mais aussi en Europe où plusieurs établissements bancaires ont souffert. Comme en outre les plus grandes banques d’affaires américaines étaient touchées, c’est l’ensemble de la construction financière internationale qui était menacée. D’autres facteurs ont contribué à cette chute brutale des marchés financiers : la volatilité des cours du brut repartis à la baisse était le signe pour certains d’un ralentissement annoncé d’une situation économique qui ne pouvait que se dégrader. Par un phénomène d’entraînement inévitable dans de telles circonstances, les investisseurs ont perdu confiance et ont vendu en masse.
Un autre événement est venu s’ajouter à ce climat d’incertitude : il s’agit de l’invasion de la Géorgie par les troupes russes pendant l’été qui a fortement alourdi le climat international. Et il n’y a rien que les investisseurs ne redoutent autant que les bruits de bottes. Bien mal en a pris aux Russes. Depuis plusieurs années, l’économie russe est aussi soumise aux lois du marché, avec une forme de capitalisme qui ne dit pas toujours son nom et qui a encore de gros progrès à faire. Les dirigeants russes ont, semble-t-il, sous-estimé ce paramètre car l’aventure géorgienne a également effrayé le marché boursier de Moscou qui a fortement dévissé, à l’image de ce qui s’est passé ailleurs.
Après cette chute importante en quelques jours, la quasi-totalité des marchés à fortement rebondi vendredi dernier avec des gains jamais, ou rarement, atteint en une seule journée. C’est le cas de la Bourse de Paris où le CAC 40 a connu sa plus forte hausse de l’histoire en une seule séance avec un gain de plus de 9%. Depuis, il y a eu un léger retrait et en ce milieu de semaine, il semble que les choses se stabilisent. Jusqu’à quand, personne ne le sait. Les marchés vont-ils être haussiers ou baissiers, personne ne peut le dire, et notamment pas ceux qui ont dit et écrit tout et son contraire entre les lundi 15 et vendredi 19 septembre.
Ce qui m’amène à l’autre parallèle que l’on peut faire entre les deux types de crise, celle du pétrole et celle des marchés financiers. Dans les deux cas, on a pu lire et entendre des commentaires, des prédictions qui ne laissaient aucune place à l’analyse, au recul nécessaire qu’il faut avoir. Je ne parle pas des mesures qui sont indispensables comme la décision prise par le gouvernement américain en fin de semaine dernière. Elles ont permis le rebond des marchés, même si tout est loin d’être réglé. Par contre dire, comme on l’a entendu en Europe, que les États-Unis ne doivent pas agir seul est facile quand on a attendu ce que les 27 n’ont pas proposé. Après tout c’est chez eux que les problèmes les pus graves ont surgi et c’est donc chez eux qu’il fallait commencer de trouver un début de solution. Quand les États-Unis s’enrhument, c’est le reste du monde, et notamment l’Europe, qui a la grippe. Dans ce cas, c’était plus qu’un rhume ce qui explique la réaction outre-Atlantique.
Pendant la période où le pétrole ne cessait d’augmenter, on pouvait entendre ou lire des propos annonçant un baril de brut à 200, voire dans certains cas à 300 dollars. Toujours dans la même catégorie des incohérences, le titre d’un quotidien de la semaine dernière envisageait un baril à 50 dollars, …. le jour même où il repassait la barre des 100 dollars. Tout ceci accompagné « d’analyses sérieuses » de la part des économistes les plus chevronnés.
Avec les secousses sur les marchés financiers, même tonalité dans le style des propos. Quand on entend ou lit qu’il s’agit de « la plus grave crise depuis celle de 1929 », ceux qui avancent de telles affirmations se basent sur quelle analyse ou quelles données, si ce n’est une chute des cours des bourses, suivie d’une remontée vertigineuse. Comparer 2008 avec 1929 ne sert à rien : la situation économique des pays développés n’a aucun rapport avec celle de l’entre deux guerres et les marchés ne fonctionnent absolument pas de la même manière car il y a aujourd’hui des systèmes de régulation qui doivent cependant être, on l’a vu, améliorés.
Il n’y a pas si longtemps que cela, on a déjà vu des salariés de banques américaines qui partaient avec leurs cartons après la fermeture de leur entreprise et on aussi entendu parler de « la plus grave crise depuis celle de 1929 ». C’était juste après les attentats du 11 septembre 2001 qui ont détruit les Twin Towers dans le quartier de Wall Street à New York. A peine un an plus tard, la bourse américaine repartait dans un cycle de hausse qui a duré jusqu’à maintenant. A suivre donc ….
Quelques semaines après l’embuscade dont ont été victimes dix militaires français en Afghanistan, l’agitation médiatique retombe petit à petit. Agitation médiatique car ce drame, pour les militaires eux-mêmes et leurs familles, s’est transformé en véritable « spectacle » avec la publication, il y a quelques jours dans un hebdomadaire français, de photos d’objets pris par les talibans et appartenant à ce soldats.
Nous vivons une époque où le moindre incident ou accident est exploité et monté en épingle par les médias au point d’en faire, dans certaines circonstances, un véritable feuilleton. C’est pourquoi la mort – l’assassinat pour certains ? – de dix soldats a donné lieu à une déferlante médiatique qui a totalement échappé à toute considération militaire, stratégique, voire politique. Comme souvent de nos jours et à la suite d’une tragédie, quelle soit militaire comme dans ce cas ou civile, l’émotion l’emporte largement. Suivent les réactions et l’exploitation politique dont certains ont voulu profiter le plus rapidement possible, bien avant d’avoir consacré le minimum de temps à la réflexion.
Dans les heures qui suivent un événement de ce type, il est facile de prendre des positions pour « coller » à l’émotion du moment ; on profite de la stupeur de l’opinion publique, on se lance dans des déclarations sentencieuses pour faire deux lignes dans les communiqués de presse du lendemain. Ces déclarations visaient à demander pourquoi la France a envoyé des troupes en Afghanistan ou pourquoi nous mènerions une politique de « suivisme des Etats-Unis ». Tout ceci n’est qu’effets de manche sans aucune vision à long terme sur ce qui explique la présence de la France dans ce pays. Cela a permis à quelques socialistes en mal d’existence avant leur dernière université d’été ou à quelques semaines du congrès de Reims de faire parler d’eux face au Président de la République. Cela a aussi donné l’occasion au « lonesome cowboy », expression tirée des aventures de Lucky Luke, qu’est F. BAYROU, de se faire remarquer par des déclarations qui n’intéressent finalement que lui-même. Et encore !
Quelles sont les raisons qui font que les troupes françaises sont présentes en Afghanistan ? Contrairement à ce que certains veulent laisser croire, il ne s’agit pas d’une décision que l’on peut attribuer à N. SARKOZY. Comme il l’a rappelé lui-même peu après l’embuscade mortelle, cette décision avait été prise, conjointement, par le Président CHIRAC et son Premier Ministre d’alors, L. JOSPIN. L’envoi de troupes à cette époque avait été décidé suite aux attentats terroristes du 11 septembre 2001 dont les Américains viennent de commémorer le 7ème anniversaire.
On sait aujourd’hui que le monde doit faire face à une nouvelle forme de guerre, cette fois contre un terrorisme organisé. La France n’en est nullement à l’abri. Elle en a été la victime dans les années 90 ; des pays autres que les Etats-Unis ont du affronter des attentats meurtriers sur tous les continents, les plus proches de chez nous ayant eu lieu à Madrid et Londres. La présence française en Afghanistan, aux côtés de plusieurs autres pays, a pour objectif de traquer les groupes terroristes de talibans dont l’objectif est d’étendre leur influence au-delà des frontières de leur pays. La seule façon aujourd’hui pour les démocraties est d’aller les traquer sur leur propre terrain. C’est donc ce que nous faisons comme le font nombre d’autres pays.
Il s’agit d’une guerre qui ne dit peut-être pas son nom, mais il s’agit tout de même d’une guerre. Et malheureusement, une guerre entraîne des victimes au sein des armées.
C’est ce que certains militaires français interrogés ont d’ailleurs voulu faire comprendre, même si ce n’était pas de manière aussi directe. Les troupes qui sont en opération dans ce pays ne sont pas les militaires qui étaient envoyés sur le front en 1914, 1939, voire en Indochine ou en Algérie. Ce sont des professionnels, préparés à ce genre de situations, d’opérations, de combats. Maintenant, l’argument selon lequel on envoie dans ces zones des « jeunes » inexpérimentés ne tient pas, comme l’ont fait remarquer certains des militaires stationnés dans ce pays. S’ils sont dans les commandos de marine, les régiments de parachutistes ou le régiment de marche du Tchad, comme certaines des victimes, c’est qu’ils ont fait le choix, non seulement de servir le pays, mais de le servir les armes à la main. Leur métier est de défendre la France, même contre un ennemi lointain, ce que certains ne semblent pas voir. L’armée française, dans toutes ses composantes, n’est pas le Club Med, ce qu’il ne faudrait pas oublier, notamment dans la classe politique.
Maintenant prétendre, comme le font quelques « responsables » politiques que nous sommes à la remorque des Etats-Unis, c’est oublier
ce que sont nos alliances dans de telles circonstances.
Patrick
CURTAUD
Conseiller général de l’Isère
Après avoir entendu certains oiseaux de mauvais augure il y a à peine plus de trois mois, nous allions devoir abandonner l’automobile tellement les prix du pétrole augmentaient fortement et régulièrement entre la fin du printemps et le début de l’été. Les verts se frottaient les mains et voyaient leurs prédictions les plus folles se profiler à l’horizon, les fabricants de ces splendides éoliennes salivaient à la pensée d’en installer autant que l’on plante d’arbres ; certains envisageaient peut-être aussi le retour des véhicules à gazogène utilisés pendant la seconde guerre mondiale. C’est probablement cette hausse du pétrole qui a d’ailleurs incité Lance ARMSTRONG à vouloir se préparer pour le Tour de France 2009.
Trêve de plaisanterie. A quelque chose près, on assiste, depuis le milieu du mois d’août, au même phénomène que l’on a connu depuis le printemps, mais cette fois, dans l’autre sens. Le prix du brut qui était monté jusqu’à 150 dollars le baril est passé au-dessous des 100 dollars cette semaine, ce qui a provoqué la réaction des pays de l’OPEP qui ont réduit leur production.
Lorsqu’il montait, chacun y allait de son scénario catastrophe et prédisait, avant la fin de cette année un baril à 200 dollars, certains allant, comme aux enchères, jusqu’à 300 dollars Vous aurez constaté, pour la énième fois depuis des années, que les analystes, prévisionnistes et autres grands spécialistes de l’économie se sont encore une fois trompés sur toute la longueur.
L’objectif était de faire peur et ils ont certainement réussi jusqu’à un certain point. En annonçant des chiffres rocambolesques qui ne s’appuyaient sur aucun fait établi, tant sur le plan économique, que géostratégique ou physique (c’est-à-dire un ralentissement de la production, ce qui était loin d’être le cas), ils ont semé un vent de panique mondial qui s’est répandu comme une traînée de poudre autour de la planète.
Qu’en était-il vraiment ? Ce que l’on savait, c’est que le niveau de production était pratiquement le même depuis des mois et que de telles hausses, fortes et régulières, n’étaient pas liées à cette question. Vers la fin du printemps, certains producteurs du Golfe avaient même évoqué la possibilité d’augmenter cette production au vu d’une demande qui ne cessait de croître en dépit du ralentissement économique des deux côtés de l’Atlantique, ralentissement accompagné d’une diminution de la consommation en Amérique du Nord (principalement aux États-Unis) et en Europe.
Dans le même temps, certains commentateurs, qui n’étaient pas forcément des économistes, attiraient l’attention sur un phénomène auquel personne, et surtout les grands médias mondiaux, n’a prêté une attention particulière. On l’a pourtant lu ou entendu, ici ou là. Il s’agissait d’achats croissants de pétrole par la Chine sur pratiquement tous les marchés. Achats qui ne visaient pas à faire tourner la machine économique qui était en vitesse de croisière et qui allait même devoir ralentir pendant les Jeux Olympiques pour des raisons environnementales, mais qui devaient être faits justement en prévision de ces Jeux. La hantise de la Chine dans les mois qui ont précédé les J.O. était de devoir gérer des troubles politiques ou sociaux divers dans certaines de ses provinces et qu’elle n’aurait pu maîtriser en totalité. Des problèmes d’approvisionnement en pétrole auraient pu s’en suivre avec les conséquences que l’on imagine sur le trafic aérien ou les déplacements de touristes (même si au final ils n’ont pas été exceptionnellement nombreux).
Tout problème qui aurait pu se produire dans les semaines précédant les Jeux aurait fait perdre la face à la Chine, ce qu’elle ne pouvait accepter. Par précaution, elle a donc accumulé des stocks très importants de pétrole. Ce n’est donc pas principalement la spéculation qui a fait monter les cours du baril de brut pendant plusieurs semaines (même si cela a joué quelque peu), mais davantage la pression de la Chine qui a constitué des stocks en tirant sur les marchés mondiaux.
Qu’en est-il aujourd’hui ? Les J.O. sont terminés, même si se déroulent les Jeux paralympiques actuellement, mais l’enjeu pour la Chine n’est plus le même. Les Chinois doivent maintenant écouler ces stocks et ne sont plus autant demandeurs de brut sur les marchés mondiaux. Comme par ailleurs, à l’image de ce qu’il se passe dans les pays développés, la Chine commence à connaître un certain ralentissement économique, sa demande en pétrole brut va aussi se ralentir.
Ce sont tous ces facteurs qui ont provoqué le début de la baisse du prix du brut au mois d’août, avant la fin des Jeux Olympiques, jusqu’à
l’accélération de ces deux dernières semaines. Le phénomène va-t-il se poursuivre dans les prochains mois, surtout avec l’approche de l’hiver et les prix remonter au niveau de l’été ?
Cela va dépendre, entre autre, de l’attitude de l’OPEC.
Patrick
CURTAUD
Conseiller général de l’Isère
Serions-nous, en France, à la veille d’une élection présidentielle ? Nous savons que les Américains auront la leur en novembre prochain comme tous les quatre ans. Ce pays n’a peut-être pas la plus veille démocratie du monde mais sa constitution fait qu’il a les institutions les plus stables. L’élection d’un président et de son/sa vice-président(e) à date fixe, tous les quatre ans, lors d’années bissextiles et olympiques depuis les J.O. de 1948 simplifie grandement la tâche dans ce pays.
En France, nous avons élu notre président il y a un peu plus d’un an et on a pourtant l’impression que la campagne de 2007 n’est pas terminée ou que celle de 2012 vient de commencer. C’est ce que l’on ressentait devant les journaux télévisés du week-end dernier où un temps hors de proportion était consacré aux socialistes. Ils ont fait parler d’eux pendant trois jours, soit en étant passablement en retard, soit en étant tellement en avance qu’ils ne verront pas arriver la présidentielle de 2012. Ils n’avaient d’ailleurs pas davantage vu arriver celles de 1995, 2002 et 2007. Cela n’a pas empêché le Parti socialiste d’être omniprésent sur nos chaînes de télévision jusqu’à plus soif alors qu’il ne s’agissait que du brassage d’air d’un parti politique.
Il faut dire que le Parti socialiste d’août et septembre 2008, c’est un peu comme le mercato du football, ce marché où les clubs vendent et achètent des joueurs. Là, c’était la vente et l’achat des alliances au sein du P.S. et au contraire du football où la date limite des transferts était fixée au 1er septembre à minuit, le Parti socialiste a joué les prolongations avec comme objectif principal de marquer des buts contre son camp. Remarquez, on ne s’en plaindra pas. Si on entend souvent dire que la France à la droite la plus bête du monde, le pays a aussi la chance d’avoir les socialistes les plus nuls au monde.
Ce mercato socialiste est pire que les tractations des grands clubs européens. Le problème de l’équipe socialiste est d’avoir plusieurs joueurs qui jouent aux mêmes postes, sauf les gardiens qui sont peu nombreux. Par contre, ils veulent tous porter le brassard du capitaine pour être un jour le patron du club à la rose, c’est-à-dire candidat à la défaite présidentielle.
Il y a d’abord ROYAL qui depuis qu’elle s’est retrouvée en position d’attaquante la saison passée ne veut pas modifier son jeu. Elle s’y est enfermée et n’écoute plus rien, ni personne. Elle attaque, elle joue les victimes, jusqu’à prétendre que l’adversaire lui « cambriole » le ballon et encaisse tacle après tacle lors des matchs « amicaux » internes. A l’attaque, EMMANUELLI fait encore quelques percées, mais sans convaincre. Il est un peu comme certains des joueurs de la brillante équipe de France de football de l’euro de juin dernier : sa date limite est un peu dépassée.
Au milieu de terrain par contre, il y a du monde. On a MOSCOVICI qui s’est vite trouvé hors jeu, sans soutien des autres, donc lâché par les siens au stage d’entraînement de La Rochelle la semaine dernière. FABIUS est toujours là, en milieu omniprésent au cas où quelqu’un lui piquerait sa place, tellement au milieu qu’il aurait pu être centriste dans sa jeunesse s’il n’y avait pas eu GISCARD.
Pour l’instant, le meilleur milieu de terrain des socialistes est sans nul doute DELANÖE. Il ne veut tellement pas froisser ses camarades de jeu (c’est le terme socialiste pour coéquipier, même si la camaraderie est franchement absente) qu’il s’obstine à rester dans le rond central sans se positionner, ni à l’aile droite, ni à l’aile gauche.
Un autre se verrait bien milieu de terrain, mais il joue actuellement hors de France suite à un transfert en cours de saison l’an dernier ; c’est STRAUSS-KAHN qui n’est pour l’instant que remplaçant.
Les lignes arrières sont quant à elles brouillonne. Il faut dire qu’avec AUBRY comme arrière gauche, les socialistes ne vont pas vraiment aller de l’avant puisqu’elle est l’une des responsables du recul de la France avec sa loi qui nous a fait perdre tant de points dans les classements internationaux. Elle essaye bien de monter vers le milieu du terrain, mais ses camarades ne veulent pas vraiment lui confier le ballon.
Un autre arrière, qui joue un peu le rôle de libéro, c’est MONTEBOURG. Toujours à en faire à sa tête celui-là. Dès qu’il s’agit de crier après l’un de ses camarades, il est loin d’être le dernier ; c’est pourquoi il en agace plus d’un avec ses excès de donneur de leçon permanent.
Reste le gardien : un peu comme Oliver KAHN, le gardien de l’équipe d’Allemagne et du Bayern Munich qui a mis un terme à sa carrière cette semaine. Il crie sur le terrain, il tance ses camarades parce qu’il en a marre de cette cacophonie au sein de l’équipe socialiste et surtout d’encaisser les buts de l’adversaire. Le gardien, c’est MAUROY qui en tant qu’éléphant parmi tous les éléphants du P.S. essaye de garder la maison tant bien que mal.
Il y a naturellement des remplaçants comme VALS, PEILLON, DRAY, mais les autres ne veulent pas les laisser entrer en jeu.
Et l’entraîneur dans tout cela, le DOMENECH des socialistes ? Il prend le chemin que DOMENECH va peut-être suivre prochainement : il part. Il part, HOLLANDE, il tire sa révérence, avec au Parti socialiste des résultats presque identiques à ceux de celui qui est encore (pour combien de temps ?) l’entraîneur de l’équipe de France de football.
Dans ce mercato socialiste jusqu’au prochain congrès dans deux mois, il va y en avoir des achats de joueurs, des transferts, des changements de position. ? Et dire qu’ils voulaient porter la coupe après la présidentielle de 2007. Heureusement que le ridicule ne tue pas, sinon tous les socialistes seraient morts !
Il semble que l’été soit toujours une saison propice pour les coups de force, soviétique dans le cas de l’invasion de la Tchécoslovaquie il y a quarante ans, de l’Afghanistan en 1979, russe aujourd’hui avec l’invasion d’une partie du territoire de la Géorgie. Les méthodes sont les mêmes, seules les circonstances sont quelque peu différentes.
En 1968, suite au « Printemps de Prague » lorsque la Tchécoslovaquie avait fait une tentative pour sortir du giron soviétique et aspirer à davantage de liberté, les chars soviétiques avaient mis un terme à ces velléités car ce pays faisait alors partie du « Pacte de Varsovie », cette alliance forcée que l’U.R.S.S. avait imposé aux pays qu’elle occupait depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. On connaît la suite : des morts, des arrestations, des tortures, des déportations (que les Nazis n’étaient pas les seules à pratiquer). Toute la panoplie du régime totalitaire avait alors été mise en place, sur le modèle déjà bien rodé après la répression de la révolte hongroise en 1956.
En 1979, c’est en Afghanistan que le pouvoir soviétique avait sorti ses blindés de la rouille en envahissant ce pays avec près de 300.000 hommes. Cette guerre, l’URSS l’avait engagée pour maintenir en place le pouvoir marxiste qu’elle avait installé un an auparavant car le pays se tournait vers l’Occident, pouvoir qui peinait à se maintenir. Cette invasion avait mis à mal les espoirs d’amélioration durable des relations Est-Ouest. La guerre avait alors duré dix ans, coûté la vie à plus de 15.000 soviétiques et entraîné la mort de plus d’un million d’Afghans, cinq millions fuyant vers le Pakistan et l’Iran.
Comme en informatique, c’est un copié-collé que les Russes utilisent aujourd’hui avec la Géorgie. On attise les rancunes ici ou là, en l’occurrence l’Ossétie du sud et l’Abkhazie, on provoque et on entraîne une réaction du pays qui se sent menacé, dans ce cas la Géorgie, et on trouve ensuite un prétexte pour intervenir. A la manière soviétique, l’intervention a été brutale, impliquant des dizaines de chars et d’avions qui ont bombardé, non seulement les positions de l’armée géorgienne en Ossétie du sud, mais aussi des cibles civiles dans un pays souverain, dont le pouvoir est démocratiquement élu.
Même si les forces russes ont évacué quelques positions en début de cette semaine, on voit que l’engagement pris il y a une dizaine de jours de quitter la Géorgie n’était que du vent. Les Russes font ce qu’ils veulent, comme les soviétiques autrefois et ne partiront des positions qu’ils occupent en Géorgie qu’au moment où ils le voudront. Aujourd’hui, les Russes reconnaissent l’indépendance des deux provinces qui faisaient partie du territoire de la Géorgie sans que personne ne réagisse vraiment. Pourquoi ne se priveraient-ils par alors d’aller plus loin, notamment en agressant l’Ukraine un jour ?
Son président, Viktor Yushchenko, considère son pays comme otage de la Russie qui conduit, ou voudrait conduire, des guerres contre des états souverains de l’ancien bloc soviétique. Il a aussi pointé du doigt les faiblesses des Nations Unies et des autres organisations internationales. Dire que certains, à l’Ouest, s’opposent à ce que des pays comme la Géorgie ou l’Ukraine adhèrent à l’OTAN.
On comprend que les Russes voient d’un mauvais œil l’appartenance à l’OTAN d’une majorité de pays d’Europe centrale autrefois dans le giron soviétique. Ils devraient ne pas oublier que le monde a changé depuis la chute du mur de Berlin. Et si l’Occident a besoin des Russes, autant sur le plan économique et politique, notamment dans le cadre de la lutte contre le terrorisme international, les Russes ont aussi besoin de l’Ouest car leur pays comprend aussi des régions qui sont loin d’être stables sur le plan politique et qui pourraient très bien être des foyers de forte montée de l’islamisme, comme la Chine en connaît et va en connaître dans le futur.
Le président russe MEDVEDEV bombe le torse et déclare qu’on ne peut écarter la possibilité d’une « guerre froide », mais que son pays ne la souhaite pas. Ce serait comique si ce n’était pas aussi grave car on se croirait revenu au bon vieux temps des déclarations des Khrouchtchev, BREJNEV, ANDROPOV ou d’autres formés dans le moule du KGB comme PUTIN. « Il n’y a aucun gagnant dans une guerre froide » a-t-il poursuivi. Son pays devrait le savoir et s’en souvenir car c’est bien ce climat de guerre froide maintenu par les soviétiques pendant des décennies qui a amené l’ex-URSS au niveau d’extrême pauvreté qui était le sein et dont elle commence à peine à sortir.
Comme l’a dit le président géorgien, la Russie veut « changer les frontières de l’Europe par la force ». On pourrait ajouter : ce qu’elle n’a pas réussi à faire dans les Balkans en soutenant des individus comme MILOSEVIC et le sinistre KARADZIC arrêté récemment. Les régimes ont changé au fil du temps, mais pas les méthodes, que ce soit sous les tsars, la dictature soviétique ou un pouvoir russe « démocratiquement » élu.
Il paraît que l’Europe serait « toquée » d’OBAMA. Si les Européens votaient, on nous dit qu’il serait élu Président des États-Unis. Le problème c’est que ce sont les Américains qui élisent leur Président et qu’ils n’ont strictement rien à faire de l’opinion des Européens. Bien au contraire, le fait que l’Europe soit atteinte, comme on dit, « d’Obamania », peut représenter un inconvénient de taille pour le candidat du Parti démocrate. Le fait que de nombreux médias français, et notamment le service public de l’audiovisuel fasse presque campagne en faveur de ce candidat de manière grotesque n’est pas non plus un signe très favorable pour celui-ci. Dans le passé, une grande partie de la presse française avait vanté les mérites des candidats GORE et KERRY lors des présidentielles américaines de 2000 et 2004 ; dans les deux cas, c’est G.W. BUSH qui a été élu. Lors des récentes élections italiennes, PRODI avait eu les faveurs de la presse, c’est BERLUSCONI qui a été élu. Chez nous, l’an dernier, une grande partie des médias, particulièrement dans le secteur de l’audiovisuel, y compris public, ne jurait que par Mme ROYAL. On sait qui a été élu.
C’est pourquoi, certains seraient bien avisés d’être prudents car les élections américaines sont loin d’être faites comme le montrent les sondages préélectoraux aux Etats-Unis et dont on nous a peu parlé en France pendant l’été. Et pour cause car ils sont loin de donner Barrack OBAMA gagnant. Tout dépendra du choix que chaque candidat fera pour le poste de vice-président.
Cette prudence devrait aussi s’appliquer au Président SARKOZY qui a déclaré fin juillet que « si OBAMA est élu, les Français seront très heureux ; si c’est un autre, la France sera l’amie des Etats-Unis ». En ce qui me concerne, si McCAIN est élu, j’en serai très heureux ; si c’est un autre candidat, les Etats-Unis seront toujours nos amis » !
Ce ne sont donc pas les 200.000 personnes présentes à Berlin qui vont influencer en quoi que ce soit le choix des électeurs américains qui n’ont aucune leçon de démocratie à recevoir de la part des Européens. En plus de deux siècles d’histoire, ils n’ont jamais connu des dictatures comme de nombreux pays européens en ont vu pendant la presque totalité du 20ème siècle : Russie, Allemagne et Autriche, Italie, toute la partie de l’Europe soumise à l’occupation soviétique pendant près de cinquante ans, l’Espagne, le Portugal, la Grèce. A part les pays d’Europe du nord et la France, tous les autres ont connu, à un moment de leur histoire récente des périodes de pouvoir personnel. Pas de risque identique de l’autre côté de l’Atlantique ; à deux reprises, les Américains sont même venus sauver les Européens de leurs démons et leur ont ensuite fait bénéficier de leur protection pendant plusieurs décennies quand nous étions menacés par l’empire soviétique.
Après son passage à Berlin où il a voulu imiter KENNEDY, le candidat OBAMA a fait un bref détour par Paris (une heure) et a passé ensuite une demi-journée à Londres. On remarquera qu’il a aussi fait de la politique, à destination de ses concitoyens, en consacrant davantage de temps à un pays qui a toujours été plus proche du sien (le Royaume-Uni) que la France qui n’a jamais ménagé les U.S.A. au cours des années récentes en donnant des leçons permanentes en matière de politique étrangère.
On le voit, OBAMA s’est comporté en bon politicien lors de sa tournée européenne : calculateur. Il n’a rien fait qui choque son électorat, qui soit un sujet de controverse. Il a tout pesé, y compris le temps qu’il a passé dans chacun des pays européens les plus proches des Etats-Unis, à savoir l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France. C’est pourquoi les élans d’enthousiasme que nos journalistes vont chercher chez nous jusque dans les banlieues sont ridicules. Ils nous trouvent même quelques personnes qui appartiennent comme le dit le « politiquement correct » aux « minorités visibles », qui affirment se reconnaître en B. OBAMA au point de lui écrire des « poèmes » en slam. Pauvres naïfs que ces gens-là. Ne se rendent-ils pas compte que Barrack OBAMA appartient, de par sa fonction et son rôle, à la bourgeoisie noire américaine qui a réussi parce qu’elle a travaillé, a trouvé sa place dans la société américaine qui n’est plus celle des années soixante ? Dans les grandes lignes de son programme, il annonce qu’il ne se préoccupera pas particulièrement – ou uniquement – des populations pauvres. Il se dit « progressiste » mais il ne prévoit pas un système de santé généralisé pour tous. Progressiste vous avez dit ?
Le problème de Barrack OBAMA est de savoir si les Américains peuvent lui faire confiance. Il n’a même pas fait un
mandat complet de sénateur, ce qui en terme d’expérience équivaut pratiquement à zéro, notamment en matière de politique internationale. Lorsque certains sujets nécessitent des précisions, des
connaissances, il bafouille et se perd dans les explications. Cela risque d’être un peu léger aux yeux de ses concitoyens au moment du vote en novembre prochain. Et la comparaison avec KENNEDY ne
fait pas un programme. De plus si on veut parler de KENNEDY, doit-on y inclure les zones d’ombre qui ont souvent entouré le clan KENNEDY ?
Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère
Adjoint
au maire de Vienne
Patrick CURTAUD
- Conseiller général de l'Isère
- Adjoint au maire chargé de la Culture, du Patrimoine,
du Tourisme, des Relations internationales et des T.I.C.
- Conseiller communautaire de la C.A.P.V.
- Président du Syndicat Rivières 4 Vallées
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