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Patrick CURTAUD
- Conseiller général de l'Isère
- Adjoint au maire chargé de la Culture, du Patrimoine,
du Tourisme, des Relations internationales et des T.I.C.
- Conseiller communautaire de la C.A.P.V.
- Président du Syndicat Rivières 4 Vallées

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Lancement du tournoi international de rugby "A l'Ouverture" pour les moins de 15 et moins de 17 à Vienne en présence du député-maire de Vienne, J. REMILLER, du maire des Côtes d'Arey P. GAGNAIRE et de la cheville ouvrière du tournoi depuis sa création en 2006, Daniel BEAUBOUCHEZ.

Vendredi 27 juin 2008

Ah la belle Afrique. Continent de contrastes, de couleurs, de peuples accueillants. Peut-être sont-ce les publicités des brochures qui vantent les qualités, beautés, atouts des multiples pays où les touristes sont – devrais-je dire étaient – les bienvenus. On doute aujourd’hui que les touristes se précipitent en grand nombre sur ce continent étant donné la tournure que prennent les évènements dans plusieurs pays qui étaient autrefois relativement paisibles, accueillants, calmes, même si tout n’était pas parfait, et qui deviennent au fil du temps des lieux de moins en moins fréquentables.

Je ne parle pas bien sûr du Zimbabwe sur le quel je reviens plus loin, mais d’autres tels que le Kenya, l’Afrique du sud, la Tanzanie, ou d’autres de la sphère francophone comme la Côte d’Ivoire.

Au Kenya, les troubles qui s’y sont déroulés après les élections du mois de janvier ont refroidi l’enthousiasme pro-africain de milliers de touristes qui croyaient ce pays à l’abri des soubresauts qui agitent en permanence de nombreux états africains. Ralentis les safaris photos, les visites de parcs nationaux, sources d’entrée de devises en grande quantité. Pour une fois qu’un pays avait réussi, dans la stabilité, à faire du tourisme une source de revenus importante faisant vivre des milliers de gens, il a fallu que quelques centaines d’individus remettent en cause une forme de prospérité économique, à l’échelle de l’Afrique, tout ceci pour des considérations bien souvent ethniques dans la plupart des cas.

Malheureusement ces troubles au Kenya ont eu des répercussions économiques défavorables sur la Tanzanie voisine où de nombreuses visites de touristes ont été annulées au cours des derniers mois à cause du phénomène de contagion. Si les touristes ne vont plus au Kenya, ils ne vont plus en Tanzanie pour y voir le Kilimanjaro ou le parc national puisque près de 40% des touristes qui visitent la Tanzanie sont passés auparavant par le Kenya.

Depuis plusieurs mois, l’Afrique du Sud n’est plus à l’abri d’émeutes xénophobes graves dans un pays présenté à un moment comme un exemple. Là-bas, le risque est plus grand puisque, comme je l’écrivais dans un précédent éditorial il y a quelques mois, la communauté internationale a eu le tort de confier l’organisation d’une compétition majeure comme la Coupe du Monde de football à ce pays sans en mesurer vraiment les conséquences. Il est aujourd’hui le théâtre de violences xénophobes d’un niveau très élevé, les locaux accusant les « étrangers » de « manger le pain des Sud-africains » pour parodier un ancien humoriste français. L'Afrique du Sud, le pays le plus riche du continent noir, a été considéré depuis des décennies comme un paradis par les habitants de ses voisins pauvres. Ce sont par conséquent près de cinq millions de personnes qui auraient franchi les frontières pour travailler dans les mines, usines et secteur du tourisme sud-africain. Ces immigrés sont donc accusés de voler le travail des Sud-africains et d’être à l’origine de l’augmentation de la criminalité.

Bizarre que l’on n’entende pas nos bonnes âmes moralisatrices évoquer le comportement de ces Sud-africains qui refusent l’étranger sur leur territoire alors qu’ils sont les premiers à fustiger le premier Européen ou Français qui ose évoquer la limitation de l’immigration en le traitant de tous les noms d’oiseaux possibles.

En Côte d’Ivoire, pays autrefois plutôt prospère économiquement, la corruption, les combines politiques ont entraîné une situation telle que la France a du renforcer sa présence militaire, ne serait-ce que pour éviter les luttes intestines entraînant des massacres entre populations d’origines différentes. Par ricochet, des violences anti-françaises ont envenimé la situation à la fin de l’année dernière, enlevant l’envie à certains  de nos ressortissants de rester dans ce pays ou d’y aller en vacances.

Et nous avons aussi le Zimbabwe. La situation y est quelque peu différente en ce sens que ce n’est pas un pays qui attire les touristes et ce depuis bien longtemps. Depuis des décennies le président MUGABE tient son pays dans une main de fer par la violence, les exactions, les assassinats, les enlèvements et s’enrichit sur le dos d’une population de plus en plus pauvre, non pas chaque année ou chaque mois, mais chaque jour. Un dollar américain vaut aujourd’hui des milliards de dollar de ce pays et ce qui reste de l’économie s’enfonce totalement. Le président est un pantin qui se déguise comme s’il allait au carnaval qui est, chez lui, permanent. Après un premier tour de l’élection présidentielle qui s’est tenu il y a plus de trois mois, il organise cette semaine le deuxième tour sans opposant, celui qui était face à lui ayant décidé de jeter l’éponge et de se réfugier dans les locaux de l’ambassade des Pays-Bas.

Dans le même temps, la « communauté internationale » se désole, comme elle s’est désolée avec les massacres en Somalie il y a quelques année et plus récemment au Darfour pour lequel personne ne faisait rien. Elle  laisse le pantin s’agiter, tuer ses propres concitoyens parce qu’ils sont contre lui et attend que le temps fasse son œuvre en espérant – secrètement – que quelqu’un, au Zimbabwe, se débarrasse de lui. Pourquoi n’applique-t-on pas à MUGABE ce qui a été fait, soit pour MILOSEVIC en Serbie ou Saddam HUSSEIN en Iraq ? Même les Africains pourraient aider la « communauté internationale ».

Patrick CURTAUD

Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne

- Publié dans : Patrick CURTAUD
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