Patrick CURTAUD
- Conseiller général de l'Isère
- Adjoint au maire chargé de la Culture, du Patrimoine,
du Tourisme, des Relations internationales et des T.I.C.
- Conseiller communautaire de la C.A.P.V.
- Président du Syndicat Intercommunal d'Aménagement
Hydraulique des 4 Vallées du Bas-Dauphiné
| Juillet 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | ||||||
|
||||||||||
Lancement du tournoi international de rugby "A l'Ouverture" pour les moins de 15 et moins de 17 à Vienne en présence du député-maire de Vienne, J. REMILLER, du maire des Côtes d'Arey P.
GAGNAIRE et de la cheville ouvrière du tournoi depuis sa création en 2006, Daniel BEAUBOUCHEZ.
Encore et toujours le pouvoir d’achat. Une information intéressante a été donnée la semaine dernière, quasiment en catimini, mais qui aurait pu s’avérer utile aux Français. Seulement elle n’était pas sensationnelle : elle ne traitait pas de la hausse du prix du baril de pétrole brut ; elle n’annonçait pas une hausse du nombre de demandeurs d’emplois ; elle ne parlait pas de la fermeture d’une entreprise avec plusieurs dizaines de licenciements à la clé.
Non, en ces temps de crise du pouvoir d’achat, de « porte-monnaie vide » comme se plaisent à nous le dire en permanence les présentateurs de journaux télévisés à sensation, l’information était tout simplement la suivante : au mois de mai, la consommation n’a jamais été aussi forte avec une progression de 2%. Et pan sur le pouvoir d’achat et tous les oiseaux de mauvais augure de nos journaux télévisés et radio. Et pan sur les doigts de ces prédicateurs qui annoncent une consommation en berne au moins une fois par semaine.
Si l’on regarde de plus près, le mois de mai était l’autre mois des vacances des Français, avant le mois d’août. Qu’ont-ils donc fait en mai s’ils ont moins travaillé ? Ils ont consommé. Ils ont consommé des week-ends, donc de l’essence, des péages d’autoroutes, des billets de train ou d’avion, de l’hôtellerie et de la restauration, mais aussi des visites, des parcs à thème, etc …
Si la consommation des Français a augmenté, cela signifie quoi ? Qu’ils ont les moyens de consommer, de voyager, de sortir, de s’offrir des loisirs, même parfois des loisirs haut de gamme. Il n’était que de constater les files d’attente aux péages d’autoroutes, dans les gares ou autres lieux touristiques en mai pour se rendre compte alors que nos concitoyens consommaient, ce que les chiffres ont effectivement confirmé à la fin juin.
Cette consommation a touché d’autres secteurs puisqu’il en a été de même pour l’automobile : en avril, la progression des ventes avait été de 15% supérieure à celle du même mois de 2007. Ne parlons pas des biens de consommation tels que l’électronique et l’électroménager qui ont aussi vu leurs ventes progresser, sauf les écrans plats dont les ventes auraient du exploser si l’équipe de France de football n’avait pas explosé en vol. Le seul secteur qui n’a pas bénéficié de cette embellie a été le prêt-à-porter en raison d’un printemps qui n’en avait que le nom, mais pas l’apparence.
Ces chiffres sur l’augmentation de la consommation peuvent être mis en parallèle avec les chiffres réels de la hausse du pouvoir d’achat qui sont de l’ordre de 3% - en moyenne – dans notre pays. Cela remet en perspective les balivernes que l’on raconte aux Français, soit pour faire de l’audience, soit pour faire du tirage papier. Entre les effets cumulés des hausses de salaires, même peu élevées, et les baisses de l’impôt sur le revenu qui touchent une part importante de ceux qui le payent, le pouvoir d’achat global a augmenté dans notre pays.
Il reste par contre des catégories de la population qui vivent des spirales inverses, soit de baisse de pouvoir d’achat, soit de stagnation, même pour ceux qui occupent certains types d’emploi à plein temps. Ceux-ci ont l’impression d’être laissés pour compte, même en travaillant et de ne pas pouvoir progresser. Il faut aussi dire que l’irresponsabilité de certaines sociétés de crédit ou de banques les poussent dans des situations financières intenables.
Même situation, voire pire pour des personnes qui bénéficient et vivent de ce que l’on appelle les « minima sociaux » qui ne sont même pas des minima économiques. Nombreux sont ceux qui ne sont plus sur le marché du travail depuis longtemps à cause de l’accumulation des erreurs en matière de politique économique dans notre pays depuis au moins trois décennies. C’est pourquoi les rengaines sur le pouvoir d’achat doivent paraître bien futiles à ces personnes.
Quant aux autres, les éternels mécontents qui vont laisser 200 à 300 euros par personne (voire plus) au moment des soldes dans l’habillement, ce sont ceux que l’on entend se plaindre de la hausse de 15% du prix du yaourt au cours des derniers mois. Une hausse de 15% sur un pack de seize yaourts en grande surface ou hard-discounter, cela équivaut à 30 centimes d’euro. Quel poids cela pèse-t-il sur un budget de week-end du mois de mai ? On oublie également aujourd’hui que, dans un foyer de quatre personnes, il y a souvent deux voitures, des téléphones portables pour chaque enfant et les parents, un abonnement Internet haut débit pour nourrir un, voire deux, si ce n’est trois ordinateurs dans la maison, un abonnement à un célèbre bouquet satellite et l’écran plat dans le salon.
La baisse du pouvoir d’achat pour ces catégories, c’est ce qui les empêche d’acheter un petit téléviseur à écran plat pour la cuisine ou la chambre des enfants. Il y a bien pire situation !