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Patrick CURTAUD
- Conseiller général de l'Isère
- Adjoint au maire chargé de la Culture, du Patrimoine,
du Tourisme, des Relations internationales et des T.I.C.
- Conseiller communautaire de la C.A.P.V.
- Président du Syndicat Rivières 4 Vallées

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Lancement du tournoi international de rugby "A l'Ouverture" pour les moins de 15 et moins de 17 à Vienne en présence du député-maire de Vienne, J. REMILLER, du maire des Côtes d'Arey P. GAGNAIRE et de la cheville ouvrière du tournoi depuis sa création en 2006, Daniel BEAUBOUCHEZ.

Vendredi 5 juin 2009

Ce samedi est le jour de la commémoration du 65ème anniversaire du débarquement du 6 juin 1944 en Normandie. Soixante-cinq années qui nous semblent bien loin aujourd’hui et qui ne représentent certainement qu’une date dans les livres d’histoire pour les plus jeunes générations encore sur les bancs de l’école. Pour ceux des générations précédentes, et sans remonter à celles et ceux qui ont « vécu » la guerre parce que nés juste avant cette période ou pendant ces années noires, nous avons tous eu un parent ou un proche qui se souvenait de l’occupation, des privations, des arrestations, de la chape de plomb qui s’était abattue sur la France pendant plus de quatre ans, puis de cet immense espoir qui a pris naissance le 6 juin 1944 pour se poursuivre le 15 août avec le débarquement dans le sud de la France, commémoré de manière symbolique le 8 dernier par le Président SARKOZY.

Bien sûr, ceux qui ont vécu cette période se souviennent aussi que, dans les mois qui ont précédé, l’Allemagne commençait à reculer sur tous les fronts, notamment à partir du moment où les États-Unis avaient mis en route leur extraordinaire puissance industrielle qui a permis, pour commencer, à la Grande-Bretagne de tenir tête militairement, seule pendant assez longtemps, aux Nazis. Il serait bien que certains Français, qui ont la «mémoire courte » comme l’avait dit un maréchal tristement célèbre, ne l’oublient pas. Du moment où la France avait capitulé, en mai 1940 et jusqu’à l’entrée en guerre des Américains après l’attaque sur la base navale de Pearl Harbour en décembre 1941, il n’y avait qu’un seul pays face à l’Allemagne d’HITLER. Celui-ci décidait plus tard d’abandonner l’idée d’un débarquement sur les côtes anglaises après l’échec de son aviation pendant la « Bataille d’Angleterre » face à la Royal Air Force. C’est aussi grâce aux États-Unis que l’URSS de STALINE (après avoir été tout de même l’alliée des Nazis au début de la guerre, ce que les communistes ont longtemps «évacué» chez nous) a pu ensuite tenir tête aux Allemands pour les repousser plus tard. Sans les convois maritimes anglo-américains qui passaient près du Pôle Nord pour débarquer leur matériel à Mourmansk, les Soviétiques auraient mis davantage de temps à desserrer l’étau nazi.

Et c’est après plusieurs années de combats sur tous les points du globe, ce qui avait fait de cette guerre le second conflit « mondial » du 20ème siècle, que des milliers de troupes débarquaient sur les plages de Normandie pour une bataille qui allait durer trois mois. Celles-ci étaient principalement américaines et britanniques, mais aussi canadiennes, françaises, australiennes. Pour la seconde fois en moins de trente ans, les Américains venaient au secours d’une Europe qui avait plié en presque totalité sous le joug nazi pour nous aider à retrouver notre liberté, cette liberté que certains Français avaient remise aux Nazis. Heureusement, dès 1940, un général inconnu alors, Charles de GAULLE, avait décidé de ne pas faire de la défaite de la France une fatalité en appelant à la poursuite du combat contre l’ennemi depuis Londres.

L’étape principale de la reconquête de la liberté pour notre pays, ce fut donc ce débarquement le long des plages de Normandie dont les noms célèbres sont restés gravés, non seulement, dans la mémoire de ceux qui sont passés là-bas il y a 65 ans, mais que des millions de touristes connaissent aussi en se rendant année après année sur ces lieux de mémoire et de pèlerinage. Ils sont liés à la liberté que des milliers de jeunes américains britanniques, canadiens ou autres nous ont aidé à retrouver. Ces lieux, ce sont les plages d’Omaha, Juno, Sword, Utah, Gold, la pointe du Hoc, Arromanches, Sainte-Mère-Église où par milliers, des jeunes d’à peine vingt ans pour certains, y sont tombés pour ne jamais revoir leur pays, leur famille. Parmi ces lieux, on ne peut ignorer le cimetière militaire américain de Colleville-sur-Mer où plus de 9.000 tombes sont alignées face à la mer, face à l’ouest, face à l’Amérique . Comme on ne peut ignorer ces autres cimetières militaires où les morts venus d’Outre-Manche ou de plus loin se comptent également par milliers.

Alors, au lieu de « bouffer » de l’Américain ou de l’Anglais comme on l’a souvent fait, y compris dans les années cinquante, à la grande époque du communisme en France, et même plus tard, on prend quelques jours (un week-end de mai où le travail en France est au ralenti), pour aller en Normandie voir les lieux où des « étrangers » resteront à jamais chez nous. Ils n’avaient pas été invités, ils n’étaient pas les bienvenus, ni bien accueillis par ceux qui occupaient nos plages, mais ils sont malgré tout venus nous aider pour faire en sorte que nous redevenions des Français libres.

Certains ne la connaissent pas, mais on peut rappeler quelques lignes des paroles d’une chanson de Michel SARDOU, écrite en 1967 (une éternité), mais 23 ans seulement après le débarquement du 6 juin 1944 : « Si les Ricains n'étaient pas là, vous seriez tous en Germanie, à parler de je ne sais quoi, à saluer je ne sais qui ; bien sûr les années ont passé, les fusils ont changé de mains, est-ce une raison pour oublier qu'un jour on en a eu besoin ? ». Sûrement pas.

Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne
- Publié dans : Patrick CURTAUD
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