Pour reprendre une formule célèbre des enceintes sportives, on pourrait dire « et ils sont où, et ils sont où, et ils sont où les
socialistes …. » !
Depuis dimanche soir, les fantômes de Jaurès, BLUM, MITTERRAND,
ROCARD hantent les plateaux de télévision et les studios des radios. Une déconfiture supplémentaire à mettre sur l’addition du Parti socialiste qui ne cesse de prendre des « claques »
nationales depuis l’élection présidentielle de 2002. Déjà cette année-là, un séisme avait ébranlé la gauche et le Parti socialiste à l’issue du premier tour de la présidentielle avec l’élection
de leur candidat JOSPIN. D’autres scrutins ont suivi et si S. ROYAL est restée en course au second tour de la présidentielle de 2007, il n’en reste pas moins qu’elle a perdu. Ils tirent mieux
leur épingle du jeu dans les scrutins locaux, peut-être parce que leurs élus ne sont pas encore atteint par la maladie idéologique (au bon sens du terme) qui mine leur parti depuis plusieurs
années.
Les élections européennes de dimanche dernier ont accentué la descente dans le trou d’un parti qui n’est plus du
tout en phase avec la population, dont les idées, propos, comportements sont totalement déconnectés de la réalité politique. Le Parti socialiste montre ce qu’il est vraiment : une
association d’élus, sans réelle base populaire avec des dirigeants qui n’ont de cesse de se crêper le chignon et de s’envoyer quelques amabilités à
longueur d’année. Leur dernier congrès n’avait déjà pas été une réussite ; après la déroute du 7 juin, la situation des socialistes devient intenable.
Dans cette campagne pour les européennes, ils ont vraiment montré leurs limites et leur incapacité à proposer
quelque chose aux Français. C’était tellement flagrant que le principal thème de la campagne dès le début de celle-ci ne consistait pas à parler de l’Europe (vous avez dit l’Europe ?), mais
en premier lieu à appeler au vote sanction contre le Président de la République.
Quand on se prend pour des génies de la politique à longueur d’année et que l’on se trompe perpétuellement de
stratégie, on ne voit plus rien venir. Le P.S. n’a rien vu venir car il est enfermé dans ses certitudes d’une formation d’un autre âge, c’est-à-dire du milieu du 20ème siècle au
mieux.
Les discussions du conseil national de mardi dernier n’ont débouché sur rien et dès le lendemain, les premières
balles sifflaient, pas seulement contre la première secrétaire M. AUBRY, mais aussi contre tous ceux qui tiennent l’appareil du parti. On voit aujourd’hui que les appareils ne font pas tout et
que lorsqu’ils sont déconnectés de la réalité, ils ont beau se considérer forts, cette force n’est qu’une illusion. Les électeurs susceptibles de voter pour eux les ont abandonnés en rase
campagne, les plaçant même derrière la liste écologiste dans de nombreuses régions, dans de nombreuses communes en Isère. En Île-de-France, la déroute est sévère et les socialistes ne sont plus
que l’ombre d’eux-mêmes.
Cette situation n’est pas propre à la France : les résultats de ces européennes ont montré que les droites
progressaient ou se maintenaient partout à travers l’Union Européenne, à quelques exceptions près. Chez nos voisins allemands, même si elle a perdu du terrain, la CDU de Mme MERKEL reste en tête,
(les socialistes perdant aussi du terrain) au profit, un peu des Verts, mais surtout des Libéraux. Au Royaume-Uni, le parti travailliste au pouvoir a subi une véritable déroute qui a pris
naissance il y a plusieurs mois déjà et les Conservateurs sont en passe de gagner les prochaines législatives. En Espagne, le Parti Populaire a devancé les socialistes, comme en Italie où la
gauche est moribonde. Il en va de même dans la plupart des autres pays, du nord au centre de l’Europe.
En dépit de la situation économique actuelle, on voit que les citoyens européens ne sont pas allés chercher des
réponses auprès de partis qui restent sur des schémas anciens, les formations de droite ayant mieux géré cette phase de crise, soit parce qu’elles semblent plus solides aux électeurs soit parce
qu’elles ont parlé de ce qui était l’objet de l’élection, à savoir celle de députés européens. Il est significatif de constater qu’en France, les deux listes qui ont parlé de l’Europe, des enjeux
de cette élection et de ce que peut apporter l’Europe au citoyen sont celles qui ont obtenu les meilleurs scores.
Avec 28% des suffrages exprimés, les listes qui rassemblaient l’UMP et ses alliés ont largement dominé le débat.
Naturellement, il s’agissait d’une élection à un tour qui ne permet pas de tirer des leçons en terme de reports ou d’alliances. Chaque élection est différente, celle-ci ayant donné une tendance
qui a confirmé les précédents scrutins nationaux.
L’autre grand perdant, c’est bien sûr celui qui s’assimile à un « Monsieur Propre » de la politique
française, F. BAYROU. Ayant adopté la même stratégie que les socialistes, à savoir l’artillerie lourde contre Nicolas SARKOZY, les obus lui ont éclaté à la figure avant d’être partis et l’ont mis
K.O. debout. A force de vouloir se prendre pour ce qu’il n’est pas, F. BAYROU a exaspéré les Français et probablement certains de ceux qui auraient peut-être voté pour lui s’il n’avait pas
dévoilé son vrai visage dans le débat où une violente altercation l’a opposé à D. COHN-BENDIT. Faisant de « l’anti-sarkozysme primaire » son fond de commerce, il a été mis en faillite
par les électeurs qui lui ont aussi administré une gifle magistrale. Il suffisait de voir sa mine déconfite dimanche soir et dans les jours qui ont suivi pour comprendre que le leader du Modem se
trouve aujourd’hui dans une situation plutôt inconfortable au sein même de son propre parti. Il l’a bien cherché.
Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère
Adjoint au maire de Vienne