Texte Libre
M. Charles RIVKIN, ambassadeur des USA, en visite à VIENNE
Commémoration
du 19 mars à VIENNE
M. Charles RIVKIN, ambassadeur des USA, en visite à VIENNE
Commémoration
du 19 mars à VIENNE
Cela semble être l’observation faite par de nombreux commentateurs et analystes économiques aux États-Unis devant la politique conduite par l’administration OBAMA qui pourrait dire « regardez ce que nous faisons, pas ce que nous disons ».
Dans leur grande majorité, les Américains répètent que leur préoccupation principale, c’est l’emploi et qu’ils sont satisfaits du fonctionnement de leur système de santé. C’est ce que semble avoir décidé le Président OBAMA après un virage à 180°, la réforme controversée du système de santé étant, semble-t-il, maintenant reléguée au second plan. Cela ne l’a pas empêché de soutenir, fin février, un plan pour aider à la création d’emplois d’un montant de 15 milliards de dollars et un projet de loi de un milliard de milliards de dollars sur la santé ! Le budget fédéral étant soumis à un fort déficit, le fait de vouloir se concentrer sur l’économie et la création d’emplois est considéré comme un pas dans la bonne direction par les milieux économiques. Quant au projet de réforme du système de santé, celui-ci est tellement ballotté depuis le début qu’il est devenu une priorité de second rang.
Le Président ne va certainement pas mettre un frein à la relance puisque d’autres mesures sont en préparation. C’est pourquoi le président de la Réserve Fédérale, M. BERNANKE, a tout de même prévenu le Congrès récemment que, même s’il n’est pas question d’appliquer un frein à la relance, il faut cependant garder un œil sur le déficit structurel, notamment après la reprise effective de l’économie qui est actuellement hésitante et irrégulière. Ce déficit structurel va se situer entre 4 et 7% du PIB cette année, très au-dessus de ce qui est considéré comme normal, c’est-à-dire aux environs de 3%. BERNANKE a aussi déclaré que si le Président et le Congrès ne commençaient pas à se préoccuper du déficit structurel au plus tôt, le marché pourrait bien le faire à leur place, entraînant une hausse des taux d’intérêt.
Tout ceci incite les investisseurs à regarder, non seulement le déficit budgétaire fédéral, mais aussi ceux des états qui peuvent faire grimper le déficit total à plus de 11% du PIB.
Il n’en reste pas moins que l’austérité n’est probablement pas pour demain de l’autre côté de l’Atlantique car la reprise est encore très ténue. En janvier, les ventes de maisons neuves ont à nouveau reculé, de même que les demandes de prêts immobiliers, ce qui donne une indication de la faiblesse de ce marché. Certains ne voient pas une reprise franche avant 2013.
Ceci a des répercussions sur la confiance des consommateurs qui est repartie à la baisse ; en outre, les banques sont réticentes à prêter et les entreprises à recruter du personnel. Tout ceci dans un climat où le Président veut réassurer les milieux d’affaires en leur affirmant qu’il n’est pas « socialiste » (presque un crime aux États-Unis !) et que ses projets d’augmenter les taxes sur les bénéfices à l’étranger, sur les banques et sur les « riches » avaient pour objectif de retrouver un certain équilibre.
L’administration américaine ne croit plus à une reprise basée sur une augmentation des exportations, d’autant que le dollar a fortement regagné son retard sur l’euro. Même la Chine n’apparaît plus comme un pays où il est facile d’exporter alors que c’est un marché prometteur pour les produits américains, puisque ce pays a réduit le crédit disponible afin de freiner la croissance et surtout persiste à mener une politique qui décourage les importations.
Même le Fonds Monétaire International (présidé par D. STRAUSS-KAHN), célèbre pour son soutien à des politiques d’austérité, avertit qu’il est encore trop tôt pour réduire les déficits. BERNANKE prévient néanmoins que les États-Unis doivent commencer à élaborer des plans pour réduire le déficit structurel une fois que les plans de relance vont s’arrêter progressivement.
Pour l’heure, on peut être certains que le gouvernement américain va continuer de dépenser, que les déficits vont encore monter et que la Réserve Fédérale va maintenir les taux d’intérêt à un niveau historiquement bas. Il en sera de même dans la plupart des principales économies mondiales, avec l’espoir que ce cocktail de politiques fiscales plus ou moins laxistes et de politique monétaire souple permettra de retrouver un niveau de croissance, notamment aux États-Unis, entre 3 et 3.5% pour 2010 et peut-être 4% l’an prochain, avec un niveau d’inflation peu élevé.
On en sera certainement loin chez nous en France, alors que certains de nos voisins européens pourraient aussi retrouver ces rythmes de croissance d’avant la crise financière et économique. Il faut dire que la réactivité de l’économie française aux changements a toujours été celle d’un escargot alors que nous n’avons pas été plus protégés de la crise qu’ailleurs.
Patrick CURTAUD
- Conseiller général de l'Isère
- Adjoint au maire chargé de la Culture, du Patrimoine,
du Tourisme, des Relations internationales et des T.I.C.
- Conseiller communautaire de la C.A.P.V.
- Président du Syndicat Rivières 4 Vallées
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