Texte Libre
M. Charles RIVKIN, ambassadeur des USA, en visite à VIENNE
Commémoration
du 19 mars à VIENNE
M. Charles RIVKIN, ambassadeur des USA, en visite à VIENNE
Commémoration
du 19 mars à VIENNE
« A scrutin régional, réponse régionale ». C’est ce que l’on entendait de la part de certains dans la majorité et non des moindres, avant les élections. Au lendemain du 2ème tour, c’était presque « à scrutin régional, panique nationale ». D’où un remaniement ministériel (si tant est que l’on puisse parler de remaniement) qui a consisté à pousser dehors un ministre (X. DARCOS) alors que d’autres, qui n’ont pas toujours fait preuve d’une grande solidarité gouvernementale ou qui se sont fait remarquer par des déclarations pas toujours marquées au coin du bon sens politique, restent en place.
Cette réaction du pouvoir fait suite à un échec électoral, une constance des élections de mi-mandat dont la France n’est pas exempte. En 2004 déjà, ce même scrutin avait donné un résultat presque identique, la droite n’ayant conservé que deux régions, l’Alsace et la Corse. Celle-ci a basculé mathématiquement dans le camp « nationalisto-autonomiste », avec comme ailleurs un fort taux d’abstention. Maintenant si les Corses ne sont pas contents dans la République, leur départ ne rendrait personne triste et allègerait les finances de l’Etat. Reste à savoir s’ils choisiraient l’indépendance avec un taux de participation de 80%
Le résultat de cette élection, il est difficile de concevoir que le pouvoir ne l’ait pas vu venir. Cela faisait des mois qu’il était alerté par ses élus, notamment les parlementaires qui percevaient le mécontentement des Français ; pas seulement ceux qui votent à gauche (qui sont dans la presque totalité des opposants systématiques), mais aussi et surtout ces millions de nos concitoyens qui avaient voté pour N. SARKOZY en 2007. Le résultat du scrutin de dimanche peut davantage être considéré comme une défaite de la droite (par défaut) que comme une victoire de la gauche. A l’issue de ce second tour, avec une participation inférieure à celle de 2004, il manque des millions de voix à la droite ; il en manque aussi à la gauche – soi-disant rassemblée, mais plutôt rapiécée. Le FN est également loin de son score de 2004. Dire par conséquent que la victoire de la gauche est massive, c’est aller un peu vite en besogne. Cette gauche ne s’est pas rassemblée pour autre chose que l’attribution de postes qui vont lui permettre de diriger les régions pour les quatre prochaines années. Celles-ci auront à leur tête des majorités hétéroclites et tous les présidents socialistes seront soumis à des tensions internes qui seront loin d’être faciles à gérer. Sur de nombreux sujets, les oppositions entre socialistes et Verts vont ressortir et bloqueront les projets, au détriment des populations, contrairement à ce qu’ils ont essayé de faire croire entre les deux tours.
Trois formations politiques ont par contre, soit mordu la poussière, soit obtenu des scores frôlant le ridicule, dès le premier tour, contrairement à ce qu’ils avaient laissé entendre. Score ridicule pour BESANCENOT avec un peu plus de 2%. Heureusement que La Poste lui laisse une porte de sortie et le met à l’abri du chômage. Autre revers électoral, BAYROU et son Modem qui n’atteignent pas 5%, ce qui devrait l’amener à réfléchir à sa stratégie au lieu de se comporter constamment en Jeanne d’Arc dont on n’aurait pas allumé le bûcher.
Autre score ridicule, celui du Front de gauche (un front plutôt bas) qui, avec un pot-pourri de communistes, de révolutionnaires en chambre et de quelques socialistes attardés dans les chimères de la lutte finale, culmine à 6% des voix au premier tour, avec plus de 50% d’abstentions. Quel triomphe ! L’extrême gauche n’est pas ce qu’elle était et va devoir être remisée dans le placard aux accessoires.
Et la droite me direz-vous ? Mis à part eux qui voteront pour elle, y compris lorsqu’elle est la plus bête du monde, la droite est restée chez elle. Ses électeurs ont préféré les deux dimanches en famille ou entre amis plutôt que de se déplacer pour un camp politique qui ne fait pas – ou peu – la politique pour laquelle il a été élu. La droite en a assez de voir défiler des ministres d’ouverture au gouvernement, de voir nommer à des fonctions éminentes des personnalités de gauche ; le nouveau ministre du Budget F. BAROIN disait avant les élections que « l’ouverture à gauche provoque des courants d’air à droite ». GISCARD avait aussi pratiqué l’ouverture et il avait lamentablement échoué.
Depuis des mois, les réformes accomplies ont été masquées, soit par des bourdes (l’affaire du fils SARKOZY à l’établissement de la Défense), soit par des erreurs politiques comme la taxe carbone. Par ailleurs l’amélioration de la sécurité semble stagner aux yeux des Français comme certains évènements des derniers mois l’ont montré. Dans le même temps, ils voient toujours les mêmes bandes d’individus, dans les banlieues, circuler au volant des mêmes grosses cylindrées allemandes qu’ils ont certainement du acquérir au prix de durs mois de labeur. Pourtant, des annonces pour lutter contre ces bandes, il y en a eu, et il y en a encore.
Ajoutons à tout cela et au reste, une campagne électorale atone, où l’exécutif nous a refait le film de la lutte contre l’insécurité entre les deux tours et on réunit tous les ingrédients de l’apathie de l’électorat de droite qui sait pourtant se mobiliser quand l’enjeu en vaut la peine.
Au lieu de caresser certaines personnalités de gauche dans le sens du poil (ce dont leurs électeurs se moquent comme
de leur premier bulletin de vote), au lieu de vouloir être plus vert que les Verts (les irréductibles ne voteront jamais pour nous), occupons-nous des Français, de leurs problèmes, et de leurs
difficultés. Notre électorat, et d‘autres, reviendront.
Patrick
CURTAUD
Conseiller général de l’Isère
Patrick CURTAUD
- Conseiller général de l'Isère
- Adjoint au maire chargé de la Culture, du Patrimoine,
du Tourisme, des Relations internationales et des T.I.C.
- Conseiller communautaire de la C.A.P.V.
- Président du Syndicat Rivières 4 Vallées
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