Texte Libre
M. Charles RIVKIN, ambassadeur des USA, en visite à VIENNE
Commémoration
du 19 mars à VIENNE
M. Charles RIVKIN, ambassadeur des USA, en visite à VIENNE
Commémoration
du 19 mars à VIENNE
Pendant deux semaines, le Canada a accueilli les Jeux Olympiques d'hiver où ont été attribués quelque 86 titres et les médailles correspondantes dans des disciplines aussi variées que le ski alpin, le patinage artistique, la luge ou le saut à ski et bien d'autres.
Avant d'en venir aux épreuves elles-mêmes et à la manière dont elles étaient traitées par ce que l'on a pu en voir sur les chaînes de télévision, je voudrais évoquer le pauvre citoyen français qui, à l'écoute de certaines radios nationales (ou peut-être des journaux télévisés) voulait connaître les vainqueurs des épreuves organisées à des heures qui ne lui permettaient pas de suivre les compétitions en direct. Rares étaient ces épreuves où, le lendemain, étaient donnés les noms des vainqueurs de la veille, encore moins les suivants sur les podiums. Par contre, on savait tout des performances françaises – quand il y en avait ! -, notamment que tel ou tel skieur avait fini 7ème, 10ème ou 14ème, ... et qu'il avait manqué de chance, qu'il n'avait pas atteint son but parce que la neige était ceci ou cela, etc, etc .... Heureusement que des sportifs français ont obtenu des médailles dans les disciplines nordiques pour connaître alors les médaillés, en biathlon ou en combiné nordique. Les médailles françaises ont été tellement peu nombreuses qu'on ne risque pas d'en oublier le nombre.
Si l'information du lendemain était très succincte, quelle débauche d'inutilité et parfois d'incompétence pour les retransmissions en direct ! Le service public de télévision, toujours prompt à vanter ses qualités, son savoir-faire (c'est vrai techniquement), nous a montré ses carences, souvent son intérêt essentiel pour le côté « people » de ces J.O., avec des bavardages inutiles qui ont été la caractéristique des retransmissions en direct.
Pour certaines d’entre elles, il n'y avait pas moins de six personnes pour « assurer » le reportage : le clown de service avec son humour à quatre sous et son agitation qui le faisait ressembler davantage à un vendeur de râpe à fromage sur un marché qu'à un présentateur de télévision ; la course elle-même pouvait être commentée par trois personnes, un commentateur estampillé télévision et deux consultants, l'un d'entre eux étant souvent d'un silence d'or. Tout ceci était complété par le journaliste de service au pied de la piste (un spécialiste du cyclisme) et un ou une consultant(e) au cas où le pauvre ne sache pas quoi dire.
En matière d'efficacité et de sobriété, nos chaînes de télévision feraient bien, un fois de plus de prendre exemple sur certains de nos voisins, les Allemands pour ne pas les citer qui, avec un commentateur de la course, un journaliste au début et à la fin de l'épreuve aidé d'un consultant ne soûlaient pas les téléspectateurs de paroles, de cris en tous genres et de banalités qui ne devaient intéresser qu'eux-mêmes.
Finalement avec nos chaînes de télévision, le nombre de commentateurs est inversement proportionnel au nombre de médailles. Alors que le Canada, l'Allemagne (premier pays européen au classement), les États-Unis ou la Norvège enfilaient les médailles comme des perles, nos « champions » ne parvenaient même pas à trouver le chas de l'aiguille.
Alors qu'on nous avait annoncé force médailles, et en particulier dans les disciplines alpines, nos sportifs sont revenus bredouille. Il leur a cependant manqué, comme cela arrive souvent à nos sportifs, l'état mental pour y croire, pour ne pas perdre leurs moyens au moment crucial. Quand des champions étrangers sont favoris à un moment donné, ils parviennent à leur but : une médaille, même si elle n'est pas en or. Ce fut le cas des Allemands, Norvégiens, Suédois, Slovaques, Slovènes, pour ne parler que des Européens, y compris l'Italie que certains journalistes voyaient, avec délectation, au même niveau que la France quelques jours avant la fin des jeux et qui a terminé avec une médaille d'or en alpin. Seule l'Autriche n'a pas été brillante cette année, mais leurs champions se sont largement rattrapés dans les autres disciplines. Chez nous, ce sont finalement les plus discrets, mais aussi les plus efficaces, qui ont gagné le plus de médailles : ceux qui passent peut-être plus d'heures aux entraînements, à se dépasser sur des kilomètres de pistes de ski de fond auxquels certains ajoutent le tir ou le saut à ski. Comme lors de Jeux Olympiques précédents, ils ont répondu présents alors que l’on attendait les « flamboyants » du ski alpin. C’était davantage la flamme olympique qui flambait que les compétiteurs français de cette discipline où on nous avait annoncé de multiples « chances de médailles ». Si certains de ces sportifs de haut niveau obtiennent des performances sur la durée d’une saison, ils n’ont pas le mental pour décrocher une victoire sur un évènement unique et majeur.
Pour revenir à mon propos initial sur le traitement de l’information – sportive en l’occurrence sur les radios et les télévisions, on ne peut que constater et déplorer ce nombrilisme franco-français qui ne prend en compte que les résultats (même s’il ne s’agit pas de performances) des compétiteurs hexagonaux, au mépris des résultats qui intéressent tous ceux qui suivent une discipline sportive. Le même phénomène s’observe, entre autres, lors des coupes européennes de football où l’on ne donne que les résultats des équipes françaises ou les performances des joueurs français dans les équipes étrangères. C’est un bon signe d’ouverture aux autres.
Patrick CURTAUD
- Conseiller général de l'Isère
- Adjoint au maire chargé de la Culture, du Patrimoine,
du Tourisme, des Relations internationales et des T.I.C.
- Conseiller communautaire de la C.A.P.V.
- Président du Syndicat Rivières 4 Vallées
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