Bonjour

Patrick CURTAUD
- Conseiller général de l'Isère
- Adjoint au maire chargé de la Culture, du Patrimoine,
du Tourisme, des Relations internationales et des T.I.C.
- Conseiller communautaire de la C.A.P.V.
- Président du Syndicat Rivières 4 Vallées

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Lancement du tournoi international de rugby "A l'Ouverture" pour les moins de 15 et moins de 17 à Vienne en présence du député-maire de Vienne, J. REMILLER, du maire des Côtes d'Arey P. GAGNAIRE et de la cheville ouvrière du tournoi depuis sa création en 2006, Daniel BEAUBOUCHEZ.

Patrick CURTAUD

Vendredi 8 février 2008

Avec les premières semaines de la pré-campagne pour l’élection présidentielle américaine de novembre prochain (car il ne s’agit en fait que de la « mise en bouche » de la campagne), nos médias hexagonaux sont pris encore une fois d’une frénésie de « démocratomania » qui avait été l’une de leurs caractéristiques lors de la campagne présidentielle de 2004. A longueur de bulletins d’information dans les mois qui avaient précédé ce scrutin d’alors, nos radios et télévisions nationales nous avaient abreuvé d’un véritable bourrage de crâne partisan, partial, inexact et totalement hors de proportion en faveur du candidat démocrate de l’époque, un certain John KERRY. Qui se souvient de lui aujourd’hui, même aux États-Unis ? On se souvient d’Al GORE qui vend l’écologie comme des savonnettes en récoltant quelques millions de dollars au passage (comme tout Américain, démocrate ou républicain qui pense au business), mais le concurrent de G.W. BUSH en 2004 est passé complètement « à la trappe ».

Bien sûr nos médias avaient bien trouvé une parenté avec l’un de nos écologistes à 0,5 %, Brice LALONDE, dont peu se souviennent chez nous. Comme KERRY avait des liens familiaux en France, ce démocrate-là ne pouvait que battre le Président sortant. En réalité, c’est KERRY qui a été sorti, et pas de la plus petite manière puisque BUSH n’avait pas moins de quatre millions d’avance au soir de l’élection présidentielle, en recueillant le plus grand nombre de suffrages populaires de l’histoire électorale des U.S.A.. Une fois de plus, nos médias s’étaient trompés, ce qui n’est jamais rare, surtout lorsqu’il s’agit de politique étrangère. Lors de l’élection présidentielle en France en 2007, les mêmes avaient voulu nous faire croire que Marie-Ségolène était « Wonderwoman ». On a vu le résultat.

Une grande partie des médias français ont perdu, au fil du temps, toute crédibilité tellement certains mettent de l’ardeur pour ne plus être crédibles. Lors de la campagne de 2004, après la désignation des candidats, il ne se passait pas un journal télévisé sans que l’on nous annonce la défaite à venir de G.W. BUSH. Même le jour de l’élection, les bulletins d’information mettaient en avant la forte participation (17 millions d’électeurs supplémentaires par rapport à 2000) censée être favorable aux Démocrates. Ce ne fut pas le cas et cette mobilisation de l’Amérique profonde, celle des Américains moyens et non pas des intellectuels de gauche de quelques quartiers de New York ou San Francisco, elle s’était faite en faveur de G.W. BUSH.

Pourquoi cette forte mobilisation en faveur de BUSH à l’époque ? Principalement parce que plus de la moitié des votants avaient voulu affirmer leur soutien aux « valeurs familiales », thème encore d’actualité aujourd’hui dans ces États-Unis que nos bonnes âmes sont toujours promptes à fustiger sans se rendre compte qu’ils sont souvent à la pointe de beaucoup de choses.

Aujourd’hui, une grande partie des médias français ont sombré dans la « Obamamania » persuadés qu’ils sont qu’il sera désigné par le parti démocrate et qu’il sera élu Président de son pays en novembre. Peut-être. Mais on en est encore loin. Premièrement parce que Hillary CLINTON est loin d’avoir dit son dernier mot, sauf si elle s’effondre dans les primaires des prochaines semaines. Deuxièmement parce que les Républicains sont loin d’avoir perdu la bataille. Le sénateur John McCAIN semble avoir pris de l’avance sur ses concurrents dans son parti et une désignation claire, si elle était confirmée dans les prochaines semaines, le placerait en relativement bonne position avant l’élection de novembre. Il n’aurait plus à lutter en interne et pourrait se concentrer sur la campagne de son propre parti.

Plusieurs éléments permettent de dire que les jeux sont loin d’être faits. Nos médias devraient par conséquent modérer leurs ardeurs et montrer un peu plus d’objectivité et d’humilité. L’implantation, idéologique, sociale, sociétale des Républicains est profonde. Lors du dernier renouvellement des deux chambres, dans un contexte plutôt défavorable, ils ont  assez bien résisté. Ensuite, les divisions au sein du camp démocrates sont réelles. On a vu ce mardi que Mme CLINTON avait récupéré ceux de l’électorat latino qui votent démocrates. Seront-ils prêts à voter pour B. OBAMA quand on connaît les antagonismes entre communautés latino et noire dans de nombreuses grandes villes américaines ? Si celui-ci était désigné par son parti, certains d’entre eux pourraient très bien se tourner vers le candidat républicain.

Du côté républicain, un parti qui sait se rassembler derrière le candidat désigné, John McCAIN pourrait bénéficier du soutien prochain de certains de ses concurrents comme Mike HUCKABEE qui ratisse très large dans les milieux où la mobilisation religieuse est très forte. Ce paramètre n’est pas négligeable. Toutes ces additions, face à certaines soustractions dont pourrait pâtir le/la candidat(e) démocrate, pourraient faire de John McCAIN le prochain Président des États-Unis.
Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère
Adjoint au maire de Vienne


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Vendredi 15 février 2008

Sous le prétexte de la défense de l’environnement, de la promotion du développement durable, tout semble être permis depuis quelques années, y compris les pires stupidités. On nous parle d’émissions de CO² - on va bientôt vous demander de mesurer ce que vous expirez pour vous dire que vous êtes nuisible pour la planète et les générations futures -, mais la destruction systématique de la nature, de l’environnement, des paysages n’intéresse plus les ayatollahs des « énergies renouvelables » et leurs disciples. Parmi ceux-ci se trouvent quelques-uns des lecteurs de mon blog sur lequel est publié l'éditorial de Vienne-Journal et qui laissent des commentaires courageusement anonymes à propos d’inexactitudes qu’ils relèveraient sans en apporter la moindre preuve. Ce sont des opinions, qui ne correspondent pas aux miennes et ils ne détiennent pas non plus la vérité. Par contre, je m’aperçois que les lecteurs (de ce journal ou de mon blog) qui partagent mes positions sont de plus en plus nombreux à la lecture d’autres commentaires qui sont postés.

Cette parenthèse étant refermée, je reviens sur ce qui s’apparente de plus en plus à du terrorisme environnementaliste sous la pression de lobbies industriels qui prétendent détenir LA vérité, rien que la vérité. Tout opposant à leurs thèses ou projets ne seraient que de dangereux inconscients voulant mener la terre à sa perte.

Ce terrorisme environnementaliste consiste à vouloir faire installer partout et n’importe où, une quantité invraisemblable de ces monstres blancs à grande patte, les éoliennes. Au mépris de toute considération environnementale, sous couvert de développement durable que certains mettent en avant à toute occasion, on prévoit d’implanter, ici dix éoliennes, là vingt ou trente, ailleurs un « parc » d’éoliennes. Je ne parle pas des lieux particulièrement remarquables sur le plan paysager, naturel ou historique où des projets fleurissent pour détruire des environnements sous le prétexte fallacieux de promotion du développement durable.

Tout est bon pour faire passer la pilule : énergies renouvelables, énergie « douce », qui vient s’ajouter au terme grotesque de transports « doux » lorsqu’ont été redécouverts la marche et le vélo. Allez parler de transport doux au cycliste qui chute et se fracture le crâne !

Sous prétexte de développement durable, on fait l’apologie de dizaines d’éoliennes disgracieuses dans un paysage qui peut en compter trente, quarante ou cinquante, qui sont bruyantes et qui, sur le plan énergétique, sont inefficaces. Les mêmes d’ailleurs qui vont vouloir l’installation de trente éoliennes quelque part vont hurler comme des hystériques suite à l’implantation d’un mât de téléphonie mobile qui se voit moins qu’une seule de ces éoliennes.

Des sites entiers ont été – ou vont être – défigurés en France et ailleurs en Europe, sur terre et en mer où la folie de l’éolienne a ou va, sévir. Il faut dire que les lobbies de la peur tournent à plein régime pour vendre ce produit miracle qui est loin d’en être un sur le plan énergétique notamment, mais aussi sur le plan financier.

Déjà, on peut souvent voir quantité d’éoliennes, lorsqu’on circule sur les autoroutes A7 et A9, qui ne tournent pas, donc ne produisent rien alors que les vents, du nord ou du sud, soufflent fort. Le problème est que ces machines efficaces ne fonctionnent pas quand le vent souffle peu ou … trop fort. Mais au-delà de cette simple anecdote, c’est le principe même du développement des éoliennes qui pose problème en matière d’efficacité que représente ce type de production d’énergie. La production d’électricité de dix mille éoliennes ne réduit que de 0,5% les émissions de CO² en France, la plus grande partie de la production de notre pays (77%) provenant du nucléaire, 11% de l’énergie hydraulique, deux sources qui ne produisent pas de gaz à effet de serre ; de son côté, l’énergie thermique représente 10% du total, l’éolien se contentant de 0,73%. Cette énergie est produite de manière intermittente, ne peut pas être stockée et doit être relayée par d’autres sources d’énergie comme le montre l’exemple danois dont j’avais parlé il y a quelques semaines.

Sur le plan financier, l’énergie éolienne n’est pas le tableau idéal dont on nous parle, surtout pour le consommateur sur le long terme. L’électricité produite est vendue à des prix très nettement supérieurs à ceux du marché et la différence tombe directement dans la poche des promoteurs de ce type d’énergie. En outre, il faut savoir que moins les éoliennes produisent d’électricité, plus elles rapportent et les promoteurs de ces caisses enregistreuses sont certains d’encaisser les bénéfices, y compris dans les plus mauvais sites en matière de qualité de vent.

Avec un tarif de rachat d’électricité de 82 euros le mégawatheure (comme on a pu le lire récemment dans la presse nationale), chaque éolienne de deux mégawats garantit à son promoteur un revenu annuel de 360.000 euros pour un temps de fonctionnement faible de 2.200 heures par an. Certains grands groupes qui l’ont très bien compris ne vont pas gagner du vent.

Qu’en pensent nos ayatollahs de l’écologie qui sont toujours prêts à « bouffer » du capitalisme et qui se laissent manipuler – ou qui manipulent – pour le grand bénéfice de multinationales dont le principal objectif est d‘installer le plus grand nombre de ces éoliennes. Et dans dix ans on s’apercevra que l’on a fait fausse route.
Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère
Adjoint au maire de Vienne


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Vendredi 22 février 2008

L’un des plus tristes individus de l’histoire de la seconde moitié du 20ème siècle, le dernier dictateur de l’ère communiste va enfin passer la main puisqu’on vient de nous annoncer que Fidel CASTRO allait quitter le pouvoir. Dans l’immédiat, cela ne changera pas grand chose pour les Cubains car depuis son retrait pour maladie, c’est son frère Raul qui assure l’intérim. Comme aux temps des monarchies, les communistes se succèdent à eux-mêmes car ils auraient bien trop à perdre à confier les rênes du pays à un dirigeant démocratiquement élu. Le problème est qu’à Cuba, comme dans toutes les dictatures, la démocratie n’est qu’un mot qui sert à haranguer les foules pour leur faire admettre toutes sortes de balivernes.

Si CASTRO a suscité des espoirs après sa prise de pouvoir et la chute de la dictature précédente, celle de BATISTA, très vite les Cubains se sont trouvés enfermés sous une chape de plomb et vivent ainsi depuis quarante ans. En 1959, ils pensaient être libérés d’un tyran ; c’est un autre qui a remplacé le précédent et d’année en année, le pays s’est enfoncé autant politiquement qu’économiquement. Pendant un certain temps, ceux qui faisaient l’apologie de ce régime parlaient régulièrement du « miracle » cubain, vantaient les progrès de ce pays et faisaient croire au monde que finalement tout était beau et souriant sur cette île. C’était l’époque où les « intellectuels » français revenaient de Cuba en souhaitant presque que la France prenne le même chemin. Ce que ces gens ne voyaient pas, ou ne voulaient pas voir, c’est que lors de leurs voyages à Cuba, on ne leur montrait qu’un seul côté de la pièce puisque tout déplacement était contrôlé, organisé pour ne montrer que les bienfaits du socialisme, celui que le grand camarade soviétique avait installé à Cuba. C’est encore ce qu’il se passe aujourd’hui lorsque les touristes vont à Cuba d’où ils reviennent enchantés alors qu’ils n’ont vu que la façade présentable de l’île, le reste leur ayant été interdit. Ils ont alors eu l’impression de vivre une aventure, mais qui ne rend pas service au peuple cubain.

Dans les années soixante, en même temps que le socialisme, les Soviétiques installaient des missiles nucléaires, provoquant l’une des plus graves crises de la seconde moitié du 20ème siècle avec les États-Unis situés à 150 kms des côtes cubaines. Au cause de Cuba et des Soviétiques, le monde s’était trouvé au bord d’un troisième conflit mondial, ce que nombre de communistes en France n’ont pas voulu reconnaître pendant longtemps.

Après des décennies de dictature, d’un régime qui a mis à bas l’économie du pays, les Cubains sont aujourd’hui au bout du rouleau. Et ce ne sont pas les perfusions pétrolières du trublion CHAVEZ, un autre individu peu fréquentable de cette région (celui qui devait faire libérer I. BETANCOURT) qui vont changer la situation de Cuba. Si pour les vieux Cubains, la révolution symbolisait la justice sociale, l’alphabétisation et l’amélioration des normes sanitaires, (c’était alors), pour les Cubains des jeunes générations, c’est « chacun pour soi ». Même l’intérimaire Raul (frère de Fidel) reconnaissait l’été dernier que les salaires de misère des Cubains (12 dollars par mois en moyenne, c’est-à-dire environ 9 euros) ne leur permettaient plus de répondre aux besoins les plus simples. Les produits alimentaires achetés dans les supermarchés ou sur les marchés « libres » (où les paysans sont autorisés à vendre leurs produits) sont trop chers et les carnets de rationnement (en 2008 !) ne permettent de se nourrir que pendant dix jours. Vive la révolution !

Ne parlons pas de la hiérarchie des salaires avec une monnaie parallèle autorisée qui permet au serveur de restaurant de gagner en deux heures ce qu’un médecin gagne en un mois grâce aux pourboires que le premier peut recevoir avec l’afflux des touristes. Dans leur vie quotidienne, les Cubains sont dans un pays du tiers-monde : les transports sont désorganisés, l’électricité est un service erratique, l’habitat est d’une insalubrité criante, bref le pays est au fond du trou à cause d’un pouvoir qui a dirigé le pays dans une main de fer pendant près de cinquante ans. Pour preuve, les quelque 250 détenus politiques dans les prisons cubaines dont plus de vingt journalistes.

Si le pays avait été le paradis que certains décrivaient à une époque, ceux qui ont fui leur pays ne se seraient pas comptés en dizaines de milliers à l’instar de tous ces réfugiés qui ont traversé la mer pour se rendre en Floride, l’état américain le plus proche. Aujourd’hui, ceux qui ont fait ce choix veulent pouvoir retourner chez eux, ne serait-ce que pour voir des parents qu’ils n’ont plus revu depuis longtemps. La seule condition pour que Cuba retrouve sa place sur le plan diplomatique, mais aussi économique est l’organisation d’élections libres dans un avenir le plus proche possible. Cela permettra aux États-Unis de lever les sanctions qu’ils ont imposées après la crise des missiles de 1962 et qui ont été inscrites dans une loi signée par le Président CLINTON qui demande « des élections libres, la libération des prisonniers politiques, la dissolution de la police secrète et le départ des frères CASTRO du pouvoir ». Que n’aurait-on dit si elle avait signée par G.W. BUSH !
Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne

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Vendredi 29 février 2008

Dans sa conférence de presse de début d’année, le Président SARKOZY a demandé qu’une réflexion soit engagée sur la « suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques » françaises. S’il doit y avoir réflexion, il ne faudrait pas que le sujet soit traité – et c’est le cas depuis quelques semaines – comme une décision acquise, c’est-à-dire qu’il n’y aura plus de publicité sur les chaînes publiques. Si tel n’est pas le cas, il faut alors attendre que la décision de la commission qui a été créée rende ses conclusions avant toute décision prise à la hâte.

Lors de cette même conférence de presse, il a aussi souhaité la création d’une chaîne baptisée « France Monde ». On est aujourd’hui au-delà du souhait puisque la responsable de cette chaîne vient d’être nommée, avec le fracas politico-médiatique habituel qui accompagne toute désignation dans ce secteur. Cette nouvelle chaîne à diffusion mondiale a été présentée comme devant avoir un contenu exclusivement français.

Quelques commentaires sur cette décision avant de venir au premier sujet. La création d’une chaîne mondiale entièrement française n’est déjà pas une première. D’autres décisions du même genre ont été prises dans le passé et on ne peut pas vraiment dire qu’elles aient marqué du sceau du succès. Il en va de même pour Radio France International qui est une radio, certes respectée, mais qui n’a pas le niveau de pénétration internationale et de crédibilité qui pourrait correspondre à son nom. N’est pas la BBC qui veut et dans le domaine de la radio et de la télévision, nous sommes très, très loin derrière nos voisins d’outre-Manche. Le service international de la BBC diffuse à travers le monde, non seulement en anglais, mais dans des dizaines d’autres langues depuis des décennies. A l’époque où l’U.R.S.S. occupait l’Europe centrale, les habitants de ces pays qui voulaient goûter à d’autres sources d’information en écoutaient principalement deux : la BBC et la Voice of America. Ce sont ces radios qui donnaient le ton, soit en anglais, soit dans la langue du pays auxquelles elles s’adressaient. La radio française était pratiquement absente. Que l’on ne s’étonne pas aujourd’hui que la langue française soit reléguée au second, voire troisième rang dans ces pays (et ailleurs) quand la présence d’une information libre n’était pas jugée indispensable. Il faut dire aussi qu’à cette époque, une partie de nos médias étaient très fortement imprégnée de communisme dont certains faisaient l’apologie. Ce qui se passait en Europe centrale ne pouvait être que positif.

Il faudra mesurer quelques mois après sa création le taux de pénétration et de crédibilité de cette « France Monde », hors de nos anciennes zones d’influence, notamment le continent africain.

En ce qui concerne la suppression de la publicité  sur les chaînes publiques, cela risque de poser, rapidement, un problème essentiel, celui du financement. Comment compenser, à l’euro près nous dit-on, les pertes de recettes engendrées par la suppression de la publicité, la seule autre source de financement étant la redevance que tout le monde ne paye pas. La Ministre de la Culture a d’ailleurs eu l’idée saugrenue de faire payer une redevance audiovisuelle sur les résidences secondaires, ce qui équivaudrait à faire payer les mêmes deux fois. Pourquoi ne pas aussi envisager de faire payer plusieurs taxes à ceux qui possèdent chez eux, deux, quand ce n’est pas trois téléviseurs ?

L’introduction de la publicité sur les chaînes publiques n’aurait jamais du se faire. Elle date de plus de vingt ans et ce fut une erreur de le faire alors. Une fois de plus, tout l’audiovisuel n’est pas la BBC, le seul réseau public d’Europe à ne pas avoir de publicité. On en trouve en Allemagne, Italie, Espagne, etc … On a mis en place chez nous tout un système d’exonérations de la taxe audiovisuelle sans bien se poser la question d’en mesurer les conséquences. Il aurait fallu maintenir une redevance pour tous, quitte à trouver des modulations en fonction de critères qui pouvaient parfaitement être définis. La suggestion récente de la Ministre est stupide.

Si l’idée de supprimer la publicité sur les chaînes publiques est séduisante, elle n’est pas du tout cohérente avec le fonctionnement de la télévision aujourd’hui où finalement de moins en moins de téléspectateurs choisissent les chaînes hertziennes traditionnelles, qu’elles soient publiques ou privées. Entre le satellite et Internet, les téléspectateurs ont un choix qui ne les guidera pas forcement et sûrement moins, vers les chaînes publiques quelle que soit la qualité des programmes.

On nous dit que des taxes pourraient être introduites sur les chaînes privées, sur les fournisseurs d’accès Internet ou la téléphonie mobile pour compenser les pertes de recettes : des taxes, toujours des taxes. Il y en a plus que marre de ce pays qui ne sait résoudre les problèmes de financement que par des taxes au lieu de faire des économies, et ce quel que soit le gouvernement, de droite ou de gauche ! On nous parlera ensuite de baisse du pouvoir d’achat.
Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne

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Vendredi 7 mars 2008

Quelle honte ! Quel scandale ! La Colombie a osé tuer le numéro 2 des FARC dans une opération anti-terroriste menée à partir de son territoire, mais aussi après une incursion de deux kilomètres à l’intérieur des frontières de l’Équateur. Ce brave homme, un certain Raul REYES ? aurait été tué au plus mauvais moment pour la vie des otages qu’ils détiennent, certains d’entre eux depuis des années dont I. BETANCOURT. Dans cette affaire, que certains de nos médias n’ont pas hésité à qualifier de meurtre, on a pu se rendre compte une fois encore que certains en France « marchent sur la tête ».

En premier lieu, celui, et d’autres individus de son genre, qui se qualifiait de combattant, n’était qu’un vulgaire tortionnaire, assassin, à l’instar de ses complices que l’on peut hésiter à qualifier d’êtres humains en raison des traitements qu’ils font subir, nos pas à leurs prisonniers, mais à leurs otages. Donc, je ne pense pas que le monde pleure un tel individu qui a du faire couler le sang de pas mal de gens dans son pays. Qu’il soit éliminé comme le mérite tout terroriste de son espèce ne changera pas la face du monde, sauf peut-être en Amérique du Sud.

C’est pourquoi il est difficile de comprendre et d’admettre les cris d’orfraie de certains dans notre pays à l’annonce de sa disparition. Par une opération d’intoxication savamment montée, on a essayé de faire croire à nos concitoyens (ce dont ils se moquent éperdument), mais plus grave à la famille d’I. BETANCOURT, que ce REYES était en contact avec les autorités françaises et tentait d’organiser une rencontre avec le Président de la République. Rien de moins. On imagine la scène : « tiens, Nicolas, tu boiras bien un verre de notre alcool de la forêt et si tu es sympa (sous-entendu, tu nous donnes quelques centaines de milliers d’euros), je te remets Ingrid ». Les autorités françaises ont démenti mercredi dernier que des contacts aveint été pris récemment avec REYES qui avait été en relation, dans le passé avec la France, comme avec d’autres pays qui étaient intervenus pour faire libérer des otages. REYES n’était donc pas un négociateur privilégié comme certains de nos médias avaient voulu nous le faire croire initialement.

Ensuite, que l’on cesse de critiquer à longueur d’antenne le Président colombien URIBE. Pour commencer, c’est le premier président élu démocratiquement dans ce pays qui ose s’attaquer aux trafiquants de toutes sortes qui gangrènent la Colombie depuis des décennies. Ne serait-ce que pour cette raison, on devrait lui tirer notre chapeau plutôt que de faire l’inverse. Ensuite, la question  des FARC n’est pas nouvelle : ce sont des bandes armées, qui vivent pour la totalité d’entre eux de la vente de la drogue et qui se financent ainsi. Il y a fort à parier que les FARC sont en relation  étroites avec les cartels de la drogue dans certaines parties du pays car comment imaginer qu’ils puissent vivre ainsi depuis des années dans des régions hostiles comme celles où ils se trouvent.

Alors les chancelleries bruissent parce que deux pays s’agitent dans la région à cause de cette opération militaire colombienne menée contre les FARC. Comme il ne veut pas être en reste, le trublion  de la région, le démocratique CHAVEZ, s’agite, un peu à la CASTRO et plastronne devant les caméras en ordonnant à son ministre de la défense de déployer – immédiatement – chars et troupes le long de la frontière. On croyait ce genre de spectacle de GUIGNOL réservé à certains états d’Afrique ; il faut croire que le Venezuela, et surtout son président, n’ont pas vraiment grandi.

Naturellement, les États-Unis ont pris part à l’élimination de REYES ; pour eux, elle fait partie de la lutte contre les barons de la drogue et les autorités colombiennes ont reconnu avoir eu des informations des services de renseignements américains qui ont fourni l’identification du téléphone satellitaire de REYES. Entre nous, ce genre d’équipements ne se trouve pas au supermarché du coin ; c’est un investissement de plusieurs milliers d’euros, sans compter le fonctionnement qui est normalement hors de prix pour un « combattant » de la guérilla. REYES et ses amis doivent avoir des soutiens de poids.

Enfin, ce que l’on peut souhaiter, c’est que la Colombie soit débarrassée un jour de ces FARC qui pourrissent la vie du pays depuis des années. Car au-delà d’I. BETANCOURT, dont on parle chez nous, mais nulle part ailleurs en Europe, c’est tout le problème de centaines d’otages pris, tués pour certains ou encore toujours retenus pour d’autres : des hommes, des femmes, des enfants même, de toutes origines et de toutes conditions. Pour les Colombiens, celle dont on parle beaucoup en France n’est pas la seule priorité car ce sont des centaines de familles qui sont touchées dans ce pays. Par conséquent, plus vite les FARC seront éliminés, y compris par la manière forte, meilleur cela sera pour la Colombie.
Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne

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Vendredi 14 mars 2008

Pendant des années, jusqu’à une période pas si ancienne, l’un des premiers titres de nos médias de l’audiovisuel, que ce soit la télévision et la radio, avaient un titre principal par mois : c’était alors les chiffres de l’augmentation du chômage. Il est vrai que pendant des années, ce chiffre était devenu pratiquement le feuilleton économique mensuel, autant sous les présidences de MITTERRAND que de CHIRAC. Même une augmentation de 0,1 % attirait les commentaires les plus avertis des plus éminents « spécialistes » économiques qui nous décortiquaient en long, en large et en travers les données statistiques du mois en cours, tout en se plaisant à rappeler la hausse sur un an, le nombre d’années au cours desquelles la hausse du chômage n’avait cessé de progresser. Ce type de commentaire était naturellement plus marqué lorsque des présidents ou des chefs de gouvernement de droite étaient au pouvoir alors que la plus forte hausse du chômage en France s’est produite à la suite des premières années du premier septennat de MITTERRAND avec l’instauration d’une quantité invraisemblable de mesures qui ont fait couler l’économie française au fil du temps. Ajoutons à cela les inepties des mesures telle celle de la généralisation des 35 heures prise par Mme AUBRY et on a ainsi accumulé tous les ingrédients de cette descente aux enfers qui s’est doublée de l’incapacité de certains de nos acteurs économiques à devenir de vrais entrepreneurs comme on en trouve dans d’autres pays européens.

On sentait bien que nombreux étaient les commentateurs qui, d’une certaine manière, tout en faisant mine de le regretter, se délectaient de cette situation,  de cette infortune de la France. Il faut bien avouer que les politiques économiques menées en France au cours des années 80, 90 et au début des années 2000 n’ont pas vraiment donné des résultats concluants. La France s’est enfoncée dans les déficits, son appareil industriel s’est sclérosé par manque d’investissements, de volonté, mais aussi de soutien politique dans les secteurs qui en avaient besoin. C’était notamment le cas pour les PME : lorsqu’on compare la France et l’Allemagne, l’une des raisons de la puissance – retrouvée – de nos voisins en matière économique, c’est le choix fait par leurs gouvernements successifs de soutenir le monde des petites et moyennes entreprises. C’est aussi pourquoi aujourd’hui ce pays peut enregistrer un excédent commercial important alors que la France est dans le rouge. C’est une accumulation qui s’est faite au fil du temps et dont nous payons encore aujourd’hui les conséquences.

Au cours de ces années, les gouvernements successifs engloutissaient des milliards de francs dans une « sauvegarde » plus qu’aléatoire de secteurs industriels qui n’avaient plus aucun avenir à l’instar de la sidérurgie.

Manque de chance pour certains « commentateurs » aujourd’hui. Depuis des mois, le chômage, avec les mêmes critères de mesure qu’auparavant, ne cesse de diminuer. Mois après mois, les chiffres apportent de meilleurs nouvelles qu’au cours des années passées. Même si parfois la baisse est moins spectaculaire, elle est réelle et ne peut être contestée.

C’est pourquoi nombre de Français ont dû, une nouvelle fois, se poser des questions sur la présentation médiatique des chiffres du chômage publiés il y a un peu plus d’une semaine. Ces chiffres indiquaient, que pour la première fois depuis 25 ans (ce qui n’est pas courant), le niveau du chômage n’avait jamais été aussi bas dans notre pays. Cette information aurait donc du figurer parmi les premiers titres des principaux journaux, aussi bien sur les radios nationales, publiques et privées, que sur nos chaînes de télévision.

Ce ne fut pas le cas naturellement. Entre la chaîne qui n’a d’yeux que pour les levers de soleil sur un matin brumeux en guise d’information économique et celle qui ne s’intéresse à la politique nationale que par le petit bout de la lorgnette « people », il n’y avait plus de place pour annoncer en « une » que la France n’avait jamais connu un niveau de chômage aussi bas depuis 25 ans. Si ce n’est pas de la désinformation, comment peut-on qualifier de tels comportements de la part de journalistes qui sont par ailleurs les premiers à donner des leçons à la moindre occasion ?
Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne

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Vendredi 21 mars 2008

Au lendemain des élections municipales et cantonales de dimanche dernier, on a parlé de vague rose qui s’est abattue sur les communes et départements français. Si l’on fait une comparaison avec les résultats des élections, présidentielle et législatives du printemps 2007, ces deux scrutins qui datent de moins d’un an ont finalement été de véritables tsunamis bleus.

En effet, si l’on regarde objectivement le niveau de participation des deux élections de l’an dernier, notamment la présidentielle, et qu’on le compare à celui des deux derniers dimanches, les écarts sont énormes. La participation avait été massive lors de l’élection de N. SARKOZY (qui avait obtenu un score de plus de 53%) et on pouvait dès lors parler d’une déferlante bleue de la droite puisque avec moins de 50%, on parle aujourd’hui de vague rose. Déferlante confirmée par les législatives quelques semaines plus tard, même si la gaffe de BORLOO de l’entre deux tours sur la TVA sociale a certainement fait perdre 30 à 40 députés à la droite.

Aujourd’hui, on nous parle de vague rose avec la perte de nombreuses villes par la droite. Vague rose peut-être, mais qui n’aurait pas eu lieu si une partie – importante, voire très importante – de l’électorat de droite s’était mobilisée. Cet électorat, de tradition populaire, a « lâché » la droite en général lors de ces municipales pour plusieurs raisons, sans toutefois voter pour la gauche qui ne progresse pas de manière spectaculaire, en nombre de voix.

Première raison de ce lâchage, l’accumulation de gaffes au cours des derniers mois qui ont fait fondre la côte de popularité du Président, mais surtout qui ont fortement déplu à notre électorat et l’ont démobilisé. Cela n’a pas eu une grande influence sur la gauche qui n’aurait pas voté pour nos candidats de toute manière.

La deuxième raison qui a provoqué cette démobilisation, c’est l’un des thèmes de campagne de N. SARKOZY lui-même l’an dernier. Ce thème, c’était sa référence au pouvoir d’achat. On se serait cru revenus au temps de G. MARCHAIS des années 70. Du jour au lendemain, cette expression est sortie des cartons de la communication politique, SARKOZY en a fait un thème de campagne et au bout du compte, le boomerang a fait son effet habituel. Du jour au lendemain, le « pouvoir d’achat » est sorti des placards alors que dans les semaines et mois précédents (après recherches), on ne trouvait rien sur cette question, que ce soit dans la bouche des responsables politiques ou des commentateurs spécialisés en économie. Pourquoi alors agiter un chiffon rouge qui n’avait pas lieu d’être ? Depuis, ce terme est revenu à la mode et les médias et la classe politique en font des choux gras.

La troisième raison de l’abstention d’une grande partie de l’électorat de droite est habituelle : c’est la bêtise collective de notre camp. Une fois encore, à cause de l’imbécillité, de l’orgueil mal placé, de la malhonnêteté de candidats de droite à l’égard de leur électorat, nous perdons des villes ou des cantons qui n’auraient jamais du l’être : Reims, Saint-Étienne, Périgueux, Pau, Strasbourg, Metz et des dizaines de villes plus petites. Ajoutons à cela des candidats inadéquats à Paris ou Lyon et la boucle est bouclée.

Dans le même temps, BAYROU, spécialiste du brouillard politique, décidait de ne rien décider, de ne rien dire, maintenait des listes du Modem ici, s’alliait à la droite là et à la gauche ailleurs ; en un mot, ses candidats allaient là où la soupe était mangeable.

Toutes ces combines pitoyables n’ont pas servi à grand chose, notamment à Paris où la tête de liste du Modem s’est retrouvée au tapis. Même chose à Vienne où la stratégie de destruction contre la majorité sortante n’a pas fonctionné et s’est soldée par de l’autodestruction pour leurs instigateurs.

Une fois de plus, une partie du centre a trompé des électeurs qui sont traditionnellement plutôt ancrés à droite.

Le résultat, c’est que des maires, de droite comme de gauche, ont été élus dans des triangulaires, donc avec moins de 50% des suffrages. Ils n’en sont pas moins légitimes, la règle des 50% ne s’appliquant qu’au premier tour comme chacun le sait. Si le système électoral français était identique à celui de la presque totalité de nos partenaires européens, la grande majorité des élus le seraient avec moins de 50%. Que je sache, nos voisins européens sont des démocraties de longue date et même si des élus n’obtiennent que 40% des voix mais arrivent en première position, ils sont déclarés élus.
Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère
Adjoint au maire de Vienne


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Vendredi 28 mars 2008

Après les élections municipales et cantonales des deux récents dimanches, le moins que l’on puisse dire est que le bilan pour la droite n’est pas florissant. Malgré la résistance de certaines villes ou régions éparpillées à travers le pays, le résultat est globalement négatif, voire mauvais selon les secteurs. En région Rhône-Alpes, peu de villes d’importance moyenne ont tiré leur épingle du jeu, hormis peut-être dans le département de la Haute-Savoie ; notre ville de Vienne est la seule de cette taille qui a résisté à la progression de la gauche, même si l’écart au second tour, dans le cadre d’une triangulaire, a été faible. On notera que c’est dans cette configuration électorale que la gauche a souvent pu ravir ou conserver des sièges face à la droite : c’est le Modem qui a joué cette fois le trouble-fête permettant à de nombreux candidats de gauche de gagner des communes ou des cantons. Autrefois, ce rôle était dévolu au Front national qui s’est petit à petit évaporé de la scène politique en l’espace de moins de deux ans.

N. SARKOZY a fait avec ce parti ce que MITTERRAND avait fait avec le Parti communiste en son temps lorsqu’il l’a réduit à presque rien. Ce ne sont pas quelques gains ici ou là qui feront illusion ; cette formation est bel et bien moribonde et ne subsiste que par la volonté du parti socialiste qui lui donne un peu d’oxygène dans quelques secteurs très limités. Le P.C.F. a naturellement mis en avant ses gains en cachant certaines de ses pertes importantes, municipales (avec D. VOYNET) ou cantonales avec la perte d’un département important de la couronne parisienne. Le jour où les socialistes français deviendront des socio-démocrates, comme en Allemagne ou dans les pays scandinaves, le Parti communiste disparaîtra, mais cela obligera aussi la droite à se comporter de manière différente en matière d’alliances, comme le font les grands partis de droite européens.

Plusieurs raisons ont concouru à la progression de la gauche, autant aux élections municipales que cantonales. Par contre, les socialistes et leurs alliés du moment ne doivent pas se faire d’illusion : comme à de nombreuses reprises dans le passé, la gauche n’a pas progressé en voix depuis les scrutins de 2007, c’est-à-dire l’élection présidentielle et les législatives qui l’ont suivie. Ce qui la fait gagner en premier lieu, ce sont des taux de participation nettement moins important que lors du scrutin présidentiel de 2007 où on avait enregistré 84% en France. Aux municipales, on n’a pas dépassé les 65% (le taux le plus faible de toutes les municipales de la 5ème République) ; quant aux cantonales, le taux de participation a péniblement atteint les 55%.

C’est donc à droite qu’ont manqué des électeurs lors des deux scrutins de ce mois de mars parce qu’une partie importante de notre électorat a décidé de ne pas se mobiliser, ce pour plusieurs raisons, sans toutefois apporter ses voix à la gauche.

La première de ces raisons, c’est une forme de désaveu à l’égard, non pas du Président de la République ou du gouvernement, mais à l’égard du comportement de N. SARKOZY au cours des derniers mois. L’utilisation de sa vie personnelle et privée n’a pas plu à une partie de notre électorat, à juste titre, et il l’a lui-même instrumentalisée, avec la presse, à l’automne lors de visites à Eurodisney ou ailleurs.

L’autre raison, habituelle dans la vie politique française, ce sont les divisions internes qui ont coûté cher à de nombreux élus ou candidats à travers la France, que ceux-ci soient célèbres ou non. Quand on voit le combat de chiffonniers que se sont livrés deux anciens ministres à Reims, ville traditionnellement de droite, on ne peut qu’être affligé devant des comportements d’une telle irresponsabilité. Même situation à Metz que la droite avait toujours dirigé depuis l’instauration du suffrage universel. La liste est très longue de ces villes ou cantons perdus à cause de la bêtise d’élus ou de candidats qui trahissent leur électorat, qui trahissent des militants qui livrent des combats politiques à longueur d’années ou d’élections et qui perdent des sièges qui ne devraient pas l’être. Ces trahisons, ils vont les payer cher car certains disparaîtront définitivement du paysage politique, ce qui sera finalement salutaire pour les idées qu’ils sont censés représenter.

L’attitude irresponsable et suicidaire de responsables nationaux de partis est aussi l’une des causes des échecs de ces scrutins. Le premier à en avoir payé le prix est celui qui a enclenché la machine à perdre après son échec à l’élection présidentielle de 2007, F. BAYROU. En jouant alors la danseuse autour de S. ROYAL, il a préparé le terrain à certaines des défaites de ce mois de mars, au premier rang desquels se trouve la sienne à Pau. Lorsque les candidats ou élus sortants du Modem se sont alliés à l’UMP dès le premier tour, comme ce fut le cas à Bordeaux où l’un des meilleurs leaders que la droite ait eu, Alain Juppé, a été brillamment réélu, la victoire était au rendez-vous. Moins nombreux ont été les cas d’alliances, contre nature, entre les socialistes et le Modem, qui ont abouti à des victoires. Par contre, chaque fois que le parti de BAYROU a voulu jouer au plus malin en essayant de négocier, entre les deux tours, des alliances avec les uns ou les autres, et parfois en voulant jouer sur les deux tableaux, ils se sont cassés les dents, mais ont aussi entraîné des défaites du camp dont ils sont le plus proche. Il faudra bien que le gourou BAYROU en tire les conséquences, sinon lui, du moins ceux qui ont mordu la poussière à travers le pays.
Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère
Adjoint au maire de Vienne


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Vendredi 4 avril 2008

Nombre de nos dirigeants politiques sont les champions du recours aux références historiques dans tous leurs discours. On va entendre parler de Jaurès ou de Jean MOULIN ou de Lénine (dont certains ne sont pas dégoûtés). D’autres secouent la poussière en évoquant le socialisme ou le communisme (dont la totalité des démocraties de la planète ne veut pas) ; d’aucuns se voient encore en étudiants qui n’ont jamais grandi en rappelant, à près de soixante ans et avec des trémolos dans la voix, leur nostalgie de ces évènements de mai 68 qui ont peut-être été le point de départ du recul idéologique et culturel de notre pays, contrairement à ce que certains pensent ou affirment.

C’est pourquoi plusieurs politiques de tous bords ont remis à la mode le personnage le plus célèbre de l’histoire de France du 20ème siècle, à savoir le général de GAULLE. S’il a pu entendre les propos de la semaine écoulée, il a du se régaler. Des « de GAULLE » par-ci, des « de GAULLE » par-là. Tout juste si certains ne voulaient pas le faire revenir, en recréant, pourquoi pas, le R.P.F.

Les plus grotesques ont été sans conteste les socialistes, fidèles en cela à leur habitude d’invoquer le général de GAULLE quand cela les arrange, à l’image d’un FABIUS plus pitoyable que jamais dans sa volonté de vouloir exister au sein du P.S. Comme on dit, « les socialistes sont gonflés et ils ne manquent pas d’air ».

Après avoir été, dans les années 60, non pas les adversaires, mais les pourfendeurs du général, après l’avoir insulté, traîné plus bas que terre, traité de tous les noms, sous l’impulsion et l’inspiration de MITTERRAND, ils ont l’impudeur de faire référence à lui ou à son héritage pour leurs basses manœuvres politiciennes.

Qui traitait de GAULLE d’usurpateur, de dictateur, d’auteur du coup d’État permanent, de fossoyeur des libertés, si ce n’étaient les socialistes et leurs complices communistes ?

D’autres aussi, à droite, ont évoqué ces derniers jours le général de GAULLE dans leurs propos. Tout ceci à quel sujet ? De l’envoi de quelques centaines de militaires français en Afghanistan. Il n’est pas question ici de l’Iraq, mais de l’Afghanistan où plus de deux mille de nos militaires sont déjà déployés. Des militaires qui y sont depuis plusieurs années et qui ont été envoyés là-bas dans le cadre d’une force internationale de l’OTAN à laquelle nous participons aux côtés des Américains, mais aussi des Britanniques, des Hollandais, des Polonais et bien d’autres encore. Nous participons à cette force depuis les attentats du 11 septembre 2001 lorsque le monde démocratique a décidé de mener la guerre au terrorisme dont certaines racines se trouvent là-bas. Depuis les attentats du 11 septembre qui ont tué des gens de toutes origines, confessions ou nationalités, il y a eu Madrid, Londres, Bali. Il pourrait y avoir demain Berlin, Rome ou … Paris. Nous avons connu des périodes d’attentats en France dans le passé et nous ne sommes pas à l’abri d’horreurs identiques.

C’est pourquoi il est légitime que la France prenne part à cette lutte qui nous concerne aussi et qui n’avait pas fait l’objet d’objections majeures lorsque les premières troupes françaises avaient été envoyées alors. Certes, nous avions été un peu ridicules au tout début avec l’envoi de quinze militaires pour « déminer l’aéroport de Kaboul » quand les Britanniques en avaient 1.500, les Hollandais 300 et les Américains plus de 4.000.

Aujourd’hui la présence militaire française est une pièce importante, mais insuffisante, dans le dispositif engagé contre les Talibans et il est donc nécessaire de la renforcer par l’envoi de troupes supplémentaires. Ils ne sont pas au « Club Med » et participent, aux côtés de ceux qui sont nos alliés, à la lutte anti-terroriste qui nous concerne tous et qui ne se joue pas uniquement sur notre sol.

Pourquoi alors tout ce tintamarre aujourd’hui ? Parce que c’est le Président SARKOZY qui a décidé d’envoyer quelques centaines de militaires supplémentaires ? Le Président se serait appelé CHIRAC ou MITTERRAND, personne n’aurait rien dit, ou presque. Mais parce que c’est Nicolas SARKOZY et qu’il a affiché un rapprochement avec les États-Unis, la meute s’agite. Et bien, la meute a tort et il faut savoir et dire où sont nos alliés, ce que fait le Président de la République.

Quant à dire ce que ferait le général de GAULLE aujourd’hui, c’est prendre beaucoup de liberté avec l’histoire, ce qu’il n’aurait certainement pas apprécié. Je rappellerai juste qu’en 1962, au moment de la crise des missiles installés par les Soviétiques à Cuba, de GAULLE s’était rangé au côté des Américains. C’est tout !
Patrick CURTAUD
Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne

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Vendredi 11 avril 2008

Les politiques français, à quelque bord qu’ils appartiennent, ne se tromperaient-ils pas d’époque ? Contrairement à plusieurs pays qui nous entourent, il y a chez nous, notamment lors des scrutins nationaux, l’avant élection et l’après élection. On pourrait se dire que l’avant élection est la règle dans tous les pays démocratiques ; c’est un moment où les candidats « se lâchent », sont capables de promettre beaucoup de choses. C’est inévitable et on retrouve cette tendance un peu partout et comme aiment le rappeler certains, « les promesses n’engagent que ceux qui les entendent ».

Mais bon. Il y a cependant des limites qui semblent être régulièrement repoussées toujours plus loin chez nous. Chez nos voisins allemands, britanniques, scandinaves, voire espagnols, dans de nombreux domaines, les candidats donnent de grandes orientations auxquelles ils se tiennent. C’est le cas pour un sujet particulièrement sensible – et qui l’est de plus en plus -, la fiscalité. Chez nous, ce sujet est fortement mis en avant lors des campagnes électorales nationales et rapidement rangé dans un placard dès le lendemain du scrutin.

Ce n’est pas nouveau. De tout temps, depuis l’élection du Président GISCARD D’ESTAING, les candidats à la fonction suprême de l’État ont tous annoncé, voulu, décidé de mettre en place des baisses d’impôts sans aller jusqu’au bout. Les uns ou les autres ont toujours été probablement sincères au moment où ils tenaient ces propos. C’est dans l’application que les choses ont été différentes. Le même GISCARD avait lui-même déclaré, dans les années 70, que la France « deviendrait un pays socialiste dès lors qu’il atteindrait 40% de prélèvements obligatoires ». Il est celui qui a fait de la France un pays socialiste à double titre : en amenant les prélèvements à plus de 40% et en permettant l’élection de MITTERRAND.

Lors de son premier septennat, MITTERRAND les avait fait monter à 48% (on était alors bien au-delà du socialisme), pour les baiser ensuite sous la pression des milieux économiques et surtout de nos partenaires européens. De nombreux prélèvements avaient été alors inventés, toujours au nom de la solidarité, comme cette fameuse CSG, un outil bien pratique.

Plus près de nous sous la présidence CHIRAC, les taxes, impôts et autres prélèvements n’ont cessé, soit de progresser, soit d’être inventés pour le plus grand bonheur d’un État tentaculaire toujours à la recherche de recettes dans toutes les niches où il pouvait s’en procurer. Tout en se disant favorable à la baisse des impôts, on inventait une taxe entre un et dix euros sur les billets d’avion pour aider à enrayer lez fléaux mondiaux que sont le sida, la tuberculose ou le paludisme. CHIRAC allait même jusqu’à se dire favorable à la taxe TOBIN sur les mouvements financiers internationaux.

Aujourd’hui, rien n’a changé. On annonce des baisses d’impôts d’un côté en campagne électorale et on en prévoit d’autres que l’on veut « insensibles ». Comme si les impôts l’étaient. Dans le même temps, on nous assomme depuis l’année dernière avec le pouvoir d’achat comme si c’était une nouveauté. Pourtant, la commission des finances de l’Assemblée Nationale a souligné dans une note l’augmentation constante du nombre des taxes instituées en France. Depuis 2002, environ quinze taxes et impôts nouveaux ont été mis en place dont près de la moitié au cours des sept derniers mois.

Quelques exemples. Les marins-pêcheurs sont en colère (il y a toujours une catégorie de population « en colère » chez nous) et bloquent les ports. Ils se plaignent que le poisson ne se vend pas, tout simplement parce que, pour le consommateur, il est cher. La solution : une taxe de 2% sur les « poissons, crustacés et mollusques » qui rendra tous ces produits encore plus chers. Certainement une invention de technocrate dans un ministère. Il se vendra ainsi encore moins de poisson.

Autre exemple : l’éco-pastille dont les recettes devraient se chiffrer à 470 millions d’euros par l’institution d’une taxe de 200 à 1.600 euros sur l’achat de certains véhicules considérés comme « polluants ». Il ne s’agit en réalité de rien d’autre que de ponctionner un peu plus l’automobiliste, cette éternelle « pompe à fric ».

L’imagination fiscale n’ayant pas de limites, d’autres cadeaux sont en préparation : la taxe carbone, la taxation des chaînes privées pour compenser la perte de recettes de l’audiovisuel public avec la suppression de la publicité, la taxe sur les téléphones portables à forte capacité ou encore sur les opérateurs de télécommunication.

Les taxes et impôts nouveaux ont fait passer les prélèvements de 43% du PIB en 2002 à 44% aujourd’hui. Jusqu’où ?

On envisage même de s’inspirer des Belges qui ont inventé une taxe « pique-nique » de 20% qui s’applique aux sacs en plastique, à la vaisselle jetable, aux fils en plastique et aluminium que vous utilisez dans votre frigo. Tout ceci dans le cadre du développement durable naturellement que l’on utilise aujourd’hui chaque fois que l’on veut faire avaler une nouvelle taxe.

Pendant que nous empilons taxes et impôts, pendant que nous chargeons perpétuellement la barque du contribuable-consommateur français, nos voisins l’allègent pour justement donner du pouvoir d’achat à leurs concitoyens.

Patrick CURTAUD

Conseiller général de l’Isère

Adjoint au maire de Vienne


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